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Marchés, inflation, puces, technos : état des lieux avec Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l'analyse de marchés chez eToro

Marchés, inflation, puces, technos : état des lieux avec Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l'analyse de marchés chez eToro
Marchés, inflation, puces, technos : état des lieux avec Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l'analyse de marchés chez eToro

(Boursier.com) — La question de l'inflation et des politiques monétaires occupe une place centrale dans les salles de marché depuis quelques mois. Certains observateurs s'inquiètent d'une hausse des prix incontrôlable alors que d'autres évoquent un simple phénomène temporaire lié à la crise sanitaire et à des facteurs techniques.

Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l'analyse de marchés chez eToro, se range du côté de Jerome Powell et Christine Lagarde, estimant que cette accélération des prix sera transitoire. Et ce même s'il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions car cela ne fait qu'environ 3 mois que l'inflation repart. La hausse des 'commodities' va-t-elle se poursuivre quand on voit par exemple le récent repli du pétrole après la réunion de l'OPEP ? Le marché des taux d'intérêt est en tous cas en train de 'pricer' ce scénario d'inflation temporaire.

Le coronavirus, principal danger pour les marchés

Pour le spécialiste, les marchés financiers sont sereins vis-à-vis de ces hausses de perspectives d'inflation. La correction est limitée et somme toute logique et saine en Europe compte tenu de la hausse observée au premier semestre (+17% pour le CAC40) alors que les indices américains alignent les records. La propagation du variant Delta du coronavirus est clairement la principale menace actuelle, car de nouveaux confinements ou restrictions affecteraient la croissance et les marchés. Mais globalement, il n'y a pas de grosses craintes à avoir à court terme.

La pénurie de semi-conducteurs fait parler

A la une de l'actualité également, la pénurie de semi-conducteurs qui fait rage depuis plusieurs mois et affecte diverses industries. Une situation que l'on peut expliquer par plusieurs facteurs. Les deux principaux étant que pendant les périodes de confinement, les fabricants de puces ont ralenti ou même arrêté totalement leur production pendant que la demande explosait avec le télétravail, le développement des loisirs à domiciles et l'essor des voitures électriques.

Un retour à la normale fin 2022 ?

Antoine Fraysse-Soulier rappelle que l'industrie automobile est très gourmande en puces, notamment avec le développement des systèmes d'aide à la conduite. L'équilibre offre/demande a ainsi été mis à mal et un phénomène de raréfaction des semis est apparu. Il est aujourd'hui assez difficile de prédire la fin de cette pénurie. D'autant qu'un enjeu géostratégique couve en arrière-plan. Aujourd'hui, l'Europe représente environ 9% de la production mondiale des semi-conducteurs. Thierry Breton, le commissaire européen au Marché intérieur, souhaiterait arriver à 30/40% d'ici une vingtaine d'années. Pour Antoine Fraysse-Soulier, ceci semble très hypothétique. En revanche, la prise de conscience est très importante, particulièrement au niveau des industriels. Un retour à la normale d'ici fin 2022 semble ainsi envisageable.

L'Asie domine

Malgré toutes les bonnes volontés, il sera toujours compliqué de faire face à la concurrence asiatique, les principaux producteurs étant localisés en Asie, dont le numéro un mondial, TSCM. La Chine investit massivement dans cette industrie et vise l'auto-suffisance d'ici 2025. Le marché des semis reste toutefois très fragmenté, des producteurs de puces aux fabricants de dispositifs en passant par les fabricants de plaquettes de silicum. Des acteurs auront ainsi d'importantes cartes à jouer.

Conflit commercial en toile de fond

L'arrivée de Joe Bidden au pouvoir a certes permis une reprise des relations entre Pékin et Washington, il n'en reste pas moins que la guerre commerciale entre les USA et la Chine est loin d'avoir disparue, particulièrement en ce qui concerne la haute technologie. Au nom de la sécurité intérieure, la Chine pourrait continuer à prendre des mesures drastiques sur des entreprises domestiques comme on l'a encore vu dernièrement avec le groupe de VTC Didi.

La tech est indispensable en portefeuille

Cela pourrait impacter les valeurs européennes, même s'il faut globalement rester positionné sur la tech. L'expert d'eToro note qu'on a observé une surperformance de l'Europe par rapport aux USA sur la majeure partie du premier semestre avant un rattrapage sur mai / juin, puis une surperformance à nouveau de la tech américaine. Cette tendance, historique, devrait se poursuivre. En matière d'investissement, le spécialiste affirme qu'il faut vraiment faire du 'stock picking' dans ce compartiment. On ne peut pas tout acheter compte tenu de valorisations extrêmes sur certaines actions. La présence de la tech au sein des portefeuilles reste toutefois clairement indispensable malgré ces niveaux de prix observés sur certaines valeurs.

Antoine Fraysse-Soulier évoque par exemple le cas Amazon qui vient de toucher un nouveau sommet après l'annulation du 'contrat du siècle' entre Microsoft et le Pentagone. S'il devrait désormais toucher une part du gâteau, le géant du web va sans doute également profiter de l'arrivée d'un nouveau dirigeant à sa tête alors que Jeff Bezos prend du recul. La firme a de beaux jours devant elle, et ce malgré la pression politique qui peut s'exercer sur les GAFA en raison de la taille atteinte par ces sociétés. Quoi qu'il arrive, la répression des autorités ne sera jamais aussi forte que celle observée en Chine, note le responsable. Docusign, spécialisé dans la signature électronique, pourrait également poursuivre son ascension boursière même si elle évolue au plus haut. Globalement, les sociétés liées à la transformation numérique devraient continuer à bien performer dans le temps.

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