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COR-Altran: Défié par Elliott, le PDG de Capgemini campe sur son offre

COR-Altran: Défié par Elliott, le PDG de Capgemini campe sur son offre
Crédit photo © Reuters

par Gwénaëlle Barzic et Mathieu Rosemain

PARIS (Reuters) - (Correction: Dans notre dépêche datée du 25 novembre, au 2e paragraphe, bien lire Altran et non Capgemini comme écrit par erreur. Une répétition corrigée suit)

Capgemini maintient à 14 euros par action le montant de son offre de rachat sur son concurrent français Altran, a déclaré à Reuters le PDG du géant européen des services informatiques, ignorant les requêtes du fonds activiste Elliott en faveur d'une proposition plus généreuse.

Le fonds américain, qui s'est fait connaître dans l'Hexagone en prenant une participation dans le groupe de vins et spiritueux Pernod Ricard, a fait irruption en juillet dernier au capital d'Altran dont il détient l'équivalent de 10,25% du capital via des contrats d'échange sur actions ("equity swaps").

Dans une déclaration adressée à l'Autorité des marchés financiers, le fonds dirigé par Paul Singer estime que l'offre de rachat amicale dévoilée en juin par Capgemini sous-évalue Altran, spécialiste français des services d'ingénierie et de recherche et développement.

Dans un entretien accordé à Reuters, le PDG de Capgemini Paul Hermelin s'est toutefois dit confiant dans la capacité de son groupe à convaincre une majorité des actionnaires d'apporter leurs titres à l'offre au prix initial de 14 euros par action.

"Il ne changera pas", a assuré Paul Hermelin dans les locaux du groupe à Paris. "J’ai lu le troisième trimestre d’Altran. Je n’ai rien vu qui me pousse à relever le cours".

L'opération, qui a déjà reçu le feu vert des deux conseils d'administration, doit donner naissance à un acteur mondial de la transformation numérique des entreprises industrielles, avec un chiffre d'affaires de 17 milliards d'euros et un effectif de plus de 250.000 personnes.

Le prix proposé par Capgemini représente une prime de 30% sur le dernier mois précédent l'annonce de la transaction le 24 juin. L'action d'Altran se cote toutefois à un niveau légèrement supérieur - 14,14 à la clôture lundi - laissant supposer que le marché espère encore une offre plus généreuse.

Capgemini a fixé à 50,1% le seuil à partir duquel l'opération sera considérée comme réussie. L'accroissement de la position d'Elliott au capital d'Altran risque cependant de compliquer l'atteinte du seuil de 90% qui permettrait de sortir la société de la cote.

CONFIANT

"Nous sommes prêts à vivre et à travailler avec des minoritaires", a assuré Paul Hermelin qui s'est dit "assez confiant" dans les chances de réussite de l'opération.

La transaction est pour l'instant suspendue le temps que la justice se prononce sur des recours lancés par l'Association pour la défense des actionnaires minoritaires (Adam), mandatée entre autres par Elliott, concernant la régularité de la procédure. La finalisation de la transaction était à l'origine prévue d'ici la fin de l'année, un calendrier qui est désormais décalé de plusieurs mois.

La Cour d'appel de Paris tiendra une audience le 4 décembre en vue de décider si elle suspend ou non l'offre. Elle aura ensuite jusqu'à 5 mois, soit jusqu'à fin mars, pour se prononcer au fond sur la conformité de l'opération.

"Je suis assez confiant. Je n’ai pas vu que des moyens de droit nouveaux aient été trouvés (...)", a expliqué Paul Hermelin, déplorant des manoeuvres destinées selon lui à gagner du temps, au risque d'entraîner des fuites de talents.

"Normalement une société qui est un peu bloquée plusieurs mois, c’est le plaisir des chasseurs de tête", a-t-il poursuivi.

Le PDG s'est dit ouvert à rencontrer des représentants d'Elliott, qui ont récemment formulé une demande en ce sens, à la condition que la discussion porte sur des éléments nouveaux.

"On peut se voir, on ne refusera jamais un rendez-vous. Si c’est les mêmes éléments, ça ne changera pas", a-t-il expliqué.

Le dirigeant historique de Capgemini, qui passera le relais en mai prochain à Aiman Ezzat tout en conservant la présidence du groupe, prévient toutefois que Capgemini changerait son fusil d'épaule s'il n'obtenait pas les 50,1% nécessaires.

"Là on se retire et on fera autre chose", explique-t-il. "Moi, j’ai d’autres idées. Le digital est tellement riche d’opportunités".

Contacté par Reuters, Elliott n'a pas souhaité faire de commentaire.

(Avec Sarah White, édité par Jean-Michel Bélot)


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