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Marchés : l'Asie rebondit !

Marchés : l'Asie rebondit !
Marchés : l'Asie rebondit !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La fin de semaine s'inscrit en nette hausse dans la zone Asie-Pacifique, à l'image des progressions de plus de 7% à Seoul, plus de 6% à Hong Kong, Bombay et Taiwan, tandis que Singapour et Shanghai progressent de 1,5%. La Bourse de Tokyo est fermée pour cause de jour férié au Japon ce vendredi, pour la Fête du Printemps.

Dans le sillage des places boursières européennes, la Bourse de New York a aussi rebondi jeudi, après de nouvelles mesures d'urgence annoncées par la BCE, la Fed et la Banque d'Angleterre, tandis que l'administration Trump travaille à un plan de soutien de 1.300 milliards de dollars à l'économie américaine pour faire face à la crise du coronavirus. A la clôture, le sursaut était cependant limité. L'indice Dow Jones a regagné 0,95% à 20.087 points, repassant au dessus des 20.000 points. L'indice large S&P 500 a repris 0,47% à 2.409 pts et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a rebondi de 2,3% à 7.150 pts. Le cours du pétrole WTI, qui avait sombré mercredi de plus de 24%, a flambé jeudi de plus de 25%, un record de hausse sur une séance, pour rejoindre ce matin la zone des 30$ le Brent.

Suivant l'exemple de la Chine et de plusieurs pays européens dont la Chine, la Californie a commencé à mettre en place un confinement systématique de sa population, tandis que Donald Trump qui tente de rattraper son retour à l'allumage initial sur la gestion de la crise sanitaire mise gros sur un traitement efficace contre le nouveau coronavirus à base de chloroquine, une molécule bien connue utilisée dans le traitement du paludisme et de l'arthrite, disponible et peu onéreuse à produire. La FDA américaine va ainsi procéder à des essais cliniques accélérés... Ce traitement a "montré des résultats préliminaires très, très encourageants", a ainsi annoncé le président Donald Trump. "Nous allons pouvoir rendre ce médicament disponible quasiment immédiatement", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche jeudi, estimant que cela pourrait "changer la donne" face à la pandémie.

Produit miracle ?

Les autorités sanitaires américaines ont cependant un peu temporisé, en précisant qu'elles n'avaient pas autorisé ce traitement à grande échelle... En revanche, le patron de la FDA (Food and Drugs Administration), Stephen Hahn, a annoncé que l'agence américaine allait tester en procédure accélérée ("fast-track") la chloroquine dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.
"Le président nous a demandé de regarder de plus près ce médicament. Nous voulons faire cela en mettant en place un essai clinique étendu et pragmatique pour recueillir ces informations et répondre à toutes les questions qui se posent", a déclaré Stephen Hahn, sans préciser à quelle échéance ces tests pourraient fournir des conclusions fiables.

En France, l'infectiologue Didier Raoult, directeur de l'IHU Méditerranée Infection, a procédé à un test clinique prometteur sur un petit échantillon de 24 patients... Après 6 jours de prise de Plaquenil, l'un des noms commerciaux de la chloroquine, seulement un quart (6) des 24 patients tests du professeur Raoult étaient encore porteurs du virus.
Mieux : "associé à la prise d'antibiotiques ciblés contre la pneumonie bactérienne (l'azythromycine), le traitement a totalement guéri les sujets dans la semaine, alors que 90% des malades qui n'ont pas pris de traitement sont toujours positifs", a affirmé l'infectiologue, dans un entretien publié mardi par 'Les Echos'.

En février dernier, trois équipes chinoises avaient publié dans la revue scientifique 'Nature' une étude concluant à des "résultats encourageants sur l'homme" après des traitements à base de chloroquine. Le Dr Zhong Nanshan, président de l'Association Médicale Chinoise et directeur de l'Institut des maladies respiratoires de Guangzhou, avait alors précisé que l'administration de ce traitement avait réduit de 14 à 4 jours le portage naturel du Covid-19...

Paris préconise de nouveaux tests cliniques

Le gouvernement français s'est engagé à mener de nouveaux tests cliniques sur la chloroquine, a affirmé le ministre de la Santé, Olivier Véran, précisant qu'il est fondamental d'avoir des processus validés de façon totalement indépendante. "Si les résultats sont favorables, on aura tous l'occasion de s'en réjouir", a ajouté le ministre.
La porte parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a précisé que ces nouveaux essais cliniques "seront réalisés avec une équipe indépendante du professeur (Didier) Raoult, qui mène ces essais à Marseille et en a réclamé l'extension". Didier Raoult fait partie du comité scientifique indépendant chargé de conseiller le gouvernement...

Sanofi prêt à fournir son anti-paludique Plaquenil

A la suite de l'annonce de l'équipe marseillaise, le laboratoire Sanofi s'est engagé cette semaine à offrir plusieurs millions de doses de l'anti-paludique Plaquenil pour traiter l'équivalent de 300.000 patients si ses résultats étaient attestés. Le groupe pharmaceutique a également précisé qu'il se tenait prêt à travailler avec les autorités de santé françaises "pour confirmer ces résultats".
Dans le même temps, Sanofi travaille avec le groupe américain Regeneron. Ils vont lancer un essai clinique sur un de leurs médicaments contre la polyarthrite rhumatoïde, le Kevzara, en tant que possible traitement du coronavirus, selon le 'Wall Street Journal'.

"L'objectif serait dans les deux semaines de disposer d'un essai opérationnel et, quelques semaines ou mois après, de disposer des données", a précisé le directeur scientifique de Regeneron, George Yancopoulos, au 'WSJ'.

La BCE sort le bazooka, la Fed et la BoE agissent aussi...

En attendant, d'un point de vue monétaire la banque centrale européenne (BCE) a lancé un vaste plan de 750 milliards d'euros de rachat d'actifs afin de soutenir l'économie européenne, tandis que la Réserve fédérale américaine a annoncé un troisième programme d'urgence en deux jours, destiné cette fois à préserver les fonds de placement sur le marché monétaire d'éventuels mouvements de retraits massifs de la part d'investisseurs désireux de récupérer des liquidités. La Banque d'Angleterre vient pour sa part d'augmenter la taille de son programme de rachat d'actifs tout en réduisant son taux directeur à 0,1%.

La Banque centrale australienne (RBA) a de son côté ramené son taux directeur à un plus bas historique (0,25%) à l'issue d'une réunion imprévue, sa 2e baisse de taux en moins d'un mois. Enfin, peu avant l'ouverture de Wall Street, la Fed a donné accès au dollar aux banques centrales de neuf pays alors que certaines commençaient à avoir du mal à se financer en dollars, devise très demandée en temps de crise.

Sur le plan budgétaire, la Maison Blanche a demandé au Congrès américain l'autorisation de débloquer 1.300 Mds$, dont 500 Mds$ en versements directs d'aide financière aux Américains, 50 Mds$ en prêts au secteur aéronautique, et 150 Mds$ aux autres secteurs "fortement perturbés" par l'épidémie. Le passage de cet énorme "package" s'annonce comme une tâche herculéenne pour le Congrès, mais il pourrait néanmoins être voté dans le courant de la semaine prochaine, selon des sources au Capitole.

Le bilan de la pandémie continue de s'alourdir en dehors de Chine. Aux Etats-Unis, 13.159 cas ont été confirmés et 176 personnes sont mortes du Covid-19. En Europe, il y désormais plus de décès en Italie (3.405 jeudi) qu'en Chine (3.249 décès), où la maladie s'est déclarée en décembre dernier avant de faire le tour du monde. En Chine, aucun nouveaux cas non importé n'a été recensé mercredi, pour la première rois depuis le début de la crise. Dans le monde, le nombre de cas dépasse les 240.000 dans le monde et le nombre de morts approche la barre des 10.000.

Washington prêt à nationaliser des entreprises si nécessaire

Mercredi soir, le Sénat a approuvé une deuxième loi organisant la lutte contre la pandémie, tandis que le conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow, a affirmé que le gouvernement envisageait de prendre des participations dans le capital d'entreprises en difficulté dans le cadre de son plan d'aide en préparation. Il a souligné que le sauvetage par l'Etat de General Motors pendant la crise de 2008-2009 s'était avéré une bonne affaire pour le gouvernement fédéral.
M. Kudlow a ajouté que Washington ferait "tout ce qui est nécessaire" pour soutenir l'économie US face aux conséquences du Covid-19, ajoutant que le plan envisagé d'environ 1.300 milliards de dollars, pourrait être encore augmenté si la crise s'avérait plus grave que prévu.

Jeudi, le président Donald Trump a lui aussi indiqué qu'il était favorable à une prise de participation de l'Etat dans "certaines entreprises". Lors d'un point presse à la Maison Blanche, il a aussi affirmé qu'il soutiendraitune interdiction pour les entreprises d'utiliser les aides de l'Etat pour racheter leurs propres actions.

Malgré la montée en puissance de la réponse politique et monétaire, les investisseurs restent très prudents, et sont conscients que la priorité à court terme est de nature sanitaire. Tant que le rythme de propagation de l'épidémie de coronavirus ne ralentit pas, et qu'aucun traitement efficace n'a été mis au point, l'économie restera en berne.

Marchés obligataires toujours volatils

Les obligations d'Etat sont reparties de l'avant aux Etats-Unis, faisant rechuter les taux d'intérêt. Le rendement du T-Bond a 10 ans a reperdu jeudi 19 points de base, retombant à 1,00%. En Europe, les taux souverains se sont détendus après les annonces de la BCE, à l'exception du Bund à 10 ans allemand, dont le rendement est monté de 4 pdb à -0,20%, tout en restant proche de ses plus bas niveaux... Le rendement de l'OAT française à 10 ans (qui s'était tendu depuis lundi) est retombé de 12 pdb à 0,21% et celui du Gilt britannique a perdu 7 pdb à 0,72%.

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