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Marchés / bilan hebdo : le CAC 40 prudent sur les 5.500 pts

Marchés / bilan hebdo : le CAC 40 prudent sur les 5.500 pts
Marchés / bilan hebdo : le CAC 40 prudent sur les 5.500 pts
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les places financières mondiales ont donc temporisé cette semaine, prudentes avant la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping. L'indice phare parisien, le CAC 40, grappille finalement 0,2% sur cinq séances, grâce à un sursaut de 0,83% ce vendredi intervenant après quatre jours de consolidation. Le CAC termine la semaine à 5.539 pts.

Le sommet du G20 à Osaka débute ce vendredi. Les opérateurs n'attendent certes pas d'accord commercial imminent entre les USA et la Chine, mais une rencontre productive entre Trump et Xi marquant symboliquement la reprise des pourparlers suffirait à satisfaire les intervenants.

Sur le marché des changes, l'euro évolue à 1,1382$ en fin de semaine, alors que l'indice dollar, mesurant les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, demeure proche des 96. Du côté des matières premières, le baril de brut WTI consolide sur les 59$ sur le Nymex avant la réunion des pays membres de l'Opep puis de l'Opep+ prévue en début de semaine prochaine. Le baril de Brent de la mer du Nord se tasse pour sa part sur les 65$.

Donald Trump a insisté ce vendredi sur l'importance du commerce, "préoccupation majeure" du sommet du G20. Le dirigeant chinois Xi Jinping a prévenu pour sa part des risques que faisaient peser les mesures protectionnistes .Xi a souligné que de telles mesures 'ravageaient' l'ordre commercial au niveau mondial. Arbitre discret, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a lui affirmé son soutien au multilatéralisme et au commerce "libre et équitable".

"Nous allons avoir de très grandes choses à annoncer", a lancé Trump avant de rencontrer Shinzo Abe puis Narendra Modi, Premier ministre indien. En attendant son rendez-vous tant espéré avec Xi, le président américain a évoqué selon l'agence Reuters un accord commercial de "très grande ampleur" avec l'Inde...

La rencontre officielle entre Trump et Xi est programmée demain samedi à 11h30 heure locale (4h30 à Paris). Il s'agira de la première rencontre entre les deux présidents depuis novembre. Les discussions entre les deux superpuissances avaient précédemment échoué près du but. Les Etats-Unis avaient en effet accusé la Chine d'être revenue sur ses engagements. Trump avait alors décidé début mai de relever les droits de douane sur 200 milliards de dollars de marchandises chinoises importées.

A l'occasion de l'ouverture du sommet du G20, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker y est également allé de son petit mot, déplorant l'escalade du conflit commercial et son impact économique adverse. Selon lui, l'UE, les Etats-Unis, la Chine et le Japon travailleraient sur une réforme de l'Organisation mondiale du commerce...

Face aux rumeurs de trêve dans la guerre commerciale entre Washington et Pékin, Trump a démenti avoir promis de suspendre pour six mois la mise en oeuvre de nouvelles taxes sur 300 milliards de dollars de produits chinois supplémentaires. Le président américain espère tout de même que l'entretien avec Xi sera "productif".

Selon le Wall Street Journal hier jeudi, Xi pourrait présenter à Trump les termes et conditions d'un règlement potentiel du conflit commercial. Parmi les prérequis, Pékin insisterait sur la levée de l'interdiction des ventes de technologies américaines au géant télécom chinois Huawei Technologies. La Chine désirerait également que les USA lèvent l'ensemble des 'tarifs' douaniers punitifs et abandonnent leurs efforts visant à lui faire acheter encore plus de produits américains que cela n'avait été prévu en décembre.

En dépit de ses exigences préalables, M. Xi ne devrait pas selon le WSJ adopter le ton de la confrontation avec Trump. Le journal cite à ce sujet des responsables chinois. Au contraire, disent-ils, il esquissera son idée de la relation bilatérale optimale, qui inclut l'aide de la Chine sur des questions de sécurité qui dérangent les États-Unis, en particulier l'Iran et la Corée du Nord.

Pour leur part, les responsables américains ont déclaré qu'ils se présentaient à la réunion pour voir si leurs homologues chinois étaient disposés à reprendre les négociations là où ils les avaient rompu.

Les opérateurs ont par ailleurs tempéré quelque peu leurs ardeurs cette semaine au sujet de la politique monétaire, même si des assouplissements restent attendus cette année. Alors que les marchés financiers anticipent une baisse d'un quart à un demi-point du taux des 'fed funds' le 31 juillet prochain, les dirigeants de la Fed ne semblent pas si pressés d'agir... Même si la banque centrale a américaine a signalé la semaine dernière qu'elle se tenait prête à baisser ses taux si la conjoncture se dégradait, elle ne semble pas décidée à aller aussi loin que les marchés financiers l'espèrent, ni à céder aux pressions politiques de Donald Trump.

Le président de la Fed, Jerome Powell, a ainsi réaffirmé fermement cette semaine l'indépendance de la banque centrale américaine, systématiquement mise à mal par Donald Trump, qui réclame des baisses de taux directeurs et accuse la Fed de freiner l'économie américaine. Le président américain a encore taclé lundi la Fed, en estimant qu'elle ne "sait pas ce qu'elle fait" et se comporte comme un "enfant borné".

S'exprimant à New York à l'invitation du Conseil des affaires étrangères, un "think tank" non partisan, Jerome Powell a répondu mardi que dans la loi américaine, "la Fed est à l'abri des pressions politiques de court terme, ce que nous appelons couramment notre 'indépendance'".

Au sujet des taux directeurs, le patron de la Fed a estimé que si les arguments en faveur d'une politique un peu plus accommodante "se sont renforcés", la politique monétaire de la Fed "ne doit pas réagir de façon excessive à une statistique particulière ou à une variation à court terme du sentiment. Agir ainsi risquerait d'ajouter encore plus d'incertitude aux perspectives", a-t-il ajouté, donnant ainsi le sentiment que la Fed ne se presserait pas de baisser ses taux.

De son côté, l'outil FedWatch du CME Group, qui se base sur les contrats à terme sur les 'fed funds', montre toujours une probabilité de 100% de baisse des taux dès le 31 juillet. Les chances d'un recul d'un quart de point à 2-2,25% sont de 73,9% et celle d'un recul d'un demi-point à 1,75-2% de 26,1%.

Dopée par les espoirs monétaires et commerciaux, la cote américaine pourrait afficher son meilleur mois de juin depuis... 1938 ! Ainsi, l'indice historique Dow Jones se dirige vers le mois de juin le plus 'juteux' des 80 dernières années, alors que les opérateurs demeurent optimistes à la veille de la confrontation tant attendue entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping. consolidant ces derniers jours, l'indice historique n'en demeure pas moins en hausse de 7% ce mois. Le S&P500 prend plus de 8% depuis le début du mois, sa meilleure performance depuis 1955 d'après MarketWatch, citant Dow Jones Market Data.

Trump n'avait pas attendu la fin du mois pour revendiquer l'entière responsabilité de cette belle performance boursière. Il tweetait ainsi mardi : "Le Marché Boursier se dirige vers l'un des meilleurs mois (Juin) de l'histoire de notre Pays. Merci Monsieur le Président!" Le leader de la Maison blanche en remet une couche ce vendredi : "Le Marché Boursier a progressé massivement à partir du lendemain de ma victoire à l'Élection, jusqu'au jour de mon entrée en fonction, en raison de l'enthousiasme suscité par le fait que j'allais être Président. Cette importante hausse du Marché Boursier doit m'être attribuée. Si Hillary avait gagné - un Grand Krach!"

Les statistiques de la semaine ont quant à elles montré une image toujours contrastée. En mai 2019, les dépenses de consommation des ménages en biens en France ont augmenté de nouveau en volume de +0,4%, après +0,3%, rapporte ce jour L'Institut national de la statistique et des études économiques. Le consensus était de +0,2% sur la période close. En particulier, la consommation d'énergie est en légère hausse (+0,6%) et les achats de biens fabriqués rebondissent (+0,6% après -1,5%). En mai, la consommation d'énergie augmente légèrement (+0,6%), après un net rebond en avril (+3,3% après -1,9% en mars). En mai, la consommation en biens fabriqués rebondit un peu (+0,6% après -1,5%). Cette hausse est portée tant par les achats de biens durables que par la consommation en habillement-textile et en autres biens fabriqués. La consommation alimentaire est stable en mai.

Les prix à la consommation en France au mois de juin ont augmenté plus que prévu, selon les données préliminaires de l'Insee. Sur un an, les prix à la consommation accéléreraient en juin 2019 après un ralentissement le mois précédent (+1,2% après +0,9% en mai et +1,3 % en avril), selon l'estimation provisoire réalisée en fin de mois. Cette hausse de l'inflation résulterait d'une croissance plus vive des prix des services et de l'alimentation et d'un recul un peu moins marqué de ceux des produits manufacturés. Elle serait légèrement atténuée par un moindre dynamisme des prix de l'énergie.

Sur un mois, les prix à la consommation augmenteraient à peine plus qu'en mai (+0,2% après +0,1%), ce qui ressort tout de même supérieur au consensus qui tablait sur une stabilité. Les prix des services rebondiraient dans le sillage de ceux des transports et les prix des services de communication augmenteraient nettement. Les prix de l'alimentation ralentiraient. Ceux de l'énergie se replieraient dans un contexte de baisse des prix des produits pétroliers en partie compensée par une hausse des tarifs de l'électricité. Les prix des produits manufacturés et du tabac seraient stables...

D'après le rapport gouvernemental publié hier aux Etats-Unis, le PIB du premier trimestre 2019 a progressé sur un rythme de 3,1%, en ligne avec le consensus de place et l'évaluation antérieure. Il s'agit de la lecture finale du PIB trimestriel américain. Les dépenses réelles de consommation, quant à elles, ont augmenté sur un rythme de 0,9%, contre +1,3% de consensus et +1,3% également pour l'estimation antérieure. Enfin, l'indice de prix rattaché au PIB s'est amélioré de 0,9%, contre +0,8% de consensus. L'indice de prix ajusté a grimpé sur un rythme de 1,3%, contre +1,1% de consensus.

Les valeurs

Altran (+22% sur la semaine). Capgemini a annoncé le lancement d'une OPA amicale sur Altran Technologies. Une opération de 5 milliards d'euros, dette comprise, qui doit déboucher sur la création d'un groupe pesant 17 milliards d'euros de chiffre d'affaires et employant plus de 250.000 personnes. Les synergies de coûts et de modèles opérationnels sont estimées entre 70 et 100 millions d'euros avant impôts en année pleine d'ici trois ans et les synergies commerciales devraient générer un chiffre d'affaires annuel additionnel compris entre 200 et 350 ME. Capgemini a également fortement profité de ces annonces (+6% sur cinq jours).

Trigano (+11% sur cinq jours), Air France-KLM (+9% sur la semaine) et Maisons du Monde (+9%) comptent également parmi les plus fortes progressions hebdomadaires du SBF 120.

Valeo (+8% sur la semaine) s'est redressé, bénéficiant surtout en bourse des espoirs d'apaisement sur le front commercial. Le Conseil d'administration a décidé à l'unanimité de coopter Bpifrance Participations en tant qu'administrateur, en remplacement de Noëlle Lenoir qui a démissionné de ses fonctions le 14 juin, pour la durée du mandat restant à courir de cette dernière - jusqu'à l'issue de l'AG appelée à statuer sur les comptes de l'exercice clos fin décembre 2021. Cette cooptation de Bpifrance s'inscrit dans la continuité de son retour annoncé le 29 avril 2019 en tant qu'actionnaire institutionnel de long terme.

Eramet (+7% sur cinq jours) a fait part d'avancées sur deux projets de développement : l'extension de production de minerai de manganèse à Moanda au Gabon et la valorisation de lithium en Argentine. Les deux dossier ont chacun franchi avec succès le 'jalon interne de validation projet' (IPV) dans le calendrier prévu.

Sopra Steria (+7%) et Alten (+5% sur cinq jours) ont bénéficié de "l'effet Altran" par association sectorielle.

Sur le CAC 40, les plus fortes progressions de la semaine reviennent à Capgemini (+6%), STMicroelectronics (+4% dans le sillage notamment du rebond de Micron Technology) et AccorHotels (+4%). Safran cédait à l'inverse 3% et L'Oréal 2%. Sanofi ou Vivendi abandonnaient également 2% environ sur la semaine.

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