Biélorussie : L'opposante Maria Kolesnikova condamnée à 11 ans de prison

Biélorussie : L'opposante Maria Kolesnikova condamnée à 11 ans de prison
Biélorussie : L'opposante Maria Kolesnikova condamnée à 11 ans de prison
Crédit photo © Reuters

KIEV (Reuters) - Maria Kolesnikova, figure du mouvement de contestation contre le président biélorusse Alexandre Loukachenko, a été condamnée lundi à 11 ans de prison, ont rapporté l'agence de presse Belta et l'opposition au régime.

L'ancienne musicienne, âgée de 39 ans, a été arrêtée en septembre dernier à la frontière avec l'Ukraine après avoir déchiré son passeport pour empêcher les forces de sécurité biélorusses de l'expulser.

Elle est devenue l'une des figures du mouvement de contestation déclenché par la réélection d'Alexandre Loukachenko en août 2020, jugée frauduleuse par ses opposants.

Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994 dans l'ancienne république soviétique, a été visé par de nouvelles sanctions européennes et américaines en raison de la répression de ses opposants contestant sa réélection.

Maria Kolesnikova, ainsi qu'un autre chef de file de la contestation, Maxime Znak, étaient accusés d'extrémisme et de tentative de prise illégale du pouvoir.

Tous deux nient avoir commis des actes répréhensibles. Maria Kolesnikova a qualifié ces accusations d'absurdes.

Maxime Znak a été condamné pour sa part à 10 ans de prison.

La chaîne Sputnik Biélorussie a diffusé des images montrant les deux opposants enfermés dans une cage en verre en attendant le jugement.

Maria Kolesnikova a levé ses mains menottées pour faire son signe caractéristique du coeur et a souri aux caméras.

"Maria et Maxime sont les héros des Biélorusses. Le régime veut que nous les voyions écrasés et épuisés. Mais regardez - ils sourient et dansent", a déclaré sur Twitter Svetlana Tsikhanovskaïa, candidate de l'opposition à la présidentielle d'août 2020, désormais réfugiée en Lituanie.

"Ils savent que nous les libérerons bien plus tôt que ces 11 années. Leurs peines ne devraient pas nous effrayer - Maxime et Maria ne voudraient pas cela", a-t-elle ajouté.

Le procès, qui a débuté le mois dernier, s'est tenu à huis-clos, officiellement pour des raisons de sécurité nationale.

Des dizaines de personnes se sont rassemblées lundi au sein du palais de justice, à en croire plusieurs vidéos circulant sur les réseaux sociaux.

L'Union européenne a demandé lundi la libération immédiate de l'opposante.

"L'UE déplore que le régime de Minsk continue de ne pas respecter de manière flagrante les droits humains et les libertés fondamentales du peuple biélorusse", a dit un porte-parole de la Commission européenne, en ajoutant que le bloc poursuivrait ses efforts pour que les autorités biélorusses répondent de la répression lancée contre l'opposition.

L'Allemagne a également condamné lundi les décisions de la justice biélorusse, qualifiées d'"injustifiées" par Andrea Sasse, porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, qui a exigé la libération des opposants ainsi que celle de tous les autres prisonniers politiques.

(Rédigé par Matthias Williams, avec la contribution de Thomas Escritt, Foo Yun Chee et Sabine Siebold; version française Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault et Jean-Michel Bélot)

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