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Castaner qualifie de "honteux" les évènements du 1er décembre

Castaner qualifie de "honteux" les évènements du 1er décembre
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a qualifié lundi d'"extrêmement grave", d'"indigne" et de "honteux" le déchaînement de violence de samedi dernier en marge des manifestations des "Gilets jaunes", en particulier à Paris.

Pendant plus d'une heure devant la Commission des Lois de l'Assemblée nationale, il a rendu hommage aux forces de l'ordre dont la vie était selon lui menacée et souligné la difficulté de répondre à un mouvement sans leader ni structure.

Les forces de sécurité "ont fait un rempart républicain et attaquer les forces de l'ordre, c'est s'attaquer à la République, (...) c'est s'attaquer à des pères et à des mères de famille", a-t-il déclaré aux députés. "C'est extrêmement grave. Ce que nous avons vu samedi est à la fois honteux, indigne de notre pays et de notre Histoire."

Selon lui, les policiers se sont retrouvés face à des personnes animées par une "volonté de tuer".

Depuis le début du mouvement des "Gilets jaunes", entamé le 17 novembre dans toute la France, le bilan est de trois morts, 1032 blessés dont 39 graves, a dit Christophe Castaner.

Interrogé sur les destructions à l'Arc du Triomphe, où des graffitis ont souillé les murs extérieurs et où des salles d'exposition ont été saccagées, Christophe Castaner a expliqué que les policiers avaient eu raison de ne pas aller au contact des auteurs de violences.

"Jamais comme ministre de l'Intérieur et tant que je le serai, je n'accepterai l'idée que pour sauver un bâtiment, même avec la puissance symbolique de l'Arc de Triomphe, un policier meure", a-t-il dit. "Je ne reprocherai jamais aux hommes qui ont reculé d'avoir reculé, car il en allait de leur vie."

"IL N'Y A PAS D'ORGANISATEUR"

La place de l'Etoile sur laquelle débouche 12 avenues était particulièrement difficile à sécuriser.

Les auteurs des violences "voulaient s'en prendre à un symbole", a dit Christophe Castaner. "Ils sont tellement nombreux ces symboles de la République (à Paris), qu'ils auraient déplacé leurs attaques", a-t-il expliqué.

Alors que l'exécutif tente d'apporter des réponses aux racines de la contestation, liées au pouvoir d'achat, Christophe Castaner a dit la difficulté pour le gouvernement de faire face à un mouvement non structuré, sans leader ni représentants.

"Je retiens l'incapacité du mouvement à se structurer, à faire émerger un ou deux leaders capables de dialoguer avec les institutions, capable d'organiser la sécurité des manifestations", a-t-il dit. "Il n'y a pas d'organisateur, il n'y a pas de déclaration, il n'y a pas de responsabilité. L'Etat se retrouve seul à gérer un mouvement totalement désorganisé avec toute la difficulté que cela implique."

A la question de savoir si l'état d'urgence pourrait être proclamé, Christophe Castaner a déclaré que le sujet n'était "pas tabou".

"Je n'exclus rien au moment où je vous parle mais le fait d'avoir dit que ce n'était pas un tabou n'était pas une invitation à le mettre en oeuvre", a-t-il souligné.

Interrogé sur les manifestations prévues samedi prochain dans la capitale, pour la quatrième semaine consécutive, le ministre de l'Intérieur a dit son intention de donner aux forces de l'ordre des moyens nouveaux et la possibilité d'être "beaucoup plus mobiles" pour parer à toute éventualité.

Christophe Castaner et le secrétaire d'Etat Laurent Nunez seront entendus mardi sur le même sujet par la commission des Lois du Sénat.

(Elizabeth Pineau, édité par Tangi Salaün)


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