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Le CAC 40 perd plus de 3% sur la semaine, fin d'année boursière calamiteuse

Le CAC 40 perd plus de 3% sur la semaine, fin d'année boursière calamiteuse
Le CAC 40 perd plus de 3% sur la semaine, fin d'année boursière calamiteuse
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La semaine boursière s'est révélée particulièrement rude sur les places mondiales, avec les craintes de ralentissement économique global ou celles relatives au durcissement monétaire poursuivi par la Fed. Le CAC 40 n'a pas résisté à ce climat anxiogène, abandonnant plus de 3% cette semaine pour revenir sous les 4.700 points - au plus bas de deux ans. Le CAC parvient in extremis à clôturer dans le vert ce vendredi à 4.694 pts (+0,04%), mais abandonne 3,3% sur cinq séances !

Sur le marché des changes, l'euro se traite ce soir à 1,14$ environ (-0,4%). L'indice dollar, mesurant les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, gagne 0,5% à 96,2 ce vendredi.

La semaine à venir devrait se révéler heureusement un peu plus calme. Après une courte séance lundi, Euronext sera en effet fermé mardi 25 et mercredi 26 décembre pour Noël et le fameux 'boxing day'. Wall Street restera également fermé mardi, mais rouvrira dès le lendemain.

Pour en revenir à la semaine écoulée, c'est justement de Wall Street qu'est parti le nouveau mouvement baissier. Le plus inquiétant pour l'heure est que la cote américaine demeure sur des niveaux qui restent historiquement élevés, même après des sanctions d'environ 10% et 20%, respectivement, sur les indices DJIA et Nasdaq.

Trump met la pression sur le Sénat

La menace du 'shutdown' (fermeture des administrations) et les craintes grandissantes de ralentissement économique pèsent en effet lourdement... Trump n'en démord pas ce jour sur Twitter, menaçant d'un 'shutdown' "si les démocrates ne votent pas la sécurité aux frontières". "Les démocrates, dont nous avons besoin des votes au Sénat, voteront probablement contre la sécurité des frontières et le mur, même s'ils savent que c'est désespérément nécessaire. Si les Dems votent non, il y aura un 'shutdown' qui durera très longtemps. Les gens ne veulent pas des frontières ouvertes et du crime!", a insisté encore le Président américain.

"Quoi qu'il advienne au Sénat, les membres républicains de la Chambre doivent être très fiers d'eux-mêmes. Ils sont rentrés à Washington de toutes les parties du monde pour voter en faveur de la sécurité des frontières et du mur. Aucun démocrate n'a voté oui et nous avons gagné largement. Je suis très fier de vous!", a encore asséné Trump.

Les marchés boursiers américains ont enchaîné hier jeudi une deuxième séance dans le rouge vif, au lendemain des annonces de la Fed, qui s'est montrée moins accommodante qu'espéré, prenant les marchés à contre-pied. Hier, la politique intérieure est donc venue perturber à son tour les marchés, Donald Trump refusant de signer la loi budgétaire provisoire, ce qui accentue les risques de 'shutdown' à partir de ce vendredi minuit, si aucun compromis n'est trouvé d'ici là sur le financement du mur frontalier avec le Mexique.

Donald Trump s'est en effet engagé dans un bras de fer avec le Congrès pour obtenir le financement du mur qu'il a promis d'achever entre les Etats-Unis et le Mexique. Il a annoncé jeudi qu'il refuserait de signer la loi budgétaire provisoire, ce qui accentue les risques de 'shutdown', c'est à dire de fermeture, faute de financement, de neuf ministères et agences fédérales américains. Le président américain exige que ce budget comprenne le financement du mur frontalier pour 5 milliards de dollars.

Si Donald Trump devait geler le financement de l'administration américaine, plus de 800.000 employés fédéraux seraient au chômage technique, sans recevoir de salaire.

La Chambre des représentants a validé des mesures de financement temporaire comprenant celui du 'mur', mais les chances sont minces que le Sénat donne son approbation...

L'indice Nasdaq frôle désormais le marché baissier ('bear market'), caractérisé par une chute de plus de 20% par rapport aux derniers sommets. L'indice a désormais perdu 20% tout juste par rapport à son record historique d'août dernier à 8.109 pts en clôture. Une chute supérieure est considérée comme l'entrée dans une tendance baissière. Le DJIA et le S&P 500 restent eux dans la zone de correction, caractérisée par une baisse de plus de 10% sur leurs précédents sommets.

La Fed ne rassure pas

Mercredi, la Fed a relevé son taux directeur d'un quart de point à 2,25%-2,50%, et a abaissé ses prévisions de croissance et de taux directeurs pour 2019. Dans ses nouvelles projections économiques, la banque centrale américaine, envisage désormais deux hausses de taux l'an prochain, contre trois attendues jusqu'ici, et une seule en 2020 (contre deux).

Cependant, les marchés financiers ont été déçus, car bon nombre d'investisseurs espéraient que la Fed annoncerait plus clairement une véritable pause dans son cycle haussier, compte tenu de l'accumulation des risques pesant sur la croissance économique mondiale.

Certains espéraient en outre que Jerome Powell, le président de la Fed, ralentisse le rythme de la réduction du bilan de la Fed. Mais il a confirmé la poursuite de ce programme, qui réduit chaque mois de 50 milliards de dollars la quantité d'obligations que la Fed garde dans son bilan, un mécanisme qui contribue à resserrer la politique monétaire.

Pétrole en berne

Les prix du pétrole ont repris hier leur dégringolade, après un petit rebond mercredi. Les investisseurs continuent de redouter une surabondance de l'offre et un ralentissement de la demande mondiale l'an prochain. Le cours du baril WTI pour livraison février a replongé de 4,75% hier, mais remonte un peu de 0,8% ce jour à 46,2$, proche de planchers remontant à août 2017. Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison février 2019, a chuté de 5% hier et corrige encore de 0,2% ce jour. Les deux contrats perdent plus du tiers de leur valeur depuis octobre.

Les valeurs à suivre

Eramet (+7% sur la semaine) a annoncé une nouvelle étape pour le projet Lithium. A compter du 1er janvier 2019, Hervé Montégu est nommé Directeur de l'activité Lithium au sein du groupe Eramet. Depuis novembre 2015, Hervé Montégu occupait le poste d'Administrateur Directeur Général de Comilog, filiale gabonaise du groupe. La nouvelle mission confiée à Hervé Montégu est de développer cette nouvelle activité. Eramet possède notamment un gisement de lithium de taille exceptionnelle au Nord-Ouest de l'Argentine, situé à 3.800 m d'altitude dans la province de Salta.

Eramet a découvert le gisement de Centenario-Ratones en 2012 et en détient les droits miniers depuis avril 2014. Il contient des ressources estimées à 9 millions de tonnes de carbonate de lithium équivalent (LCE) et doit permettre une production industrielle revue à la hausse à 24.000 tonnes par an de LCE, soit environ 10% du marché actuel, pendant plusieurs décennies.

Le projet lithium entre à présent dans la phase finale de sa préparation. La finalisation de son étude de faisabilité technico-économique est en cours pour préciser l'investissement nécessaire, aujourd'hui estimé à environ 500 millions d'euros pour 24.000 tonnes. La décision d'investissement est prévue au premier semestre 2019 pour un démarrage de la production fin 2021. Au-delà de ce projet, Eramet étudie d'autres axes de développement dans le lithium au Chili et en Europe.

Plastic Omnium (+4% sur cinq jours) a vendu sa filiale Plastic Omnium Environment BV au consortium Latour Capital/Bpifrance (Banque Publique d'Investissement). Cette cession est réalisée pour une valeur d'entreprise de 220 millions d'euros. Activité historique et fondatrice de la Compagnie Plastic Omnium, l'activité Environnement est le leader européen de la conteneurisation des déchets. Autonome, rentable et génératrice de trésorerie, possédant 6 usines en France, en Allemagne et en Espagne, un centre de R&D et de services clients récemment inauguré à Saint Priest (France) ainsi qu'un large réseau d'agences et de points service servant 8.000 clients, elle réalise un chiffre d'affaires de 340 millions d'euros, grâce à une large gamme de produits et services dédiés à la gestion des déchets. Elle emploie 1.800 personnes, opérant dans 12 pays.

Valeo a pris 4% sur la semaine et Faurecia 4% également, profitant d'une tendance sectorielle un peu plus propice, n'en déplaise aux vendeurs à découvert toujours aussi actifs sur le dossier Valeo.

Faurecia a signé un placement privé de droit allemand (Schuldscheindarlehen) d'un montant de 700 millions d'euros. Cette transaction fait partie du programme de financement de l'acquisition de Clarion, annoncée le 26 octobre 2018. Elle refinance une partie du financement relais (bridge loan) qui sécurise intégralement le financement de l'acquisition, et fournit des liquidités à long terme à Faurecia.

DBV Technologies (-67% sur cinq jours !) est incontestable le gadin de la semaine. Le groupe a volontairement retiré son dossier de demande d'autorisation de mise sur le marché pour Viaskin Peanut chez les enfants de 4 à 11 ans (BLA, Biologics Licence Application) à la suite de discussions avec la Food and Drug Administration (FDA) américaine. DBV dit travailler actuellement en étroite collaboration avec l'Agence américaine, afin de déposer à nouveau son dossier de BLA pour Viaskin Peanut le plus rapidement possible. Enfin, il affirme que la FDA n'a pas formulé de remarque sur la sécurité d'emploi et l'efficacité de Viaskin Peanut dans le dossier de BLA.

Genfit (-21% sur la semaine). Le groupe a annoncé en début de semaine que le Data Safety Monitoring Board (DSMB) avait formulé une nouvelle recommandation positive pour la poursuite de l'essai clinique de Phase 3 RESOLVE-IT évaluant elafibranor dans la stéatohépatite non alcoolique (NASH) sans aucune modification. Cette nouvelle revue planifiée du DSMB n'a identifié aucune préoccupation de sécurité.

La recommandation positive de cette revue de sécurité d'emploi par le DSMB permet à Genfit de poursuivre, comme prévu, l'essai RESOLVE-IT. La cohorte nécessaire à l'analyse intermédiaire de l'étude de Phase 3 a été recrutée. Genfit prévoit de publier les premiers résultats de cette analyse intermédiaire avant la fin de l'année 2019, année qui devrait être pivot pour tout l'écosystème de la NASH. Ces résultats, s'ils sont positifs, devraient favoriser les processus d'accelerated approval par la FDA américaine, et de conditional approval de l'EMA européenne, et ce dès 2020. Elafibranor a reçu une fast track designation de la FDA pour le traitement de la NASH.

Vallourec (-21% sur cinq jours) a repris sa glissade vers de nouveaux planchers annuels. Par courrier reçu le 20 décembre 2018, la société de gestion américaine JP Morgan Chase & Co a déclaré avoir franchi, le 18 décembre 2018, indirectement en baisse, par l'intermédiaire des sociétés qu'elle contrôle, le seuil de 5% du capital de Vallourec et détenir indirectement 68.003 actions du fabricant de tubes en acier, représentant autant de droits de vote, soit 0,01% du capital et des droits. JP Morgan Chase & Co précise que ce franchissement de seuil résulte d'une cession d'actions Vallourec hors marché et de l'exemption de trading qui en a résulté.

Technicolor (-18% sur la semaine) a l'intention de rembourser par anticipation le prêt de la Banque Européenne d'Investissement d'un montant de 90 millions d'euros d'ici au 31 décembre 2018. Les autres emprunts à terme de la société, à échéance 2023, ne sont assortis d'aucun covenant financier. Le groupe prévoit désormais un EBITDA ajusté 2018 (à taux de change constant vs. 2017) compris entre 265 millions d'euros et 275 millions d'euros, en ligne avec le consensus à date. Cette estimation résulte de la poursuite de la croissance des activités de Services de Production, en particulier de l'activité Effets Visuels pour le cinéma et la télévision, de l'accélération du programme de transformation de Maison Connectée et de revenus résiduels provenant de l'activité de Licences de Brevets, compensant une fin d'année difficile sur le marché des DVD.

En outre, le Groupe indique n'être engagé dans aucune discussion stratégique, y compris concernant l'activité Maison Connectée.

Ingenico (-14% sur la semaine). Après des mois de spéculations sur un éventuel rachat du spécialiste des paiements, la société a annoncé en début de semaine avoir "décidé de ne pas donner suite aux approches préliminaires dont elle a fait l'objet en vue d'une opération stratégique". Elle entend ainsi se concentrer sur l'accélération de sa performance et sur la préparation d'un nouveau plan stratégique moyen terme. "En conséquence, le Conseil d'administration a décidé de mettre fin aux travaux du comité ad hoc". Ingenico précise qu'il communiquera son plan stratégique moyen terme avant la tenue de son assemblée générale annuelle 2019. Il s'agit de la première grosse décision prise par le tandem constitué de Bernard Bourigeaud et Nicolas Huss depuis le départ de Philippe Lazare de la tête d'Ingenico début novembre.

Sopra Steria (-10% sur la semaine) et Worldline (-12% sur cinq jours) ont été secoués par la note de Morgan Stanley consacrée au secteur des paiements en Europe. Morgan a dégradé le dossier Sopra Steria de 'pondération en ligne' à 'sous-performer' tout en coupant son objectif de cours par plus de deux, à 75 euros. La banque américaine a dégradé par ailleurs la filiale d'Atos (Worldline) de 'pondération en ligne' à 'sous-performer' tout en réduisant sa cible de 50 à 43 euros.

SoLocal (-12% sur cinq séances) a organisé mardi une rencontre avec les analystes financiers et investisseurs pour présenter ses nouvelles offres de services digitaux, le déploiement de son organisation commerciale omnicanale et marketing, et la stratégie technologique qui est au coeur de son nouveau modèle économique. Le groupe rappelle que des réductions drastiques de coûts ont été menées à bien, d'environ 60 millions d'euros dès 2018, et de plus de 100 millions d'euros en année pleine en 2019. Cette transformation a pesé lourdement sur l'activité commerciale du troisième trimestre et cette tendance s'est poursuivie au cours du quatrième trimestre.

2019 marquera la mise en place effective dès janvier de la nouvelle organisation commerciale (implémentation d'une nouvelle segmentation clients, renforcement de la télévente, introduction du e-commerce, ajustement de la politique de rémunération variable, mise en place de nouveaux outils commerciaux) et surtout le déploiement de la nouvelle offre produits "full web" sur sa base de clients et en conquête. SoLocal estime que 2019 doit marquer un retour à la croissance des ventes digitales et de l'EBITDA récurrent. L'objectif de stabilisation de l'EBITDA récurrent 2018 à 170 ME est confirmé.

Natixis (-11% sur la semaine). La banque a indiqué cette semaine avoir été plombée par les contre-performances de son portefeuille de dérivés actions sur les marchés asiatiques. Dans un communiqué, la filiale cotée de la banque mutualiste BPCE a précisé que son produit net bancaire chuterait de l'ordre de 10% sur la période octobre-décembre par rapport au dernier trimestre de 2017, pour d'établir à environ 2 milliards d'euros. "Il est apparu au quatrième trimestre que sur certains produits spécifiques traités avec des clients en Asie, le modèle de gestion utilisé a conduit à mettre en place une stratégie de couverture qui s'avère déficiente dans les conditions de marché actuelles", a indiqué le groupe.

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