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Benoît XVI met en garde la classe politique brésilienne sur l'av

Benoît XVI met en garde la classe politique brésilienne sur l'av

par Philip Pullella

SAO PAULO (Reuters) - Le pape Benoît XVI a averti les responsables politiques catholiques du Brésil qu'ils s'excommunieraient eux-mêmes en soutenant des lois autorisant l'avortement.

C'est la première fois que le pape, qui s'exprimait devant des journalistes au début de sa visite dans l'un des plus grands pays catholiques au monde, approfondit ce sujet controversé et d'actualité aux Etats-Unis, au Mexique et en Italie.

Le pape s'est vu demander s'il soutenait les responsables de l'Eglise catholique au Mexique, qui ont menacé d'excommunier des députés de gauche qui ont voté le mois dernier en faveur de la légalisation de l'avortement à Mexico.

"Oui, cette excommunication n'est pas arbitraire, elle est permise par la loi canonique qui dit que le meurtre d'un enfant innocent est incompatible avec la communion, qui consiste à recevoir le corps du Christ", a-t-il dit.

Le principal porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a tenté par la suite de minimiser ces propos, soulignant que ce n'était pas le pape lui-même qui ordonnait les excommunications.

"Si l'excommunication n'a pas été prononcée par les évêques mexicains, le pape n'a pas l'intention de la déclarer lui-même", a déclaré le père Lombardi. "L'action législative en faveur de l'avortement est incompatible avec la participation à l'Eucharistie. Les hommes politiques (qui la soutiennent) s'excluent eux-mêmes de la communion."

EXCOMMUNICATION AUTOMATIQUE

Les catholiques pensent que l'hostie distribuée aux fidèles pendant la communion est le corps du Christ et que ceux qui la reçoivent doivent être vierges de tout péché.

La loi canonique stipule que l'on s'inflige automatiquement l'excommunication en "procurant" un avortement.

L'interprétation généralement faite de ce principe veut qu'il ne s'applique qu'à la femme concernée et à la personne réalisant l'avortement, mais des débats ont porté récemment sur l'extension de la responsabilité à ceux qui aident la femme à avorter ou rendent l'acte légal.

"L'égoïsme et la peur sont à la base des lois (favorables à l'avortement)", a estimé le pape. "Au sein de l'Eglise, nous avons un grand combat à mener pour défendre la vie."

Ses propos semblent faire franchir un palier à la polémique entourant le fait que des responsables politiques puissent soutenir l'avortement ou le mariage homosexuel et continuer à se réclamer du catholicisme.

Ces derniers mois, le Vatican a été accusé d'ingérence dans la politique italienne pour avoir dit aux députés italiens de s'opposer à un projet de loi qui accorderait certains droits aux couples non mariés et aux couples homosexuels.

Lors de l'élection présidentielle de 2004, la communauté catholique américaine fut divisée sur le soutien à apporter - ou non - au candidat démocrate John Kerry, un catholique favorable au droit à l'avortement.

Certaines catholiques estiment que, tout en excluant l'avortement pour elles-mêmes, elles doivent se prononcer pour le droit des femmes à choisir.

Mais pour l'Eglise, la vie commence au moment de la conception, faisant de l'avortement un meurtre.

"L'Eglise dit que la vie est magnifique, ce n'est pas quelque chose dont on puisse douter mais c'est un don, même quand elle survient dans des circonstances difficiles. C'est toujours un don", a souligné Benoît XVI.


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