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Concertation "sans tabou" sur les indemnités maladie

Concertation "sans tabou" sur les indemnités maladie
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a évoqué vendredi une concertation sans "sujet tabou" sur les indemnités journalières versées lors des arrêts maladie courts, sans pour autant confirmer le transfert d'une partie des indemnités journalières à la charge des entreprises.

Selon les Echos, le gouvernement évalue la possibilité de faire payer aux entreprises quatre jours d'indemnités journalières au-delà du délai de carence de trois jours pour les arrêts de moins de huit jours, ce qui représenterait selon le quotidien un montant de 900 millions d'euros.

"Il y a une concertation qui est faite par la ministre du Travail, par la ministre de la Santé avec les employeurs, avec le nouveau président du Medef mais aussi avec les syndicats", a déclaré vendredi le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, sur RTL.

Dans cette concertation, "il n'y a pas de sujet tabou", a-t-il dit, sans toutefois de confirmer les chiffres avancés par les Echos et notamment l'économie de 900 millions sur les comptes de la Sécurité sociale.

"Ce sont des chiffres que je ne confirme pas, ce qui est important ce n'est pas un angle budgétaire - qu'est-ce que 900 millions sur les 2.200 milliards de dettes que l'Etat a - ce n'est pas sur ça que nous faisons des économies, en revanche ce qui est important c'est la santé au travail", a-t-il déclaré.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a évoqué pour sa part vendredi la nécessité d'une "discussion" sur les dépenses liées aux indemnités journalières.

"ÇA EXPLOSE"

"Je pense qu'il faut qu'on discute avec les partenaires sociaux un point, c'est que les dépenses d'assurance maladie explosent, c'est dix milliards d'euros par an environ, et là c'est plus 400 millions par an, ça explose sans que l'état de santé ait changé donc il faut qu'il y ait une discussion pour comprendre le pourquoi", a-t-elle déclaré sur franceinfo.

Le chiffre de dix milliards d'euros évoqué par la ministre correspond au montant total des versements effectués par le régime général d'assurance maladie au titre des indemnités journalières pour maladie ou accidents du travail et maladies professionnelles.

Dans un communiqué publié vendredi, Force ouvrière dénonce une privatisation du "petit risque" et "rappelle que le gouvernement a supprimé en 2018 la cotisation maladie, qui signifiait que tous les salariés, solidaires, cotisaient pour le paiement de leurs IJ (indemnités journalières)".

"Désormais, l'Etat peut se prétendre propriétaire des recettes de la Sécurité sociale et en faire ce qu'il veut, y compris diminuer les droits des assurés pour financer sa politique", écrit le syndicat.

L'année 2018 a été marquée par la bascule d'une partie du financement de la protection sociale des cotisations salariales vers la CSG (contribution sociale généralisée), dont le taux a augmenté de 1,7 point au premier janvier.

Ces dispositions ont concrétisé partiellement l'un des engagements de campagne d'Emmanuel Macron, qui entendait augmenter le pouvoir d'achat de "tous les travailleurs", puisque les fonctionnaires ne bénéficieront quant à eux qu'une neutralisation de la hausse de la CSG.

Des représentants du patronat avaient dénoncé mercredi le principe d'une telle mesure, jugeant qu'elle annulait le bénéfice des mesures de baisse des prélèvements obligatoires sur les entreprises mises en oeuvre par le gouvernement.

(Julie Carriat, avec Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)


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