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Wall Street en timide hausse, la BCE en renfort ?

Wall Street en timide hausse, la BCE en renfort ?

La bourse américaine progresse très légèrement en pré-séance ce mercredi, S&P500 et DJIA s'accordant respectivement 0,1% et 0,2%

Wall Street en timide hausse, la BCE en renfort ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La bourse américaine progresse très légèrement en pré-séance ce mercredi, S&P500 et DJIA s'accordant respectivement 0,1% et 0,2%. L'indice dollar avance de 0,2% à 98,5. Le baril de brut WTI gagne 1,2% à 58,1$ sur le Nymex. Les opérateurs restent relativement confiants à la veille des annonces monétaires de la BCE, qui devrait donc livrer des mesures de soutien face à une économie affaiblie.

En Europe, Boris Johnson a confirmé qu'il ne demanderait pas de nouveau report du Brexit, après la promulgation d'une loi le contraignant à demander trois mois de plus auprès de l'Union européenne si aucun accord n'était trouvé au 31 octobre. Le gouvernement italien de Giuseppe Conte, dirigé avec l'appui du Parti démocrate et du Mouvement 5 étoiles, soutenu par le Sénat, peut quant à lui prendre ses fonctions.

La cote américaine a terminé hier en ordre dispersé. L'attentisme a dominé en l'absence d'avancées significatives du côté des négociations commerciales sino-américaines. A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,28% à 26.909 points, notamment grâce à une belle fin de séance d'Apple (+1,18%) après la présentation de ses nouveaux services et produits. L'indice large S&P 500 a fini stable (+0,03%) à 2.979 pts et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a fléchi de 0,04% à 8.084 pts.

Les investisseurs se sont livrés à une rotation sectorielle, sortant des valeurs de croissance comme les technologiques (-0,5% pour l'indice S&P sectoriel) pour favoriser des secteurs sous-valorisés comme l'énergie (+1,3% pour l'indice sectoriel) et les valeurs moyennes (+1,2% pour l'indice Russell 2000).

De nouvelles inquiétudes venues de Chine ont accéléré cette rotation. Les prix chinois à la production se sont en effet tassés de 0,8% en août, leur plus forte correction en trois ans. Les entreprises locales abaissent en effet les prix de vente face à une demande chancelante et aux tensions commerciales sino-américaines. Il s'agit donc d'un nouveau signe assez clair de ralentissement en Chine, qui pèse notamment sur les valeurs technologiques à Wall Street.

Les marchés s'interrogent sur l'ampleur des annonces à attendre ce jeudi 12 septembre de la part de la BCE, avant la réunion de la Fed la semaine suivante, les 17 et 18 septembre.

En Europe, les marchés anticipent de pied ferme une série de mesures de la part de la banque centrale, à commencer par une nouvelle baisse du taux de dépôt, qui pourrait passer de -0,4% à -0,5% ou -0,6%. L'introduction d'un système de paliers pour cette taxation des réserves excédentaires des banques devrait être annoncé en même temps, afin de ne pas trop pénaliser les établissements financiers. A son niveau actuel de -0,4%, cette politique de la BCE a coûté près de 8 milliards d'euros en 2018, dont environ 60% ont été payés par les banques allemandes et françaises. Selon l'agence Scope, une baisse de 10 points de base de ce taux, coûterait aux établissements environ 1,7 MdE supplémentaire.

Certains espèrent même l'annonce d'une reprise du programme de rachat d'actifs, mais cette question ne fait pas l'unanimité a sein des membres du conseil de la BCE, l'Allemagne y étant notamment opposée. En cas d'absence d'annonce sur cette question du QE, les marchés pourraient réagir négativement, selon les experts.

Par ailleurs, selon l'agence 'Reuters', l'Allemagne réfléchirait à adopter un plan de relance, sous la forme d'un budget parallèle qui lui permettrait d'augmenter les investissements publics tout en respectant ses règles budgétaires très strictes.

Aux Etats-Unis, les marchés ont d'ores et déjà intégré une nouvelle baisse des taux directeurs de la Fed à l'issue de sa prochaine réunion des 17 et 18 septembre, après celle d'un quart de point du mois de juillet, qui était la première depuis plus de 10 ans. L'outil Fedwatch du CME Group indique mardi soir une probabilité de 91,2% pour une baisse d'un quart de point, ce qui ferait revenir le taux des "fed funds" entre 1,75% et 2%.

Vendredi, le président de la Fed, Jerome Powell, avait indiqué que la Fed ne prévoyait pas de récession aux Etats-Unis, mais que l'économie américaine faisait face à des risques baissiers "significatifs". Il a assuré que la Fed continuera à agir de manière appropriée pour soutenir la croissance de l'économie américaine.

Sur le marché obligataire, le rendement du T-Bond à 10 ans a toutefois poursuivi son rebond, mardi, grimpant de 8 points de base à 1,73%. Il reste cependant proche de son plus bas niveau depuis la mi-2016, après son plongeon de l'été, lié aux craintes d'une récession provoquée par la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

Le pétrole a reculé hier après 4 séances de hausse, qui lui avaient permis de retrouver ses plus hauts niveaux depuis 6 semaines. Le cours du brut léger américain WTI a ainsi cédé 0,78% à 57,40$ le baril (contrat à terme d'octobre), tandis que le Brent a fléchi de 0,34% à 62,38$ le baril. Le brut a pâti du limogeage par Donald Trump de son conseiller à la Sécurité nationale John Bolton. Le départ de ce "faucon", notamment sur le dossier iranien, plaide plutôt en faveur d'une désescalade des tensions au Moyen-Orient et en Asie, qui avaient soutenu l'or noir ces dernières semaines.

Sur le front économique outre-Atlantique ce jour, l'indice des prix à la production du mois d'août 2019 sera communiqué à 14h30 (consensus +0,1% en comparaison du mois antérieur et +1,8% en glissement annuel, +0,2% hors alimentation et énergie). L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois de septembre 2019 sera communiqué à 16h (+2% sur le mois antérieur). Les stocks et ventes de grossistes du mois de juillet seront également annoncés à 16h (consensus stable sur les stocks). Pour finir, le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains, pour la semaine close au 6 septembre, sera révélé à 16h30 (consensus -2,7 millions de barils sur les stocks de brut hors réserve stratégique).

Du côté des trimestriels à Wall Street, la journée est encore assez 'light' ce mercredi, au lendemain des chiffres décevants de GameStop.

Après un début de séance terne, Apple (+1,18%) a fini en hausse hier suite aux annonces faites lors de sa keynote organisée à son siège californien de Cupertino. Le directeur général de la firme à la pomme, Tim Cook, a présenté la gamme d'iPhone 11, la dernière génération de smartphones d'Apple. Il a aussi présenté l'Apple Watch Series 5, la nouvelle édition de sa montre connectée, ainsi qu'une nouvelle tablette, l'iPad 7, vendu à partir de 329$, et disponible à partir du 30 septembre.

Mais les marchés attendaient surtout les nouveautés du côté des services, en particulier des informations détaillées sur le futur nouveau service de vidéo en streaming AppleTV+. Tim Cook a annoncé qu'Apple TV+ diffusera ses premières séries et films le 1er novembre, pour 4,99$ par mois, un prix défiant toute concurrence. Le leader Netflix , qui propose ses services à 13$ par mois, a vu son titre chuter de plus de 2% mardi, tandis que Walt Disney (13$ par mois aussi) a cédé 2,2% et qu'Amazon (9$ par mois pour le service Prime Video) a cédé 0,6%.

GameStop. Le distributeur américain de jeux vidéo et de matériel électronique a publié mardi après la clôture une perte nette de 415 millions de dollars pour son 2ème trimestre fiscal (4,15$ par action), et a fait des prévisions décevantes pour la suite de l'exercice 2019-2020. Le titre a plongé de plus de 20% en cotations post-séance à Wall Street suite à cette publication, avant de réduire un peu ses pertes à environ 15% dans la nuit. Avant cette séance, le cours de l'action Gamestop abandonnait déjà plus de 60% depuis le début de l'année.

Les ventes trimestrielles de la société basée à Grapevine au Texas ont plafonné à 1,29 milliard de dollars, en baisse par rapport à la même période de 2018 (1,65 Md$). Elles sont ressorties inférieures au consensus de 1,34 Md$ compilé par le cabinet Factset. Même en excluant une énorme charge pour dépréciations d'actifs de 363,9 M$ et d'autres éléments exceptionnels qui ont plombé les comptes du trimestre, Gamestop n'a pas atteint les objectifs attendus par le consensus. Hors ces éléments, la perte nette ajustée s'élève encore à 32 cents par action, contre 10 cents un an plus tôt, et alors que le consensus Factset tablait sur une perte de 18 cents par titre.

La suite de l'exercice ne se présente en outre pas sous de meilleurs auspices. GameStop dit ainsi s'attendre à un résultat net ajusté de 1,15$ à 1,30$ par action sur l'ensemble de l'exercice, alors que les analystes s'attendaient jusqu'ici à 1,61$ par action.

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