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Benalla n'a bénéficié "d'aucune indulgence", se défend le Quai d'Orsay

Benalla n'a bénéficié "d'aucune indulgence", se défend le Quai d'Orsay
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Alexandre Benalla n'a bénéficié "d'aucune indulgence particulière" concernant l'utilisation de ses deux passeports diplomatiques après son licenciement de l'Elysée, a affirmé lundi le ministère des Affaires étrangères dans une mise au point sur le traitement de l'ex-chargé de mission.

Le parquet de Paris, saisi par le Quai d'Orsay, a ouvert samedi une enquête préliminaire contre l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron pour "abus de confiance" et "usage sans droit d'un document justificatif d'une qualité professionnelle", notamment.

"M. Benalla, qui a fait des déclarations contradictoires ces derniers mois, n’a bénéficié d’aucune indulgence particulière de la part du Quai d’Orsay pour la détention et l’utilisation de ses passeports diplomatiques", affirme le ministère dirigé par Jean-Yves Le Drian dans une "mise au point" où il explique en détails les démarches effectuées pour récupérer les passeports d'Alexandre Benalla après son licenciement de l'Elysée pour "faute grave", le 20 juillet dernier.

"Jamais nous n'avons reçu la moindre instruction de bénévolence ou d'indulgence à l'égard de M. Benalla. C'est une fable qui a été alimentée par les déclarations de M. Benalla et ceux qui les utilisent", insiste l'entourage du ministre.

Le Quai d'Orsay précise avoir demandé par deux fois à Alexandre Benalla, le 26 juillet et le 10 septembre via lettre recommandée, la restitution de ses passeports, respectivement émis les 20 septembre 2017 et 24 mai 2018.

Le premier courrier "a bien été réceptionné par un mandataire de M. Benalla le 6 août 2018. M. Benalla ne peut donc prétendre qu'il n’a pas été instruit, de façon toute particulière, de restituer ces documents", ajoute-t-on.

L'entourage de Jean-Yves Le Drian décrit plus généralement "une chaîne ininterrompue de mesures prises par le ministre, la plupart du temps à son initiative, pour rechercher la restitution des passeports, pour relancer, pour essayer de comprendre où ils se trouvaient".

Alexandre Benalla a assuré au Journal du Dimanche qu'il rendrait les documents "dans les prochains jours".

"ON N'A PAS DE PRÉCÉDENT"

Le député Les Républicains Guillaume Larrivé a écrit pour sa part au procureur général près la Cour de cassation, François Molins, afin de réclamer des poursuites contre Jean-Yves Le Drian devant la Cour de justice de la République.

"En délivrant le 24 mai 2018 un passeport diplomatique à M. Alexandre Benalla et, au surplus, en ne procédant pas aux diligences permettant l’annulation effective de ce passeport et de celui qui lui avait été précédemment délivré, le ministre des Affaires étrangères semble avoir commis des illégalités constitutives du délit réprimé par l’article 441-5 du Code pénal", écrit Guillaume Larrivé dans un courrier daté du 30 décembre, dont le JDD.fr publie une copie.

Dans un entretien accordé au site d'information en ligne de Mediapart, Alexandre Benalla affirme par ailleurs avoir eu des échanges réguliers avec Emmanuel Macron depuis son départ de l'Elysée. Des affirmations que la présidence met sur le compte d'un désir de vengeance de sa part.

Selon Mediapart, Alexandre Benalla, qui affirme exercer désormais une activité de "consultant", en Afrique notamment, aurait fait usage d'un passeport diplomatique dans de récents déplacements, semble-t-il au Tchad et en Israël.

L'entourage de Jean-Yves Le Drian a dit avoir "la preuve" de l'utilisation d'un tel document dans "au moins deux pays", sans préciser lesquels. Et d'ajouter : Alexandre Benalla "n'en avait pas le droit, car les passeports diplomatiques sont attachés à la fonction".

Selon cette source, l'affaire est une première du genre : "Un passeport qui n'a pas été restitué et qui est utilisé en dépit de cette situation, honnêtement, on n'a pas de précédent".

Prenant la défense de ses services, le ministère explique dans son communiqué "qu'il n'existe pas de remontée systématique d’informations vers le Quai d’Orsay lorsqu’un passeport diplomatique français est présenté aux contrôles nationaux" et qu'aucune procédure n'est prévue pour signaler l'invalidation d'un passeport de ce type.

"Nous ne sommes pas dans un pays où on 'flique' tout le monde. Concrètement, la mise en place de ce système n'est pas prévue", explique un diplomate. "On n'est pas dans le monde de James Bond où un ordinateur fait 'tilt' chaque fois que quelqu'un passe une frontière et où un satellite d'observation va repérer M. Benalla quand il est en train de fumer."

(Elizabeth Pineau, édité par Jean-Michel Bélot)


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