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Brésil: Macron rappelle les principes, son parti parle de "tragédie"

Brésil: Macron rappelle les principes, son parti parle de "tragédie"
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a félicité lundi Jair Bolsonaro pour son élection mais a souligné que la France entendait baser sa coopération future avec le Brésil sur la base des valeurs démocratiques et des engagements sur le climat, deux avertissements très clairs au nouveau président brésilien.

"La France et le Brésil entretiennent un partenariat stratégique noué autour des valeurs communes de respect et de promotion des principes démocratiques", peut-on lire dans un communiqué de l'Elysée publié au lendemain du scrutin.

"C’est dans le respect de ces valeurs que la France souhaite poursuivre sa coopération avec le Brésil, pour relever les grands défis contemporains de notre planète, aussi bien dans les domaines de la paix et de la sécurité internationales, que dans le cadre de la diplomatie environnementale et des engagements de l’Accord de Paris sur le climat", poursuit ce document.

Jair Bolsonaro, candidat de l'extrême droite, est un nostalgique déclaré de la dictature militaire de 1964-1985 et, même s'il est revenu sur sa volonté de retirer pas le Brésil de l'Accord de Paris, des ONG craignent qu'il ne livre l'Amazonie, poumon de la planète, au lobbies agricoles.

Le parti présidentiel, La République en marche, prend moins de gants qu'Emmanuel Macron, jugeant Jair Bolsonaro "fièrement homophobe, climatosceptique, sexiste, raciste".

"Cette tragédie électorale nous oblige. Nous n'avons pas le choix, nous ne devons pas échouer. Sinon nous voyons ce qui nous attend. Progressistes de tous pays, unissons-nous !", écrit sur Twitter le mouvement fondé par Emmanuel Macron.

"Le Brésil est tombé dans la tragédie", renchérit sur la même plateforme son délégué général par intérim, Philippe Grangeon.

Plus tôt, le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne avait appelé à un "extrême courage" et à une Europe forte au lendemain de l'élection du candidat d'extrême droite.

"Face à la montée d'extrêmes, que ce soit d'extrême droite ou d'extrême gauche partout dans le monde, il faut être d'extrême courage et c'est ce à quoi nous appelons ici", a déclaré Jean-Baptiste Lemoyne sur France 2.

"CARBOFASCISME"

"La candidature de M. Bolsonaro a fructifié sur la faillite de quatre mandats du Parti des travailleurs, des cas de corruption, d'affaires, de scandales d'Etat", a-t-il estimé.

"Il y a un retour d'autorité, de puissance. C'est pourquoi nous, les Européens, nous devons absolument être une Europe puissante face à la Russie, à la Chine, à un certain nombre de puissances qui se cristallisent autour d'un homme", a-t-il poursuivi.

L'ex-candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon, a déploré quant à lui sur RFI que "l'ombre du fascisme s'étend(e) dans le monde" et fait état de points commun entre Donald Trump et Jair Bolsonaro : "Ils pensent que le réchauffement climatique n'existe pas. Ils font montre d'un carbofascisme, une politique à la fois très dure sur le plan démocratique et climatosceptique", a-t-il dit.

La droite, elle, cherche des explications à l'élection de Jair Bolsonaro et l'extrême droite s'en félicite.

Le maire de Meaux, Jean-François Copé, a expliqué l'issue du scrutin par les enjeux sécuritaires : "Le résultat de l'élection, il a une clé d'explication, c'est la violence inouïe qu'il y a au Brésil et que les Brésiliens ne supportent plus", a-t-il dit sur Europe 1.

Même ton analytique pour le député LR de l'Oise, Eric Woerth, président de la commission des Finances de l'Assemblée.

"Il a été élu sur le fond d'un pays qui ne fonctionne plus, dans lequel la violence est absolument considérable", a-t-il dit sur BFM TV. "Le choix, dans un pays aussi déboussolé, il a été vite fait par les Brésiliens."

La présidente du Rassemblement national (ex-Front national), Marine Le Pen, a salué pour sa part l'élection du candidat du Parti social-libéral. "Bonne chance au nouveau Président Bolsonaro qui devra redresser la situation économique, sécuritaire et démocratique très compromise du Brésil", a-t-elle écrit sur son comte Twitter.

(Julie Carriat, édité par Yves Clarisse)


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