Avec "l'affaire Pegasus", Israël pourrait revoir ses exportations de Défense

Avec "l'affaire Pegasus", Israël pourrait revoir ses exportations de Défense
Crédit photo © Reuters

par Dan Williams

JÉRUSALEM (Reuters) - Une commission de la Knesset pourrait recommander des amendements à la politique israélienne d'exportations de Défense à la suite des accusations d'espionnage liées au logiciel Pegasus développé par le groupe national NSO, a déclaré jeudi l'un de ses membres.

Parmi les cibles présumées de "Pegasus" figure le président français Emmanuel Macron, qui a convoqué jeudi un conseil de Défense exceptionnel à ce sujet.

"Nous devons certainement réexaminer toute cette question des licences accordées par la DECA", a déclaré Ram Ben-Barak, président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Kesset, à la radio de l'armée israélienne.

Une référence à l'Agence de contrôle des exportations de Défense, gérée par le gouvernement israélien.

Israël a mis en place un comité interministériel chargé d'examiner les allégations portées depuis dimanche par un groupe international de 17 médias sur des piratages ou tentatives de piratage de téléphones appartenant à des responsables politiques, journalistes ou militants des droits de l'homme.

NSO a rejeté des "hypothèses erronées" et "théories non corroborées".

Le comité interministériel "va mener des contrôles, et nous étudierons de près les conclusions et verrons s'il nous faut régler certaines choses", a dit Ram Ben-Barak, ancien numéro deux du Mossad.

"A vrai dire, ce système (Pegasus) a permis de mettre au jour de nombreuses cellules terroristes et criminelles et a aidé un grand nombre de personnes. S'il a été utilisé à tort, ou vendu à des parties irresponsables, c'est quelque chose qui doit être vérifié", a-t-il ajouté.

Après que la radio de Tsahal a également diffusé jeudi une interview de Szabolcs Panyi, un journaliste hongrois affirmant que Pegasus a été détecté sur son téléphone portable, le patron de NSO, Shalev Hulio, a promis d'enquêter.

Refusant d'identifier les pays clients, Shalev Hulio n'a pas dit si la Hongrie avait acheté Pegasus, mais a précisé que NSO avait travaillé avec 45 pays et décliné les demandes de quelque 90 autres.

(Reportage Dan Williams à Jérusalem avec Gergely Szakacs à Budapest, version française Federica Mileo, édité par Sophie Louet)


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