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Après le retrait de Wauquiez, retour à la case départ pour LR

Après le retrait de Wauquiez, retour à la case départ pour LR
Crédit photo © Reuters

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Les Républicains se cherchent un chef et une ligne politique après le départ de Laurent Wauquiez, une démission qui ne résout rien et expose le parti aux appétits décuplés du Rassemblement national et de La République en marche.

Jean Leonetti, jusqu'ici vice-président délégué de LR et défenseur d'un "courant social et humaniste", assume désormais l'intérim jusqu'à l'élection d'un nouveau président ou d'une nouvelle présidente. Les statuts du mouvement stipulent que l'élection du nouveau dirigeant - pour cinq ans par les adhérents réunis en congrès - doit avoir lieu "dans les 50 jours au moins et 65 jours au plus après l'ouverture de la vacance".

Aucun des caciques pouvant prétendre à la succession du mal-aimé Laurent Wauquiez n'a pour l'heure fait acte de candidature : Valérie Pécresse, Xavier Bertrand (qui a quitté LR en décembre 2017), François Baroin, Bruno Retailleau...

Voire le président du Sénat Gérard Larcher, qui avait pris de court Laurent Wauquiez en lançant une initiative pour le rassemblement de la droite et du centre au lendemain de la déroute historique des Républicains aux européennes (8,48%).

A neuf mois des élections municipales, élus de l'ancienne et de la nouvelle génération ne veulent pas d'une énième "guerre des chefs" et appellent à prendre le temps de la réflexion sur la ligne politique du parti, dont l'électorat a été capté pour une bonne part par LaRem et le RN.

Le député Eric Woerth s'est prononcé sur RTL pour une direction collégiale "dans un premier temps" avec pour objectif une "alliance des forces de droite et du centre". "Dans cette configuration politique, l'avenir des Républicains est évidemment collectif", a-t-il déclaré, évoquant un vivier "de jeunes députés talentueux".

NOUVELLES ÉNERGIES, NOUVEAUX VISAGES

Onze jeunes députés LR, tels Aurélien Pradié (Lot), Emilie Bonnivard (Savoie) et Thibault Bazin (Meurthe-et-Moselle), ont appelé le 30 mai à la création d'un "comité du renouvellement" réunissant parlementaires, maires, élus départementaux et régionaux, candidats aux élections passées et à venir. Ils devaient se réunir lundi soir.

"Le moment n'est pas de dire qui sera candidat. Il faut arrêter avec ces histoires d'homme ou des femme", a souligné Arnaud Robinet, 44 ans, maire de Reims, sur France Inter.

"Ce n'est pas en réunissant des bureaux extraordinaires à Paris (...) que l'on va pouvoir redéfinir une ligne politique avec uniquement des parlementaires. Faisons appel aux élus locaux. A de nouvelles énergies, de nouveaux élus, de nouveaux visages", a-t-il ajouté.

Les ex-sarkozystes Geoffroy Didier et Guillaume Peltier, qui furent les tenants de l'aile droitière au sein de "La Droite forte", se sont engouffrés dans la brèche pour défendre une droite "moderne et ouverte" après avoir soutenu les conservateurs François-Xavier Bellamy et Laurent Wauquiez durant la campagne. Leur appel rencontre pour l'heure peu d'écho.

"Nous avons laissé toute la droite modérée à Emmanuel Macron, on a laissé un champ ouvert énorme. Ce champ il faut aujourd'hui le reconquérir", a estimé Eric Woerth.

Arnaud Robinet juge également "qu'il y a de la place entre LaRem et le Rassemblement national."

Gérard Larcher présidera mardi après-midi dans un hôtel parisien une réunion à huis clos destinée à lancer "un travail de reconstruction collective". Les principaux dirigeants de LR, les présidents de groupe de l'Assemblée et du Sénat, les présidents d'associations d'élus, les responsables de collectivités territoriales ont été conviés.

"LES SUPPLÉTIFS DE L'EXTRÊME DROITE"

"Pour moi ce serait le président de parti idéal", mais sa désignation entraînerait une "situation institutionnelle curieuse", a déclaré à propos de Gérard Larcher le sénateur LR Roger Karoutchi, sur BFM TV.

Gérard Larcher est considéré par nombre d'élus comme un rempart potentiel contre les dissidences alors que le parti, affaibli et divisé, est sous la pression de LaRem et du RN.

Le ministre des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu, ex-LR, a ainsi exhorté les maires Les Républicains à quitter le parti dans Le Journal du Dimanche. Lundi, c'est le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, autre élu de droite à avoir rallié Emmanuel Macron, qui a fustigé le sectarisme de Laurent Wauquiez et invité sur Europe 1 élus et militants "à choisir leur pays plutôt que leur parti."

"Je crois que la suite pour Les Républicains, c'est d'être les supplétifs de l'extrême droite", a affirmé pour sa part le député LaRem Thierry Solère (ex-LR) sur LCI.

A l'extrême droite, Marine Le Pen dit "tendre la main à tous les cadres et électeurs LR patriotes", tandis que Marion Maréchal veut croire à "un courant de droite qui se structure et qui puisse accepter le principe d'une grande coalition avec le Rassemblement national".

"Les convictions, ce n'est pas une part de clafoutis qu'on se partage sur un bord de table", a répliqué lundi Aurélien Pradié sur France Bleu Occitanie.

(Avec Danielle Rouquié, édité par Yves Clarisse)


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