»
»
»
Consultation

Bolloré entendu par la police sur ses activités en Afrique

Bolloré entendu par la police sur ses activités en Afrique

Crédit photo © Reuters

par Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - L'homme d'affaires Vincent Bolloré était auditionné mardi par des policiers dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de corruption visant l'obtention de concessions en Afrique par le groupe Bolloré dont il est PDG.

Le groupe contrôlé par la famille Bolloré joue un rôle de premier plan en Afrique où il est présent dans 46 pays, exploite 16 terminaux à conteneurs ainsi que trois concessions ferroviaires et emploie 25.000 personnes.

Moins médiatisé que d'autres activités de l'empire Bolloré comme les médias et ses 20% dans Vivendi ou les batteries électriques, la division transport et logistique a dégagé un chiffre d'affaires de 2,4 milliards d'euros sur le continent africain l'an dernier.

En début d'après-midi, l'action du groupe Bolloré dévissait de 7,62% à 4,124 euros, accusant la plus forte baisse du SBF120, à l'équilibre au même moment. Vivendi reculait de son côté de 0,95% à 20,8 euros.

Le milliardaire breton est auditionné depuis 10h00 (08h00 GMT) ce mardi à Nanterre (Hauts-de-Seine) par les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), a-t-on précisé de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

La justice soupçonne des dirigeants de Bolloré d'avoir utilisé le groupe de communication Havas, alors une filiale du groupe, pour faciliter l'arrivée au pouvoir de dirigeants africains afin d'obtenir en contrepartie des concessions portuaires.

La justice s'intéresse en particulier aux conditions de reprise par le groupe Bolloré de la concession du port de Conakry, en Guinée, et de la gestion d'un terminal à conteneurs du port de Lomé, au Togo.

Outre Vincent Bolloré, Gilles Alix, directeur général du groupe Bolloré, et Philippe Dorent, responsable du pôle international de Havas Paris, sont également entendus, a-t-on précisé de source judiciaire.

DES SOUPÇONS INFONDÉS ET INEXISTANTS, SELON BOLLORÉ

Dans un communiqué, le groupe Bolloré, qui a confirmé l'audition de plusieurs de ses dirigeants sans les nommer, a nié toute irrégularité.

"Le Groupe Bolloré est satisfait de pouvoir s’expliquer sur des soupçons distillés ces derniers jours et qui sont particulièrement infondés et inexistants. Cette audition permettra de dissiper tous les doutes que certains ont cru pouvoir avancer", a expliqué l'avocat de Vincent Bolloré, Olivier Baratelli, dans une déclaration transmise à Reuters.

Un porte-parole du gouvernement guinéen a de son côté assuré que la concession accordée au groupe Bolloré pour le port de Conakry était strictement conforme à la loi.

Vivendi de son côté n'a pas souhaité faire de commentaire.

L'enquête, qui fait suite à une plainte déposée par un ancien collaborateur du groupe, porte sur des faits qui remontent à 2009 et 2010.

Une perquisition avait été menée en avril 2016 au siège du groupe Bolloré à Puteaux (Hauts-de-Seine) dans le cadre de cette enquête. Des perquisitions ont également été conduites en 2014 et 2015 chez Havas, racheté depuis par Vivendi.

Le magazine Challenges avait évoqué le 12 avril une audition à venir de Vincent Bolloré à la demande des juges d'instruction financiers Serge Tournaire et Aude Buresi.

"La partie transport du Groupe Bolloré a investi en Afrique bien longtemps avant la prise de contrôle d’Havas pour des concessions portuaires dont le succès dépend d’investissements colossaux et nécessite une expertise de haut niveau", explique pour sa part le groupe Bolloré, qui dit avoir investi plus de 2 milliards dans la région sur les huit dernières années.

La garde à vue de Vincent Bolloré peut durer jusqu'à 48 heures à l'issue desquelles le parquet se prononcera sur son éventuel défèrement devant un magistrat.

Figure du capitalisme français, Vincent Bolloré, qui s'est forgé une réputation de "raider" après plusieurs coups en Bourse, a crée la surprise la semaine dernière en renonçant à la présidence du conseil de Vivendi au profit de son fils Yannick Bolloré, après s'être déjà désengagé de Canal+.

Cette prise de champ n'est pas liée à la perspective de son placement en garde à vue, assure une source proche du dossier, selon laquelle Vincent Bolloré souhaite se concentrer sur le dossier italien où Vivendi affronte l'opposition du fonds activiste Elliott chez Telecom Italia.

Le communiqué : https://reut.rs/2Hn5l2R

(Avec Emmanuel Jarry et Mathieu Rosemain, édité par Marc Joanny)


click here for restriction
©2018 Reuters

Reuters

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com