Autriche: Démission du chancelier Kurz, visé par une enquête pour corruption

Autriche: Démission du chancelier Kurz, visé par une enquête pour corruption
Autriche: Démission du chancelier Kurz, visé par une enquête pour corruption
Crédit photo © Reuters

par Francois Murphy

VIENNE (Reuters) - Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a annoncé samedi sa démission après l'ouverture d'une enquête pour corruption à son encontre tout en prévoyant de rester à la tête du parti conservateur ÖVP.

Le départ de Sebastian Kurz, qui rejette toute accusation, a donné satisfaction aux Verts, partenaires des conservateurs au sein de la coalition au pouvoir, trois jours seulement avant une session extraordinaire du Parlement au cours de laquelle ils s'apprêtaient à soutenir une motion de défiance qui aurait contraint le jeune dirigeant à démissionner.

"Je voudrais donc céder la place afin de mettre un terme à une impasse, d'éviter le chaos et de garantir la stabilité", a déclaré Sebastian Kurz.

Il a ajouté avoir proposé que le ministre des Affaires étrangères, Alexander Schallenberg, lui succède à la à la chancellerie, ce que les Verts ont rapidement accepté.

"Je crois que c'est la bonne étape pour la poursuite du travail du gouvernement", a déclaré le chef de file des Verts et vice-chancelier, Werner Kogler, ajoutant qu'il avait eu une relation de travail "très constructive" avec Alexander Schallenberg qu'il rencontrera dimanche.

Partisan d'une ligne dure sur l'immigration, Sebastian Kurz, âgé de 35 ans, est devenu l'un des plus jeunes chefs de gouvernements européens en 2017 lorsqu'il a conclu un accord de gouvernement avec la formation d'extrême droite le Parti de la liberté.

Emporté par un scandale en 2019, Sebastian Kurz revient au pouvoir en enregistrant un large succès lors des élections législatives anticipées dans la foulée.

PAS VRAIMENT PARTI

"Cette démission n'est pas une vraie démission", a déclaré l'analyste politique Thomas Hofer. "C'est (formellement) un retour au second rang, mais le pouvoir au sein de l'ÖVP et donc de l'équipe gouvernementale appartient toujours à Sebastian Kurz."

Alexander Schallenberg, qui a travaillé avec Sebastian Kurz lorsque ce dernier était chef de la diplomatie, devrait garder l'image de celui qui doit sa carrière ministérielle au jeune dirigeant conservateur.

"Bien sûr, il ne fera rien sans en convenir au préalable avec Sebastian Kurz. Il est l'un de ses plus proches confidents", a ajouté Thomas Hofer.

Le parquet financier autrichien a ouvert une enquête sur Sebastian Kurz et neuf autres personnes pour corruption et abus de confiance.

Il soupçonne le ministère des Finances, tenu par les conservateurs, d'avoir acheté à partir de 2016 des encarts publicitaires dans un tabloïd en échange d'une couverture et de sondages favorables à Sebastian Kurz, à l'époque chef de la diplomatie autrichienne et désireux de prendre la tête du parti conservateur.

Des éléments de l'enquête publiés dans les médias montrent des SMS compromettants qui, selon les adversaires de Sebastian Kurz, témoignent de tactiques douteuses et d'un manque de scrupules.

"Nous savons grâce aux documents (de l'enquête) qu'il s'est acheté un parti, qu'il s'est acheté une élection, qu'il a manipulé et menti aux gens, et qu'il a fait tout cela avec l'argent de vos impôts," a déclaré la chef du parti libéral Neos, Beate Meinl-Reisinger, après l'annonce de la démission du chancelier.

(Reportage Francois Murphy, version française Laetitia Volga, édité par Camille Raynaud)

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