Autriche: Le chancelier Kurz visé par une enquête pour corruption

Autriche: Le chancelier Kurz visé par une enquête pour corruption
Autriche: Le chancelier Kurz visé par une enquête pour corruption
Crédit photo © Reuters

par Francois Murphy

VIENNE (Reuters) - Une enquête a été ouverte pour corruption et abus de confiance à l'encontre de Sebastian Kurz, a annoncé mercredi le parquet financier autrichien à la suite de perquisitions au siège du Parti conservateur (ÖVP) et chez certains des principaux collaborateurs du chancelier d'Autriche.

Il s'agit d'une nouvelle menace politique pour Sebastian Kurz, déjà visé depuis mai dernier par une enquête distincte pour des accusations de parjure.

Neuf autres personnes sont aussi visées par l'enquête confirmée mercredi par le parquet financier quelques heures après les perquisitions menées à la chancellerie, au ministère des Finances et au siège de l'ÖVP.

Ce dernier a dénoncé ces perquisitions comme des manoeuvres politiques.

Le parquet soupçonne le ministère des Finances, tenu par les conservateurs, d'avoir acheté depuis 2016 des encarts publicitaires dans un tabloïd en échange d'une couverture et de sondages favorables à Sebastian Kurz, à l'époque chef de la diplomatie autrichienne et désireux de prendre la tête de l'ÖVP.

Dans un communiqué, les procureurs ont indiqué avoir placé sous enquête "Sebastian Kurz et neuf autres personnes, ainsi que trois organisations, pour des accusations d'abus de confiance (...), de corruption (...) et de pots-de-vin (...), avec des degrés d'implication divers".

Sebastian Kurz a réagi en déclarant dans un communiqué succinct être "convaincu que ces accusations, elles aussi, se révéleront fausses".

Gaby Schwarz, vice-présidente de l'ÖVP, a décrit les perquisitions menées au siège du parti comme une "mise en scène politique" destinée à nuire à Sebastian Kurz et au parti.

L'ÖVP accuse de longue date les procureurs chargés de la lutte contre la corruption de partialité à l'encontre de Sebastian Kurz et du parti, des accusations rejetées par le parquet et les juges.

L'affaire met en exergue les tensions au sein de la coalition au pouvoir alors que les Verts, qui ont fait campagne en promettant une politique "propre", laissent planer le doute sur le soutien qu'ils apporteront ou non à Sebastian Kurz en cas de progrès dans les enquêtes visant le chancelier.

"L'accusation de politique spectacle est vide de sens, tout simplement parce que l'aval d'un juge est requis pour mener une perquisition dans le cadre d'une enquête", a déclaré le chef de file des Verts et vice-chancelier, Werner Kogler.

Il a ajouté lors d'une conférence de presse que les procureurs devaient pouvoir travailler en toute liberté.

(Reportage Francois Murphy; version française Bertrand Boucey, Jean-Stéphane Brosse et Jean Terzian)

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