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Bruxelles et Pékin concluent un accord d'investissement

Bruxelles et Pékin concluent un accord d'investissement
Crédit photo © Reuters

par Philip Blenkinsop et Gabriel Crossley

BRUXELLES/PEKIN (Reuters) -L'Union européenne et la Chine ont conclu mercredi un accord d'investissement qui donnera aux entreprises européennes un meilleur accès aux marchés chinois, a annoncé la présidente de la Commission, Ursula Von der Leyen.

L'accord est le fruit de négociations engagées en 2014. Il entre dans le cadre de la nouvelle relation entre les Vingt-Sept et la Chine, que le bloc européen considère à la fois comme un partenaire et un rival.

Les négociations se sont accélérées cette année et l'accord a été formalisé ce mercredi lors d'une visioconférence entre le président chinois Xi Jinping, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Charles Michel.

Il démontre, a dit le dirigeant chinois, la volonté et la confiance de la Chine en matière d'ouverture au monde, va contribuer à la relance de l'économie mondiale bouleversée par la pandémie de coronavirus et accroître la confiance mutuelle.

L'accord UE-Chine, dont la mise en application pourrait prendre plus d'un an, doit permettre aux entreprises européennes d'investir dans de nouveaux secteurs en Chine et d'échapper à certaines exigences en matière de coentreprise.

Avec ce texte, l'UE dispose désormais des mêmes avantages commerciaux que les Etats-Unis qui ont conclu un accord dit de "Phase 1" avec Pékin.

Parmi les secteurs concernés par cet accord, figurent ceux des véhicules électriques, des hôpitaux privés, de l'immobilier, de la publicité, de la construction navale, des télécoms ou encore des réservations aériennes.

Il ne sera désormais plus forcément obligatoire de créer une coentreprise avec un acteur chinois pour avoir une activité en Chine.

"AUCUNE PUISSANCE MAJEURE, À COMMENCER PAR LA CHINE,

NE DONNE QUOI QUE CE SOIT GRATUITEMENT"

L'accord pourrait bénéficier à des entreprises comme Daimler, BMW, PSA, Allianz ou encore Siemens, qui ont déjà une présence importante en Chine.

Pékin s'engage en outre à cesser d'obliger les entreprises européennes à transférer leurs technologies et à faire preuve de davantage de transparence dans ses dispositifs de subventions. Les entreprises chinoises détenues par l'Etat n'auront plus le droit d'avoir des pratiques discriminatoires contre des investisseurs étrangers.

Des clauses portent également sur la régulation financière et les questions liées à l'environnement et au droit du travail.

En contre-partie, et même si les marchés européens sont déjà largement ouverts aux investissements, les entreprises chinoises vont recevoir des engagements contraignants d'accès au marché unique européen, a déclaré une responsable chinoise à Pékin.

Li Yongjie, directrice adjointe du département des traités et lois au ministère chinois du Commerce, a indiqué que les deux parties visaient une "signature rapide" de ce pacte.

Bruxelles a cédé du terrain dans le domaine de l'énergie mais note que son offre consiste principalement à garantir le degré d''ouverture déjà existant.

Hosuk Lee-Makiyama, directeur d'ECIPE, un centre d'étude et de recherche spécialisé dans le commerce, note que cet accord ne contient guère d'avancée évidente pour Pékin mais ajoute que la Chine n'aurait pas signé un traité sans promesse de bénéfice.

"Aucune puissance majeure, à commencer par la Chine, ne donne quoi que ce soit gratuitement, il va donc y avoir une contrepartie qui ne figure simplement pas dans cet accord", avance-t-il.

Il souligne aussi qu'à l'inverse d'un accord commercial qui comporte des clauses de rétorsion, les accords d'investissement de ce type sont plus difficiles à faire respecter. Peu probable, dit-il, que l'UE ne saisisse par exemple des actifs chinois en cas de violation de l'accord.

(Philippe Blenkinsop à Bruxelles et Gabriel Crossley à Pékinversion française Jean-Philippe Lefief, Nicolas Delame et Henri-Pierre André)


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