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Airbus contre toute interférence publique dans le futur avion de combat

Airbus contre toute interférence publique dans le futur avion de combat

Crédit photo © Reuters

BERLIN (Reuters) - Le projet européen de développer un avion de combat de nouvelle génération pourrait tourner au désastre si les différents Etats y prenant part exigent des sites de production ou des fournisseurs particuliers, a déclaré Tom Enders, le président exécutif d'Airbus.

Dans un entretien publié vendredi par le Frankfurter Allgemeine Zeitung, Tom Enders souligne que la décision prise par la France et l'Allemagne de lancer le futur projet de Système de combat aérien du futur (FCAS) constitue un pas important vers un élargissement de la coopération dans la défense européenne.

Fin avril, les ministres française et allemande de la Défense ont signé quatre documents soulignant leur volonté de travailler en commun à la conception du FCAS, qui comprendra notamment un avion de combat de nouvelle génération, des drones ou encore les futurs missiles de croisière.

De leur côté, toujours fin avril, Airbus et Dassault Aviation ont annoncé avoir signé un accord initial de coopération pour développer ce projet, franchissant une étape déterminante vers l'émergence du successeur du Rafale et de l'Eurofighter vers 2035-2040.

Revenant sur cet accord entre Dassault, constructeur du Rafale, et Airbus, partenaire de l'Eurofighter, Tom Enders note que les deux entreprises s'étaient, étonnamment, mises rapidement d'accord sur leurs rôles respectifs dans le projet.

Il met également les Etats en garde contre toute tentation de vouloir influencer le processus.

"(Le projet) réussira si nous empêchons les Etats d'interférer avec leurs exigences concernant l'utilisation de tel fournisseur ou de tel site dans certains pays. (Si nous laissons faire cela), cela ne pourra que nous mener au désastre", a-t-il dit.

Un tel cas de figure à déjà été très préjudiciable pour Airbus, a ajouté Tom Enders, se référant au programme d'avion de transport militaire A400M, dont la configuration a souvent été critiquée par le président exécutif de l'avionneur européen.

Il y a quatre mois, Airbus a annoncé une nouvelle charge de 1,3 milliard d'euros sur l'A400M, portant le total cumulé des provisions passées sur ce programme à plus de huit milliards.

"J'espère que les entreprises européennes insisteront sur le fait que les futurs programmes multilatéraux doivent avoir des structures de commandement bien établies ainsi que des exigences techniques et des calendriers raisonnables", poursuit Tom Enders, qui quittera la présidence exécutive d'Airbus l'année prochaine.

Il appelle également l'Allemagne à prendre plus franchement la voie de l'intégration de la défense européenne, se disant inquiet de ce qu'il appelle l'état "déplorable" de l'armée du pays après des années de négligence.

(Andrea Shalal, Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Bertrand Boucey)


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