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Conseil de défense sanitaire pour tenter d'endiguer la deuxième vague de coronavirus

Conseil de défense sanitaire pour tenter d'endiguer la deuxième vague de coronavirus
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron, qui s'exprimera mercredi soir à la télévision, préside ce mardi un nouveau conseil de défense sanitaire pour étudier les moyens d'endiguer une deuxième vague épidémique.

Comme dans les autres pays européens, la France est confrontée en cet automne à une nette dégradation des indicateurs sanitaires. Le seuil des 1.500 patients traités en réanimation pour une infection au Covid-19 a été refranchi lundi pour la première fois depuis le 27 mai dernier.

Evoquant une situation "très difficile" face à la "réalité d'une deuxième vague" épidémique, le Premier ministre, Jean Castex, n'a pas exclu lundi d'ordonner des reconfinements localisés dans le pays où la crise sanitaire va durer selon lui plusieurs mois encore.

"Le reconfinement général doit être par tous moyens évité", a dit le chef du gouvernement sur France Info, évoquant les conséquences "absolument dramatiques" d'une mesure aussi drastique. "Rien ne doit être exclu quand on voit la situation dans nos hôpitaux", a-t-il en revanche répondu alors qu'on l'interrogeait sur de possibles reconfinements locaux.

Plusieurs médias évoquent aussi la possibilité de couvre-feux dans les territoires les plus atteints, une mesure que des spécialistes appellent de leurs voeux à l'instar du président de l'Académie nationale de médecine, l'ex-ministre de la Santé Jean-François Mattéi.

L'option est également envisagée par le Conseil scientifique Covid-19 dans une note d'alerte en date du 22 septembre. L'instance présidée par Jean-François Delfraissy rappelle qu'un couvre-feu a notamment été instauré en Guyane, où Jean Castex s'était rendu peu de temps après sa nomination à Matignon.

"A ce stade de l'épidémie, le Conseil scientifique n'envisage pas de proposer l'option (d'un couvre-feu) au plan national, mais ne peut en exclure son utilisation dans certaines métropoles et bien sûr en cas de dégradation ultérieure", peut-on lire dans cette note, qui évoque des couvre-feux d'une durée de quinze jours.

Le Conseil scientifique prévient que l'adhésion de la population à une telle mesure serait "probablement faible, avec des effets préjudiciables en termes de cohésion sociale et de confiance" et indique que son coût économique serait "d'autant plus grand qu'il intervient après une première période de confinement et qu'il alimente des anticipations économiques négatives aux effets potentiellement désastreux".

"TOUT EST SUR LA TABLE ET RIEN N'EST À EXCLURE"

"A ce stade, on en est à la fois à des mesures ciblées - restaurants, bars, protocoles - et à un appel à la responsabilité de chacun", a déclaré Emmanuelle Wargon, la ministre déléguée au Logement, mardi matin sur Sud Radio.

"Le président de la République s'exprime demain, il y a un conseil de défense encore aujourd'hui: tout cela est évolutif évidemment, le Premier ministre l'a dit hier, on ne peut absolument rien exclure parce qu'on attend de voir comment l'épidémie évolue mais nous en sommes à des mesures ciblées sur certaines secteurs économiques", a-t-elle ajouté.

Interrogée sur LCI sur la possibilité d'un couvre-feu en Ile-de-France, Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, a répondu que tout était "envisageable".

"Tout est sur la table et rien n'est à exclure puisque le virus évolue", a-t-elle ajouté, soulignant que dans cette crise sanitaire inédite, il n'y avait "pas de bonnes solutions" et qu'il fallait en permanence faire de "nouveaux choix difficiles".

Neuf métropoles (Aix-Marseille, Paris, Lyon, Grenoble, Saint-Etienne, Lille, Toulouse et Montpellier) de même que la Guadeloupe sont désormais en zone d'alerte maximale, avec fermeture des bars et protocole strict dans les restaurants.

En Ile-de-France, selon le directeur de l'Agence régionale de santé (ARS), Aurélien Rousseau, le taux d'occupation des lits en réanimation par des patients Covid est désormais de 42% et l'incidence du virus en population générale est très élevée.

"On a par exemple aujourd'hui à Paris chez les 20-30 ans plus de 800 cas positifs pour 100.000. Le seuil d'alerte, c'est 50", a-t-il dit lundi sur BFM TV.

(Benoît Van Overstraeten, Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André, édité par Blandine Hénault)


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