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Combats en Ukraine, les experts renoncent à gagner le site du crash

Combats en Ukraine, les experts renoncent à gagner le site du crash

par Aleksandar Vasovic

DONETSK Ukraine (Reuters) - Les experts internationaux ont renoncé à se rendre dimanche sur le site où s'est écrasé le Boeing de la Malaysia Airlines dans l'est de l'Ukraine en raison de la proximité des combats entre l'armée ukrainienne et les forces séparatistes pro-russes.

Alexander Hug, directeur adjoint de la mission en Ukraine de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a expliqué que la situation sur le terrain n'était pas sûre.

"Nous avons décidé par conséquent de nous déployer demain (lundi) matin", a-t-il dit.

Il a dit craindre que les combats en cours entre les forces régulières ukrainiennes et les rebelles pro-russes aient des conséquences sur l'intégrité du site où le vol MH17 s'est écrasé, le 17 juillet, avec 298 personnes à son bord.

Des experts accompagnés de policiers néerlandais et australiens devaient se rendre sur place notamment pour sécuriser les lieux et éviter que des éléments de l'avion désintégré ne soient altérés.

Le site est toujours sous le contrôle des séparatistes.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Pavlo Klimkine, a affirmé que les rebelles empêchaient les experts internationaux de faire leur travail.

"Les terroristes en reviennent toujours à leurs sales habitudes: ils empêchent les observateurs de l'OSCE de se rendre sur le site du #MH17 en affirmant que l'armée ukrainienne se bat à proximité", écrit-il sur son compte Twitter.

"Cet argument ne tient pas: l'Ukraine observe un cessez-le-feu unilatéral dans un rayon de 40 km autour de la zone", ajoute-t-il.

Le gouvernement ukrainien a cependant annoncé dimanche que ses forces progressaient vers le site du crash.

LES GOUVERNEMENTAUX AVANCENT VERS CHAKHTARSK

"Nos soldats veulent aller là-bas et libérer ce territoire afin de permettre aux experts internationaux de mener sans entrave leur enquête et de recueillir toutes les preuves nécessaires pour établir les véritables causes de cette tragédie", a précisé Andriy Lissenko, porte-parole du conseil de sécurité ukrainien.

Il a ajouté que les forces gouvernementales avançaient vers l'est à partir de la ville de Makievka, en direction de Chakhtarsk, près du lieu où s'est écrasé le Boeing. Des habitants de Chakhtarsk ont fait état d'attaques aériennes contre leur ville.

"Nos soldats avancent, ils combattent jour et nuit et ont déjà libéré les deux tiers du territoire" qui était aux mains des séparatistes, a assuré Lissenko lors d'une conférence de presse à Kiev.

Dans la matinée, les autorités malaisiennes avaient annoncé avoir trouvé un accord avec eux. Selon le Premier ministre malaisien Najib Razak, le chef séparatiste Aleksander Borodaï s'était engagé à "assurer la protection des enquêteurs internationaux".

Le chef du gouvernement malaisien a indiqué qu'il était impératif de déployer sur place une équipe complète d'enquêteurs afin de récupérer la totalité des corps mais aussi d'établir précisément les causes de la catastrophe.

A ce jour, les experts disposent des deux "boîtes noires" de l'appareil, dont les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux pensent "hautement probable" qu'il a été abattu par un missile sol-air de type SA-11 "Bouk" de fabrication russe tiré depuis une zone contrôlée par les séparatistes.

Les rebelles démentent être impliqués dans la chute du vol MH17 et Moscou nie leur avoir livré des systèmes d'armement antiaérien de ce type.

(Avec Natalia Zinets et Lina Kushch; Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)


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