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Aérien : le conflit pourrait tuer Transavia, avertit le PDG d'Air France

Aérien : le conflit pourrait tuer Transavia, avertit le PDG d'Air France

PARIS (Reuters) - Le PDG d'Air France-KLM a redit mardi qu'il pourrait être contraint de renoncer à son projet de développement d'une filiale low cost en Europe faute d'accord avec les syndicats de pilotes d'Air France qui rejettent pour l'instant les dernières propositions avancées par la direction de la compagnie aérienne.

Le Premier ministre Manuel Valls a réitéré ses appels à une fin du conflit, entré mardi dans sa neuvième journée, qui coûte au transporteur 20 millions d'euros par jour.

"La direction a fait un certain nombre de nouvelles propositions. Les conditions, me semble-t-il, sont réunies pour que les positions des uns et des autres convergent", a estimé le chef de l'exécutif sur la radio Europe 1. "Elle représente un vrai danger pour la compagnie Air France. Cette grève doit cesser, il faut que le dialogue se poursuive. J'en appelle à la responsabilité de chacun", a-t-il ajouté.

La direction du transporteur a proposé lundi de suspendre jusqu'à la fin de l'année la création de Transavia Europe, son projet de filiale low cost à l'origine de la grève des pilotes d'Air France, afin de donner davantage de temps aux négociations.

Ces derniers ont cependant rejeté cette proposition, réclamant le retrait pur et simple du projet, qui risque selon eux de conduire à l'absorption de Transavia France et Transavia Hollande, ses deux filiales low cost déjà existantes, et donc à des délocalisations d'emplois.

Le PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac, a estimé mardi que les propositions du groupe répondaient aux principales inquiétudes des pilotes, tout en reconnaissant qu'une poursuite du conflit pourrait l'obliger à renoncer à sa stratégie de développement du low cost.

"LA MORT DANS L'ÂME"

"Nous suspendons [le projet] et si nous n'arrivons pas à nous mettre d'accord, nous serons obligés, la mort dans l'âme, parce que c'est stratégiquement à mon avis une erreur considérable, de retirer le projet", a expliqué le PDG, réaffirmant ses déclarations faites la veille au journal de France 2.

"Je renoncerai pour l'instant à développer l'Europe, c'est très dommage", a-t-il ajouté.

Le syndicat SNPL, majoritaire à Air France, appelle pour sa part à une poursuite du mouvement, jugeant à ce jour insatisfaisantes les propositions de la direction et dénonçant l'attitude du PDG dans les négociations.

"Si Alexandre de Juniac est capable autour de la table de la négociation de faire une proposition dans laquelle il s'engage à ne pas délocaliser l'emploi français, à ce moment-là, nous serons prêts à l'écouter. Mais ce n'est pas ce qui se passe", a déclaré son président Jean-Louis Barber sur iTélé.

"Est-ce que vous ne pensez pas qu'il y a un problème de management dans cette entreprise ? Les méthodes qui sont utilisées aujourd'hui par Alexandre de Juniac ne sont pas les bonnes", a-t-il ajouté.

L'autre syndicat gréviste, le SPAF, a également appelé à une reconduction du mouvement jusqu'à vendredi .

"M. de Juniac n'a plus la confiance de ses salariés. Il ne négocie pas, il cherche à détruire", déclare l'organisation dans un communiqué publié mardi.

Pour mardi, Air France prévoit d'assurer 48% de son programme de vols compte tenu d'un taux de pilotes grévistes estimé à 57% pour la journée.

(Gwénaëlle Barzic et Sophie Louet, édité par Dominique Rodriguez)


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