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Belloubet balaye les accusations de "procès politique" de Mélenchon

Belloubet balaye les accusations de "procès politique" de Mélenchon
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - La ministre de la Justice Nicole Belloubet a démenti lundi tout "procès politique" contre Jean-Luc Mélenchon, qui sera jugé fin septembre après une perquisition mouvementée au siège de son parti, dénonçant un "amalgame insupportable et inacceptable" entre le niveau d'indépendance de la justice en France et celui de la Russie ou du Cambodge.

Le chef de file de la France insoumise a signé avec quelque 200 personnalités - dont l'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et le secrétaire général de Podemos Pablo Iglesias - une tribune publiée dans le Journal du Dimanche qui appelle à mettre un terme au "temps des procès politiques".

Les signataires pointent entre autres la situation de Jean-Luc Mélenchon, "poursuivi sans preuve et jugé pour rébellion" selon eux en France, le cas du "Russe Serguei Oudaltsov, dirigeant du Front de gauche, condamné à quatre ans et demi de prison pour avoir organisé des manifestations contre le pouvoir" ou encore du Cambodgien Kem Sokha, "principal leader de l'opposition emprisonné à la veille des élections législatives de 2017".

"J'ai lu la tribune, j'ai été assez stupéfaite parce que quand vous regardez, vous trouvez la France avec Mélenchon placée exactement à côté de la Russie et du Cambodge", a déclaré la garde des Sceaux sur France 2. "Alors moi je veux bien mais tout de même, il me semble qu'il y a une petite nuance entre l'indépendance qui est réelle en France et ce qui se passe en Russie ou dans d'autres pays."

"Donc je trouve cet amalgame insupportable et inacceptable", a-t-elle poursuivi. "Je ne donne aucune instruction sur les affaires individuelles, ça ne me viendrait même pas à l'esprit."

Jean-Luc Mélenchon sera jugé les 19 et 20 septembre en correctionnelle avec cinq proches, dont les députés Alexis Corbière et Bastien Lachaud, après les perquisitions houleuses qui se sont déroulées chez lui et au siège de la France insoumise en octobre 2018.

La plupart seront jugés pour rébellion, provocation et actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire.

Les perquisitions s'inscrivaient dans le cadre de deux enquêtes préliminaires ouvertes par le parquet de Paris, liées à l'emploi d'assistants parlementaires européens et aux comptes de la campagne présidentielle du candidat.

Une vidéo diffusée par la presse à l'époque montrait le dirigeant de la gauche radicale et ses proches apostropher vivement des policiers et le procureur, tandis que ses soutiens défonçaient la porte du local perquisitionné.

"La République, c'est moi !", avait notamment crié Jean-Luc Mélenchon à un policier.

(Marine Pennetier, édité par Jean-Stéphane Brosse)


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