Aéroport fermé et bâtiments incendiés au Kazakhstan, où la colère ne retombe pas

Aéroport fermé et bâtiments incendiés au Kazakhstan, où la colère ne retombe pas
Aéroport fermé et bâtiments incendiés au Kazakhstan, où la colère ne retombe pas
Crédit photo © Reuters

par Olzhas Auyezov

ALMATY (Reuters) - Des manifestants ont pris le contrôle de l'aéroport d'Almaty, la principale ville du Kazakhstan, mercredi, alors que la démission du gouvernement n'a pas apaisé le mouvement de protestation contre la hausse des prix du carburant dans ce pays d'Asie centrale.

Selon l'agence de presse russe Sputnik, citant le ministère kazakh de l'Intérieur, huit policiers ou membres de la garde nationale ont été tués et 317 autres blessés dans les violences qui ont éclaté dans plusieurs régions.

Tous les vols au départ et à l'arrivée d'Almaty ont été temporairement suspendus, a-t-on appris de source au fait de la situation.

Les manifestants ont pris d'assaut d'autres bâtiments publics et incendié plusieurs d'entre eux, dont la mairie d'Almaty, certains criant des slogans contre l'ancien président Noursoultan Nazarbaïev, 81 ans, qui a continué à tirer les ficelles du pouvoir en coulisse depuis qu'il a démissionné en 2019 après avoir dirigé le pays d'une main de fer après la chute de l'Union soviétique.

Intervenant à la télévision, l'actuel président kazakh, Kassim-Jomart Tokaïev, a annoncé mercredi que son prédécesseur ne présiderait plus à l'avenir le conseil de sécurité nationale. Il aussi écarté le neveu de Noursoultan Nazarbaïev de la direction du service de sécurité intérieure qui a succédé au KGB soviétique.

Kassim-Jomart Tokaïev a aussi déclaré l'état d'urgence dans tout le pays, rapporte l'agence russe RIA, après l'avoir déjà fait pour la capitale du pays, Noursoultan, et Almaty et la région avoisinante.

Malgré l'intervention musclée des forces de sécurité, des milliers de manifestants ont déferlé mercredi dans le centre d'Almaty, où plusieurs incendies étaient signalés et où des témoins ont rapporté des coups de feu et des explosions.

Le chef de la police a déclaré que des "extrémistes et radicaux" étaient en train d'attaquer la ville et précisé que la police, la garde nationale et l'armée avaient été déployées pour des opérations de sécurité.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé de son côté dans un communiqué l'arrestation de plus de 200 personnes à la suite d'attaques contre des bâtiments officiels dans les villes de Chimkent et Taraz, dans le sud du pays.

Une vidéo mise en ligne montre la police utilisant un canon à eau et des grenades paralysantes contre des manifestants devant la mairie d'Aktobe, la capitale d'une province occidentale du Kazakhstan.

Les manifestations ont commencé dans l'ouest de l'ancienne république soviétique dimanche en raison de l'augmentation du prix du carburant, ce qui a conduit à la démission du gouvernement mercredi.

Ces troubles contrastent avec la réputation de l'ancienne république soviétique, considérée comme politiquement stable et contrôlée d'une main de fer, qui a attiré des centaines de milliards de dollars d'investissements étrangers dans ses industries pétrolière et métallurgique depuis son indépendance.

S'exprimant devant le gouvernement intérimaire, Kassim-Jomart Tokaïev a demandé que le plafond du prix du gaz de pétrole liquéfié (GPL) soit réinstauré, alors que sa suppression samedi est à l'origine des manifestations, et que les prix d'autres biens de consommation "importants socialement" soient aussi régulés.

(Reportage d'Olzhas Auyezov, avec Pavel Mikheyev, Maria Gordeyeva, Tamara Vaal et Karin Strohecker; version française Valentine Baldassari, Jean Terzian et Tangi Salaün, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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