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Marchés / bilan hebdo : le CAC 40 grimpe sur les 5.600 pts, dopé par le commerce

Marchés / bilan hebdo : le CAC 40 grimpe sur les 5.600 pts, dopé par le commerce
Marchés / bilan hebdo : le CAC 40 grimpe sur les 5.600 pts, dopé par le commerce
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les places boursières mondiales ont profité cette semaine des espoirs sur le commerce, ainsi que de la relative accalmie sur le front politique, avec des motifs de satisfaction en Italie ou à Hong Kong, et un moindre risque de Brexit dur. Le CAC 40 s'est accordé plus de 2,2% sur l'ensemble de la semaine, de retour sur les 5.600 pts. L'indice vedette de la place parisienne clôture ce vendredi à 5.604 pts (+0,19%).

Sur le marché des changes, l'euro termine la semaine à 1,105$ environ, alors que l'indice dollar se stabilise à 98,3. Très volatile cette semaine, la livre sterling s'est reprise suite aux revers essuyés par le premier ministre Boris Johnson. Elle se traite ce soir à 1,231$. Les prix du pétrole sont restés quant à eux très agités cette semaine, tentant de 'pricer' les perspectives économiques. Sur le Nymex, le baril de brut WTI évolue ce soir sous les 56$, alors que le Brent de la mer du Nord corrige à 60,6$.

Les marchés ont donc grimpé sur fond d'amélioration de l'environnement international, à Hong Kong (où la loi d'extradition vers la Chine a été retirée), au Royaume-Uni (où le risque de Brexit dur s'éloigne) et en Italie, où le nouveau gouvernement de Giuseppe Conte, plus pro-européen que le précédent, a été intronisé jeudi. Le principal catalyseur de la semaine demeurait quoi qu'il en soit le commerce, les opérateurs se réjouissant de la reprise des discussions entre les États-Unis et la Chine.

USA et Chine vont donc se rasseoir à la table des négociations début octobre, ce qui laisse encore l'espoir d'un compromis entre les deux superpuissances, qui se livrent depuis un an et demi à un combat sans merci par prélèvements douaniers interposés. Donald Trump a par ailleurs estimé que sans cette guerre commerciale ravageuse avec la Chine, le Dow Jones serait situé 10.000 points au-dessus de son niveau actuel. D'ordinaire, lorsqu'il commente le niveau des indices, Trump s'en prend plutôt à la Fed et à son patron Jerome Powell. L'autre coupable désigné est donc la Chine. S'exprimant devant la presse à la Maison blanche, Trump a assumé le fait d'avoir lui-même déclenché les hostilités avec Pékin, expliquant que "quelqu'un devait le faire" (confronter la Chine), car (la situation) était hors de contrôle. Ils étaient hors de contrôle". "Nous verrons ce qui se passera, s'ils veulent faire un deal, ils le feront, et s'ils ne veulent pas d'un deal, ça ma va très bien" a résumé le leader américain.

Etats-Unis et Chine avaient mis en application leurs menaces le week-end dernier en implémentant de nouveaux droits de douane sur leurs importations réciproques. Pékin a mis en place ses taxes sur environ 75 milliards de dollars d'importations américaines, de 5% ou 10% selon les produits. Le pétrole brut américain compte parmi les produits ici taxés. Ces tarifs douaniers portent sur plus de 1.700 produits 'made in USA', sur un total d'environ 5.000 visés. Le reste des produits sera surtaxé le 15 décembre, comme la Chine l'avait déjà annoncé. Les Etats-Unis infligent quant à eux désormais 15% de droits à plus de 125 milliards de dollars de produits venus de Chine. Parmi ces produits, on retrouve notamment les montres connectées, ainsi que certains vêtements.

La Chine a d'ailleurs porté plainte contre les Etats-Unis devant l'OMC (Organisation mondiale du commerce) au sujet de ces tarifs douaniers jugés indus sur les importations. Le ministère chinois du Commerce a confirmé la plainte hier lundi. Pékin rappelle que les droits de douane américains frappent 300 milliards de dollars d'exportations chinoises. Washington, pour sa part, met en avant le fait que la Chine se rendrait coupable de vol de propriété intellectuelle...

Deux échéances majeures se rapprochent désormais pour les amateurs de politique monétaire ultra-accommodante. Les réunions de la BCE et de la Fed seront comme souvent déterminantes les 12 et 18 septembre (17 et 18 en fait pour la Federal Reserve). Rappelons que l'hypothèse d'une baisse de 20 points de base des taux de la Banque centrale européenne est désormais envisagée comme la plus probable, ce qui traduirait un bel assouplissement. Il semblerait par ailleurs que les responsables de la Banque centrale européenne optent pour un package assez complet de mesures de soutien comprenant baisse des taux, détermination plus claire à maintenir des taux bas sur la durée, et compensation des effets des taux négatifs sur les banques. C'est du moins ce qu'indiquait cette semaine l'agence Reuters, citant ses sources bien informées.

Mieux encore, de nombreuses personnes au sein de l'institut d'émission seraient favorables à une reprise des rachats d'actifs. L'opposition de certains pays d'Europe du Nord constituerait toutefois un frein sur ce dernier point. Les rachats pourraient donc ne pas se concrétiser dans l'immédiat.

Concernant la Fed cette fois, l'outil FedWatch du CME Group donne une probabilité de 91,2% d'une baisse des taux d'un quart de point sur les fed funds, la fourchette devant ainsi être ramenée entre 1,75 et 2% (contre 2-2,25% actuellement). La probabilité d'une baisse d'un demi-point, encore envisagée il y a quelques jours, est désormais nulle selon FedWatch. Elle a disparu des radars suite aux dernières nouvelles un peu plus engageantes concernant la reprise des négociations commerciales sino-américaines - reprise prévue début octobre à Washington. La probabilité d'un statu quo est quant à elle réapparue et se situe à 8,8%. Rappelons que Trump maintient toujours la pression sur la Fed afin qu'elle se montre encore plus souple, et baisse ses taux d'un point entier tout en reprenant les assouplissements quantitatifs...

La Banque populaire de Chine (BPC) vient pour sa part d'annoncer ce jour une nouvelle réduction du taux de réserves obligatoires des banques, troisième baisse depuis le début de l'année. Elle permettrait de dégager 900 milliards de yuans, un peu plus de 126 milliards de dollars, afin de soutenir l'économie chinoise. Cette décision prendra effet dès le 16 septembre. La baisse représentera 50 points de base pour la plupart des banques et atteindra même 100 points en deux étapes (le 15 octobre et le 15 novembre) pour certains établissements. La BPC a minoré le taux de ces réserves obligatoires (liquidités que les banques doivent obligatoirement garder en réserve) par sept fois en un peu moins de deux ans.

D'après le Département américain au travail ce vendredi, les créations de postes non-agricoles du mois d'août 2019 aux Etats-Unis sont ressorties au nombre de 130.000, contre un consensus de place logé à 163.000 et un niveau de 159.000 pour le mois antérieur. Le taux de chômage est quant à lui ressorti à 3,7%, en ligne avec le consensus de place et le niveau du mois antérieur. Les créations de postes du mois de juillet, initialement estimées à 164.000, ont donc été revues à 159.000. Les créations de postes dans le privé au mois d'août sont ressorties très décevantes à 96.000, contre 150.000 de consensus et 131.000 un mois auparavant. Ces chiffres sont en contradiction avec ceux, solides, du rapport d'ADP publié hier sur la question. Le taux de participation à la force de travail s'est établi à 63,2% au mois d'août 2019, contre 62,9% de consensus. Le salaire horaire moyen a grimpé de 3,2% en glissement annuel, contre +3,1% de consensus.

En Europe, les derniers chiffres sont également plus que mitigés. La croissance du PIB de la zone euro a été confirmée à 0,2% pour le deuxième trimestre, contre 0,4% sur les trois premiers mois de l'année et +0,2% de consensus. Sur un an, la croissance du deuxième trimestre a été révisée à 1,2% contre une précédent estimation de 1,1%. Le commerce a ralenti au deuxième trimestre, aussi bien les importations que les exportations... La production industrielle allemande a baissé quant à elle en juillet, contrairement aux attentes, un signe supplémentaire de la faiblesse de l'activité manufacturière, qui pourrait faire basculer la première économie d'Europe dans la récession. La production industrielle est en repli de 0,6% sur un mois, selon les données de l'Office fédéral de la statistique publiées vendredi. La baisse s'explique surtout par celle de la production de biens d'équipement. Les données de juin ont été révisées pour afficher un recul de 1,1% au lieu d'un repli de 1,5% annoncé initialement.

Sur le front du Brexit, le Parti travailliste et d'autres formations d'opposition ne voteront pas en début de semaine prochaine la motion que Boris Johnson veut soumettre à la Chambre des communes pour la tenue d'élections anticipées le 15 octobre. Les partis d'opposition craignent en effet que des élections anticipées ne permettent au premier ministre britannique de parvenir à faire sortir le Royaume-Uni de l'UE sans accord. Ils désirent donc que leur proposition visant à empêcher un Brexit dur le 31 octobre soit d'abord adoptée.

Les valeurs

CGG s'est enflammé de 18% sur la semaine. Le groupe a annoncé que le chiffre d'affaires des activités au troisième trimestre 2019 devrait dépasser 350 M$, en raison de fortes ventes multi-clients de l'ordre de 160 M$ et d'une demande soutenue en Géoscience et Équipement. Le groupe a revu à la hausse ses objectifs financiers pour 2019. Ainsi, le chiffre d'affaires des activités devrait augmenter de plus de 10% d'une année sur l'autre. La marge d'EBITDAs est prévue autour de 50% et le résultat d'exploitation 2019 est attendu de l'ordre 200 M$. CGG prévoit un cash-flow net positif sur l'année 2019, soit la première génération de cash annuelle positive depuis 2012.

Valeo a pris 16% sur cinq séances. JPMorgan Chase & Co estime que le secteur des équipementiers automobiles est prêt pour un rallye de fin d'année maintenant que les entreprises ont entamé des projets de réduction des coûts, ont réduit leur production et se sont engagées dans de nouvelles technologies. Sur Valeo, le courtier réitère son conseil 'surpondérer' alors qu'une récente réunion avec la direction a révélé de "forts catalyseurs". L'objectif est maintenu à 38 euros. Faurecia, également conseillé à 'surpondérer' (objectif de 83 euros), devient un fournisseur "pertinent" de systèmes d'aide à la conduite avancés grâce à l'acquisition de Clarion, et s'apprête à lancer une nouvelle offensive produits.

Faurecia a grimpé de 12% sur la semaine. Plastic Omnium prend 8% sur cinq jours avec le secteur.

Eramet s'est accordé 11% sur cinq séances, Trigano 9% et DBV Technologies 11%.

Peugeot s'est apprécié de 9% sur la semaine. PSA et son partenaire chinois Dongfeng Group vont restructurer les activités de leur coentreprise afin de réduire ses coûts et de muscler ses ventes annuelles à 400.000 véhicules en 2025, a annoncé le constructeur français. Dongfeng Peugeot Citroën Automobiles (DPCA) veut abaisser son seuil de rentabilité sous les 180.000 véhicules dès cette année, puis sous 150.000 d'ici 2021. Elle va ainsi consolider ses ressources manufacturières, se débarrasser de ses actifs non utilisés, améliorer son efficacité et lancer davantage de modèles en Chine... L'objectif est de relancer les ventes pour atteindre environ 250.000 unités d'ici 2021 et 400.000 unités en 2025.

Safran (+8% sur la semaine). Le marché a salué les semestriels solides du groupe, dont le bénéfice opérationnel courant a bondi de près de 36% à 1,88 milliard d'euros en données réelles, et de 34,6% sur une base comparable, pour un chiffre d'affaires de 12,1 MdsE (+27,3% en publiée et +14,2% en organique). Les trois branches d'activité ont vu leur marge opérationnelle progresser sur les six premiers mois de 2019. La guidance est par ailleurs relevée.

STMicroelectronics (+8% sur la semaine). Le titre réagit comme toujours très vigoureusement à l'actualité relative à la guerre commerciale. La détente observée cette semaine a donc dopé les cours.

Casino (+7% sur cinq jours). Casino Guichard-Perrachon et Vesa Equity Investment ont annoncé que Vesa détenait 5.020.139 actions Casino, soit 4,63% du capital du distributeur. Vesa Equity Investment S.à.r.l. est un véhicule d'investissement détenu par Daniel Kretinsky, actionnaire de contrôle (53%) et Patrik Tkac (47%). Daniel Kretinsky et Patrik Tkac sont décrits comme des investisseurs de long terme, y compris dans le secteur de la distribution en Europe, avec une participation de 17,52% dans le groupe Metro AG et des options pour accroitre cette dernière jusqu'à 29,9% ou jusqu'à 32,71%, ainsi qu'une participation de 40% dans Mall Group, un acteur majeur d'e-commerce en Europe centrale et orientale dont le chiffre d'affaires dépasse 630 ME.

Soitec (+8% sur la semaine). Le groupe a annoncé la nomination prochaine de Sébastien Rouge en qualité de directeur financier. Il remplace dans ses fonctions Rémy Pierre, qui quitte l'entreprise. Sébastien Rouge sera rattaché au directeur général, Paul Boudre.

Dassault Aviation (+6% sur cinq jours) a profité de comptes solides pour le 1er semestre 2019. Les prises de commandes du 1er semestre sont ressorties à 2,9 milliards d'euros, contre 2,81 milliards au 1er semestre 2018. Le chiffre d'affaires consolidé ajusté a atteint 3,06 milliards d'euros contre 1,71 MdE au S1 2018. Le résultat opérationnel ajusté du 1er semestre 2019 a plus que doublé à 250 millions d'euros. La marge opérationnelle s'établit à 8,2% contre 6,5% au 1er semestre 2018. Le résultat net ajusté du 1er semestre 2019 est ressorti à 286 millions d'euros contre 186 millions d'euros au 1er semestre 2018.

Renault (+6% sur la semaine). Bloomberg a évoqué cette semaine des progrès dans les discussions entre le Japon et la France en vue de renforcer le partenariat avec Nissan. Un accord entre la firme nippone et son partenaire français pourrait éventuellement permettre de relancer les discussions relatives à une fusion entre Renault et Fiat Chrysler Automobiles.

Les valeurs du luxe se sont très bien comportées cette semaine avec l'accalmie relative à Hong Kong. Hermès et LVMH sont remontées de 6% et 5%, respectivement, sur cinq jours.

Sanofi a progressé de 4% sur cinq séances. Bernstein a initié sa recommandation à 'surperformance' avec un objectif de cours de 95 euros. Deutsche Bank a pour sa part confirmé cette semaine son opinion d'achat sur le laboratoire français, sur lequel il vise toujours un cours de 92 euros.

Iliad, grande victime de la semaine, abandonne 15% sur cinq jours avec sa publication semestrielle. L'opérateur télécom a vu son chiffre d'affaires progresser mais il a enregistré de nouvelles pertes d'abonnés en France et le développement en Italie pèse sur ses comptes. Iliad, qui est en passe de céder une partie de ses tours mobiles en France et en Italie à l'espagnol Cellnex, a par ailleurs annoncé un accord avec le fonds français d'infrastructures InfraVia en vue de lui céder une part majoritaire dans son réseau de fibre optique en dehors des zones denses.

bioMérieux (-5% sur la semaine) a corrigé assez significativement malgré une guidance confirmée de croissance organique, comprise entre 7,% et 8,5%. Le groupe table sur un ROC contributif allant de 385 à 400 ME. Sur l'ensemble du premier semestre, la croissance organique ressort à 5,5%. La progression du résultat opérationnel courant contributif atteint 198 millions d'euros, soit 15,5% du chiffre d'affaires, en ligne avec les objectifs annuels. Ipsen trébuche par ailleurs de 8% sur cinq jours.

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