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Introductions : il a manqué "les gros"

Introductions : il a manqué "les gros"
Introductions : il a manqué 'les gros'
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Est-ce un nouveau signe de la marginalisation de la place financière parisienne à l'échelon international ? Aucune grande introduction en Bourse n'a eu lieu sur Euronext Paris au premier semestre. Pas une première sur une période de six mois, mais le contexte semblait pourtant favorable : un CAC40 au plus haut depuis 10 ans au mois de mai, peu de nuages à l'horizon... Certes, le retour de la volatilité n'a pas aidé, mais les investisseurs semblaient en quête de belles " equity stories " pour placer des liquidités abondantes... Les équipementiers automobiles et distributeurs de pièces détachées Novares et Autodis étaient attendus pour des opérations significatives, mais ont finalement renoncé à cause des sempiternelles " conditions de marché " qu'on retrouve dans tous les communiqués de presse des sociétés annonçant l'abandon de leur projet. Il faut dire que Novares a lancé son opération en plein trou d'air du marché à la mi-février...

Exit Delachaux...

Delachaux devait permettre d'embellir le tableau et lui donner une consistance avec une opération à plus de 400 Millions d'Euros. Opération solide, management solide, perspectives solides, tour de table bouclé en temps et en heure et belle histoire que celle d'un retour en Bourse, 6 ans après avoir quitté le marché... Comme une revanche pour la Bourse et... Patatras ! Le jour de clôture de l'IPO, la société annonçait que cette dernière n'irait pas à la cotation, la Caisse de Dépôt du Québec et la famille raflant la mise dans la toute dernière ligne droite... La dernière opération d'envergure à Paris demeure donc SMCP en octobre 2017 et ses 550 ME levés.

Mais si les " gros " étaient absents, les petits ne les ont pas forcément remplacés... En tout cas pas en montants levés ! Puisqu'environ 260 ME d'opérations, augmentations de capital et cessions ajoutées, ont été réalisée au 30 juin. On dénombre 8 dossiers introduits en Bourse de Paris à l'issue du premier semestre, tous concentrés au deuxième trimestre. Il a en effet fallu attendre le 4 avril pour étrenner la saison des entrées en Bourse à Paris avec celle de Vente-unique.com, expert de la vente en ligne de mobilier en Europe qui a levé 33,8 millions d'euros. Sont apparus ensuite la plateforme d'e-commerce Oxatis, mi-avril, et Dontnod Entertainment, le petit studio de développement de jeux vidéo, mi-mai. Voluntis, Enensys, Kalray, Cogelec et 2CRSI ont clôturé le semestre. Post 30 juin, on a toutefois vu l'arrivée de trois nouveaux dossiers preuve qu'une dynamique s'était tout de même installée... Et deux nouveaux dossiers suivent, les offres de Navya et Audiovalley étant actuellement en cours.

Lien entre montant souscrit et " perf " boursière...

Côté montants levés, la palme revient à 2CRSI et ses 50 ME, avec une demande de 420%. La " tech " a remporté les suffrages, puisqu'on trouve le fabricant de microcapteurs de dernière génération Kalray sur la deuxième place du podium avec 48 ME levés, puis Cogelec et ses interphones connectés avec 39 ME. Logiquement, les plus belles performances boursières après l'introduction sont à mettre au crédit des sociétés dont la demande de titres s'était montrée la plus forte lors du placement, CRSI donc, avec un titre affichant un gain de +10% et Dontnod : le titre du studio de jeux vidéo progresse de plus de 15%, la demande de titres ayant représenté 470% de l'offre proposée. Hélas peu d'autres titres affichent un parcours dans le vert depuis leur cotation... C'est le cas de Roche Bobois, +5%. A l'inverse, Vente-unique.com affiche déjà un recul de -15%. Voluntis, seule medtech a avoir fait son apparition en Bourse de Paris sur le semestre, a rapidement vu son titre reculer de -10%.

Valorisations...

Sur les huit introductions du premier semestre, six s'affichent en dessous de leur cours d'introduction. Les valorisations élevées pratiquées lors des introductions en Bourse sont-elles l'explication de ces piètres performances boursières? " Auparavant, le Private Equity valorisait les sociétés à des niveaux inférieurs à ceux pratiqués par le Marché Boursier. Aujourd'hui, c'est l'inverse ! Les prix pratiqués dans le Private Equity dépassent ceux de la Bourse ! Ce qui n'incite pas à pratiquer des valorisations attractives lors des IPO... ", explique un observateur du marché, gérant de fonds de micro, petites et moyennes capitalisations et qui n'a participé à aucune introduction en Bourse ces dernières années... Justement pour des raisons de valorisation!

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