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Marchés / bilan hebdo : le CAC 40 échoue sur les 5.400 pts

Marchés / bilan hebdo : le CAC 40 échoue sur les 5.400 pts
Marchés / bilan hebdo : le CAC 40 échoue sur les 5.400 pts
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les tensions commerciales ont pesé sur les places mondiales cette semaine, qui ont consolidé malgré les espoirs monétaires. L'indice phare parisien, le CAC 40, n'a pas été en mesure de préserver les 5.400 pts franchis en clôture mardi soir. Il grappille péniblement 0,1% sur l'ensemble de la semaine et termine ce vendredi à 5.367 pts (-0,15%)...

Sur le marché des changes, l'euro évolue à 1,122$ environ ce vendredi (-0,5%). L'indice dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, pointe à 97,4 (+0,4%).

L'impact de la guerre commerciale se fait désormais plus clairement ressentir, avec notamment un avertissement de Broadcom pesant sur les valeurs dites technologiques en cette fin de semaine. Les derniers indicateurs chinois ont confirmé l'impact de l'affrontement commercial durant depuis plusieurs mois avec les Etats-Unis. Ainsi, la progression de la production industrielle chinoise est ressortie au plus bas de 17 ans au mois de mai. Cette production industrielle a augmenté de 5% annuellement en mai, si l'on en croit le Bureau national de la statistique ce jour. Le consensus mesuré par Reuters était de +5,5%... Dans le même temps, Walmart, Target et des centaines d'autres firmes ont demandé à Donald Trump d'arrêter cette guerre commerciale et de trouver un accord avec la Chine. Ainsi, Plusieurs centaines d'entreprises et d'associations ont signé une lettre au président américain signifiant leur inquiétude et lui demandant de mettre un terme à l'escalade des 'tarifs' douaniers...

Broadcom a prévenu d'un important ralentissement de la demande, du fait des tensions commerciales actuelles et de l'interdiction US frappant le géant chinois des équipements télécoms Huawei Technologies. De ce fait, Broadcom, victime de la demande 'semi' défaillante, vient d'amputer de 2 milliards de dollars sa guidance de revenus pour l'exercice 2019 fournie il y a seulement trois mois...

Les cours du pétrole remontent depuis hier, après être tombés la veille sur un plancher de près de cinq mois, à la suite de l'annonce d'une hausse surprise des réserves américaines de brut la semaine passée. Jeudi, l'annonce de deux incidents ayant endommagé des pétroliers dans le golfe d'Oman a relancé les craintes d'un conflit entre l'Iran et ses voisins sunnites, soutenus par les Etats-Unis. Jeudi soir, le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI a fini en hausse de 2,2% sur le Nymex après un gain de 4,5% en séance. Il prend 1,1% actuellement ce vendredi à 52,8$. Malgré ce rebond, les cours du WTI flirtent toujours avec un marché baissier, caractérisé par une chute supérieure à 20% par rapport à ses sommets annuels d'avril dernier à plus de 66$.

Les investisseurs demeurent assez prudents, en attendant d'en savoir plus sur l'hypothétique rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping fin juin au sommet du G20 d'Osaka. Le président américain a menacé d'imposer des taxes supplémentaires à la Chine si son homologue chinois se dérobe à ce rendez-vous... Pour les marchés, l'enjeu d'un accord avec la Chine est bien plus élevé qu'avec le Mexique, avec lequel un compromis a été trouvé ce week-end. Par ailleurs, les critiques répétées de Trump contre la Fed compliquent la tâche de la banque centrale, qui doit se réunir la semaine prochaine pour statuer sur ses taux directeurs. Cette semaine, le président américain a défendu une fois encore l'usage et l'intérêt des droits de douane. La Chine a menacé également de représailles en cas de nouvelles sanctions 'tarifaires', ce qui montre que l'heure n'est pas encore à l'apaisement entre les deux superpuissances.

L'issue de la réunion de la Fed des 18 et 19 juin devient un peu plus incertaine, dans un contexte économique plus difficile. Selon l'outil Fedwatch, la probabilité d'un statu quo à cette occasion ressort à 77,5%, contre 22,5% de chances d'une baisse d'un quart de point des taux, actuellement logés entre 2,25 et 2,50% sur les fonds fédéraux. Par ailleurs, les marchés espèrent désormais très clairement un assouplissement monétaire d'un quart de point pour la réunion du 31 juillet...

La Chine devrait poursuivre pour sa part ses mesures de relance. Ainsi, le vice-Premier ministre chinois Liu He a demandé cette semaine aux régulateurs de renforcer leur soutien à l'économie en fournissant les liquidités suffisantes dans un contexte de guerre commerciale. Liu souligne que Pékin dispose de nombreux outils pour accompagner la relance. De son côté, le ministère au Commerce chinois n'en démord pas et souligne que la Chine ne cèdera pas aux pressions des Etats-Unis.

Du côté des indices, le groupe d'électronique et de défense Thales (+3% environ sur la semaine), qui a finalisé en avril l'acquisition de Gemalto, va faire son entrée dans le CAC 40, en lieu et place de l'équipementier automobile Valeo (stable sur la semaine), a annoncé jeudi soir Euronext dans un communiqué. L'indice, qui comptait en fait 41 valeurs ces derniers temps, va en outre redescendre à 40 avec la sortie de Worldline après sa scission d'avec Atos, a précisé Euronext dans un communiqué. Ces changements entreront en vigueur le lundi 24 juin. Par ailleurs, à cette occasion, le groupe Coface rejoindra également l'indice SBF 120.

La dernière modification de l'indice avait eu lieu en septembre dernier, avec l'entrée d'Hermès International au sein de l'indice phare de Paris à la place du géant suisse des matériaux de construction LafargeHolcim. Le Conseil scientifique des indices d'Euronext se réunit tous les trimestres et prend en compte deux critères majeurs, la taille du capital flottant (capital négociable en Bourse) et le nombre d'échanges enregistrés sur les titres. L'entrée de Thales dans le CAC 40 reflète la forte progression de sa capitalisation boursière... Getlink entrera pour sa part dans le CAC Next 20...

Les valeurs

Imerys (+12% sur la semaine) a fortement progressé avec la présentation de son plan stratégique 2019-2022 lors d'une journée investisseurs. Le groupe vise une croissance organique d'environ 2% par an dans des conditions de marché normales d'ici 2022 et une hausse de 200 points de base de sa marge d'Ebitda courante en 2022 par rapport à 2018. A cet horizon, la société table également sur des économies de coûts de 100 millions d'euros. Enfin, Imerys anticipe une croissance du dividende en ligne avec celle du résultat courant net par action, avec un taux de distribution flexible.

Soitec (+10% sur cinq séances). Les investisseurs ont salué les solides résultats annuels de Soitec et ses objectifs de moyen terme. Le marché met ainsi de côté les prévisions quelque peu décevantes pour l'exercice en cours, le spécialiste des semi-conducteurs ayant indiqué s'attendre à une contraction de sa marge, pénalisé par un mix produit moins favorable, la hausse des matières premières et d'investissements plus élevés. À moyen terme, Soitec se fixe pour objectif d'atteindre un chiffre d'affaires de l'ordre de 900 millions d'euros pour l'exercice 2021-2022 avec une marge d'EBITDA de l'ordre de 31% (sur la base d'un taux de change euro / dollar de 1,13). La direction a par ailleurs indiqué ne pas exclure des opérations de croissance externe, ni de construire une nouvelle usine.

TF1 (+8% sur la semaine). Le carton des Bleues pour l'ouverture de la Coupe du monde de football 2019 est de très bon augure pour TF1. La ballade de l'équipe de France féminine face à la Corée du Sud a rassemblé près de 10 millions de téléspectateurs sur la première chaîne, soit nettement plus que ne l'espéraient les plus optimistes à Boulogne. Il s'agit d'ailleurs d'un record historique pour un match de football féminin... Une performance qui pourrait permettre à TF1 de renégocier ses tarifs publicitaires.

CGG (+6% sur cinq jours) a profité d'une actualité commerciale porteuse. Le groupe a annoncé notamment cette semaine l'attribution par Equinor à Subsurface Imaging, une activité de sa division Geoscience, d'un contrat pluriannuel pour le traitement des données sismiques de suivi permanent du réservoir Johan Sverdrup en Mer du Nord...

Michelin (+6% sur la semaine). Le pneumaticien était notamment soutenu par une note de Morgan Stanley, qui a réitéré son conseil 'surpondérer' assorti d'un objectif de 125 euros. Michelin organisait une journée investisseurs à Londres. L'occasion pour le groupe clermontois de réitérer ses prévisions 2019, à savoir la génération d'un cash-flow libre structurel supérieure à 1,45 milliard d'euros et une croissance des volumes en ligne avec celle du marché. Michelin indique par ailleurs être sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs 2020.

Renault (+4% sur cinq jours). Après l'échec de la fusion avec Fiat Chrysler Automobiles, l'Assemblée générale des actionnaires a vu ces derniers conforter Jean-Dominique Senard dans son poste de président de Renault. J-D Senard a rencontré le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, qui a expliqué que le rapprochement avec Fiat-Chrysler "lui a toujours paru une opportunité intéressante (...) ça reste une opportunité intéressante. Mais j'ai toujours été clair : à condition que ce soit dans le cadre de la stratégie de renforcement de l'alliance, ce qui suppose que le partenaire japonais soit associé et ce qui suppose qu'au bout du compte il soit d'accord... Nous n'avons jamais opposé, nous, Etat, de veto à cette opération", a précisé M. Le Maire.

Ces derniers jours, des rumeurs d'un départ de M. Senard avaient circulé... Dès lundi, Bruno Le Maire a pourtant réaffirmé la confiance du gouvernement français dans le rôle de Jean-Dominique Senard, lors d'un déplacement à Tokyo. Le dirigeant a affirmé lors de l'AG que chaque partenaire devait y mettre du sien dans les négociations sur la manière de renforcer ce partenariat qui fête cette année ses 20 ans, et que si la confiance entre Renault et Nissan s'était "effritée", rien n'était irréparable. Avant de chercher à convaincre le constructeur américano-italien de revenir à la table des négociations, les deux grands partenaires de l'alliance vont donc devoir trouver un terrain d'entente.

Genfit (-12% sur la semaine) ne s'est pas remis de sa chute de mardi en bourse. Les investisseurs ont un peu perdu leur sang-froid suite aux résultats jugés décevants de phase 2b du seladelpar, traitement du rival américain CymaBay Therapeutics dans la NASH. CymaBay, groupe biotechnologique californien, a perdu pratiquement la moitié de sa valeur à Wall Street suite à ces annonces. Les résultats topline à 12 semaines de son étude de phase 2b dans la stéatose hépatique non alcoolique (NASH) sur le PPAR delta seladelpar n'ont visiblement pas été du goût des opérateurs, qui sanctionnaient certains comparables sans grand discernement.

Ubisoft (-7% sur la semaine) n'a pas bénéficié de l'annonce du lancement de son service Uplay+, une offre innovante sur abonnement qui fournira l'accès à une centaine des jeux du groupe pour 14,99 euros par mois. Ce service, qui donnera accès à des nouveautés (les nouvelles sorties seront présentées trois jours à l'avance), devrait être proposé dès septembre sur PC. Ubisoft ne fournit pas pour l'heure de prévisions concernant ce service, mais juge qu'il lui permettra de faire progresser ses revenus par jeu et d'élargir sa clientèle.

Dans le même temps, les déclarations de cessions de la direction entretiennent le doute sur le dossier. Guillemot Brothers Ltd Limited poursuit ainsi ses cessions de titres Ubisoft. Une nouvelle déclaration relayée par l'AMF fait ressortir une cession de 25.000 titres intervenue le 10 juin à un prix de 73,245 euros. Quatre déclarations antérieures à l'Autorité des marchés financiers publiées le 10 juin faisaient déjà état de cessions de titres Ubisoft par le management. Une notification portait sur la vente de 20.000 titres Ubisoft survenue le 4 juin par Guillemot Brothers Ltd, personne morale liée à Christian Guillemot, directeur général délégué, à un prix unitaire de 71,0519 euros. Une seconde déclaration concernait la vente de 14.367 titres le 5 juin à un prix unitaire de 71,251 euros. Une troisième déclaration du même auteur portait sur la vente, le 6 juin, de 55.000 autres titres à un prix de 70,7969 euros. La quatrième déclaration portait sur une vente de 55.633 titres le 7 juin sur un cours de 72,7015 euros.

EDF (-7% sur cinq jours), via sa filiale EDF Pulse Croissance, s'est porté acquéreur de 100% du capital de la société allemande energy2market (e2m). Créée en 2009, e2m est un agrégateur de production renouvelable et de flexibilités locales et figure parmi les premiers acteurs du marché en Allemagne... En outre, le consortium mené par EDF a remporté le projet éolien en mer de Dunkerque, se félicite le groupe. Au terme d'un appel d'offres lancé par les pouvoirs publics, le Ministère de la Transition écologique et solidaire a choisi le consortium conduit par le Groupe EDF, via sa filiale EDF Renouvelables, en partenariat avec les sociétés Innogy et Enbridge, pour assurer la conception, la construction et l'exploitation-maintenance du futur parc éolien en mer de Dunkerque.

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