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Le monde n'investit pas assez dans l'énergie pour échapper à un changement climatique catastrophique (AIE)

Le monde n'investit pas assez dans l'énergie pour échapper à un changement climatique catastrophique (AIE)
Le monde n'investit pas assez dans l'énergie pour échapper à un changement climatique catastrophique (AIE)

(Boursier.com) — L 'Agence internationale de l'énergie met en garde contre le fait que le monde n'investit pas dans l'énergie à l'échelle nécessaire pour échapper à un changement climatique catastrophique et éviter de fortes augmentations des prix des combustibles fossiles. "Il y a un risque imminent de plus de turbulences pour les marchés mondiaux de l'énergie", affirme Fatih Birol, le directeur exécutif de l'AIE. "Nous n'investissons pas suffisamment pour répondre aux besoins énergétiques futurs".

Cet avertissement sévère intervient alors que l'économie mondiale traverse la crise énergétique la plus grave depuis au moins dix ans, avec des pannes d'électricité qui frappent la Chine et l'Inde, et des prix du gaz qui atteignent des niveaux records en Europe et en Asie. Par le passé, l'agence - qui conseille des pays industrialisés comme les États-Unis, l'Allemagne et le Japon - a concentré ses mises en garde sur le manque de dépenses dans les énergies vertes. Mais dans ce rapport sur les perspectives énergétiques mondiales publié à quelques jours de la COP26 à Glasgow, elle souligne également que les investissements actuels ne sont pas suffisants si la planète continue à dépendre aussi fortement des combustibles fossiles qu'aujourd'hui.

"Ces dernières années, les investissements dans l'offre de pétrole et de gaz ont souvent semblé être orientés vers un monde où la demande stagne, voire diminue, alors que les achats de véhicules à moteur à combustion interne et l'expansion des infrastructures de gaz naturel pointent dans l'autre sens : vers une consommation de pétrole et de gaz toujours plus importante". La pandémie, qui a conduit à une baisse quasi record des nouveaux investissements pétroliers et gaziers en 2020, a intensifié cette tendance, selon l'AIE. "Si la demande se maintient à des niveaux plus élevés, cela se traduirait par une offre restreinte dans les années à venir, ce qui augmenterait les risques de prix plus élevés et plus volatils".

Concernant les énergies vertes, Fatih Birol affirme que les signes encourageants dans ce domaine se heurtent "à l'obstination des combustibles fossiles", ajoutant que "les gouvernements doivent résoudre ce problème lors de la COP26 en donnant un signal clair et sans équivoque qu'ils s'engagent à développer rapidement les technologies propres et résilientes de l'avenir".

Dans son rapport, l'AIE présente aux dirigeants mondiaux trois scénarios sur la manière dont la carte énergétique mondiale pourrait évoluer au cours des 30 prochaines années. Un seul d'entre eux, intitulé "émissions nettes nulles d'ici à 2050", permettra de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 oC. Ce scénario prévoit une baisse spectaculaire de la demande de combustibles fossiles et exige l'arrêt de l'exploitation de nouveaux gisements de pétrole et de gaz, bien que l'AIE ait admis que des investissements seront nécessaires pour maintenir la production dans certains gisements actuels. Les deux autres scénarios, qui suivent les politiques climatiques et énergétiques actuellement mises en oeuvre ainsi que les engagements pris, prévoient une plus grande dépendance à l'égard des combustibles fossiles et une augmentation de la température mondiale de 2,1 et 2,6 degrés Celsius, respectivement.

L'avenir de la planète se joue sans doute en fin de mois à Glasgow.

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