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Baisse en vue à Wall Street, la croissance mondiale inquiète avant l'emploi

Baisse en vue à Wall Street, la croissance mondiale inquiète avant l'emploi
Crédit photo © Reuters

par Laetitia Volga

PARIS (Reuters) - Wall Street est attendue en repli et les Bourses européennes accentuent légèrement leur perte vendredi à mi-séance, des indicateurs chinois et allemands médiocres renforçant les craintes d'un ralentissement économique mondial au lendemain des propos accommodants tenus par la Banque centrale européenne (BCE). Les futures sur indices signalent une ouverture de Wall Street en baisse entre 0,4% et 0,6%. À Paris, le CAC 40 recule de 0,44% à 5.244,9 vers 12h20 GMT. À Francfort, le Dax cède 0,69% et à Londres, le FTSE perd 0,9%.

L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 abandonne 0,74%, l'EuroStoxx 50 de la zone euro 0,64% et le Stoxx 600 0,78%.

Les craintes pour l'économie mondiale ont repris le dessus à l'issue de la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne.

L'institution de Francfort a procédé jeudi à un revirement dans la normalisation de sa politique monétaire, reportant la hausse de ses taux directeurs à l'année prochaine au plus tôt et annonçant le lancement de nouvelles opérations de refinancement à long terme ciblées en septembre, afin de contrer le ralentissement de la croissance au sein de la zone euro.

"Un vent clairement négatif s'est manifesté hier sur les actions européennes après une BCE divisée envers ses perspectives pour 2019. Mario Draghi a surpris les investisseurs après avoir annoncé une nouvelle série de mesures TLTRO (...)Une BCE plus accommodante aurait dû faire monter les cours des actions, mais le ton employé lors de la conférence de presse a mis en évidence une banque centrale préoccupée par le problème persistant de la croissance", commente Pierre Veyret, analyste technique chez ActivTrades.

Le sentiment baissier des marchés boursiers européens s'est accentué avec des indicateurs décevants. Les exportations chinoises ont connu leur plus net recul en trois ans en février et les importations ont chuté pour un troisième mois consécutif, suggérant que le ralentissement de l'économie va se poursuivre malgré une série de mesures de soutien prises par Pékin. En Allemagne, les commandes à l'industrie ont enregistré en janvier leur plus fort recul en sept mois, montrant à leur tour que la première économie européenne a commencé l'année 2019 en berne.

Les investisseurs se tournent désormais vers le rapport mensuel sur l'emploi à 13h30 GMT. Les économistes interrogés par Reuters s'attendent à une baisse du nombre de créations d'emploi en février à 180.000 contre 304.000 le mois précédent. LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

En avant-Bourse à Wall Street, l'action Costco prend 5% à 227 dollars, la chaîne de magasins d'entrepôts ayant publié un bénéfice trimestriel supérieur aux attentes.

VALEURS EN EUROPE

La quasi totalité des indices sectoriels sont dans le rouge, avec en tête celui des ressources de base et celui de l'automobile, qui abandonnent respectivement 2,26% et 2,21%.

Les secteurs sensibles aux taux sont recherchés avec la baisse des rendements: les télécoms gagnent 0,61% et l'immobilier prend 1,49% tandis que les banques reculent de 1,5%.

A Paris, Unibail-Rodamco signe la plus forte hausse du CAC avec un gain de 2,25%. Société générale et BNP Paribas cèdent elles respectivement 2,43% et 2,01%.

L'indice Stoxx de l'énergie (-1%) est délaissé après l'annonce par le gouverment norvégien du désengagement de son fonds souverain, le plus important du monde, des sociétés pétrolières et gazières pour réduire son exposition à la baisse des cours. Le compartiment est également plombé par la baisse des prix de l'or noir.

Parmi les plus fortes baisses du SBF 120, Iliad perd 5,41% après un abaissement de recommandation d'Exane BNP Paribas à sous-performance. EssilorLuxottica cède 5,84% en raison d'inquiétudes sur la gouvernance du groupe, du report du calendrier d'une journée investisseurs prévue de longue date et de la baisse de la marge opérationnelle en 2018.

TAUX L'aversion au risque profite aux obligations, ce qui se traduit par un recul des rendements des emprunts d'Etat.

Le rendement des Treasuries à 10 ans évolue à 2,64% et le Bund allemand de même maturité, référence de la zone euro, recule à 0,06% après avoir touché un creux de plus de deux ans sous 0,05.

CHANGES Le dollar, qui a déjà bien profité des décisions de la BCE, fléchissait toutefois de 0,2% face à un panier de devises de référence.

L'euro remonte au-dessus de 1,12 dollar, après avoir touché la veille 1,1174 dollar, son plus bas niveau depuis juin 2017.

Le yen, devise refuge en période difficile, gagne 0,4% à 111,15 pour un dollar.

PÉTROLE

Les cours du brut chutent, pénalisés à la fois par la détérioration des perspectives économiques de la BCE et par les chiffres décevants de la balance commerciale chinoise, qui ont d'autant plus d'impact que les traders craignent en outre les répercussions sur les cours d'une production américaine qui aligne les records.

Le Brent perd plus de 1,8% à 65 dollars le baril et le brut léger américain (WTI) abandonne près de 1,7% à 55,7 dollars.

(Édité par Wilfrid Exbrayat)


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