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Introductions en Bourse : le grand retour, mais des premiers pas difficiles

Introductions en Bourse : le grand retour, mais des premiers pas difficiles
Introductions en Bourse : le grand retour, mais des premiers pas difficiles

(Boursier.com) — L 'afflux de nouveaux candidats à la Bourse depuis le début de l'année se poursuit, soutenu par l'appétit des investisseurs individuels, alors que les institutionnels restent frileux. Le bilan est pour le moment contrasté, et les parcours boursiers souvent encore peu convaincants.

Le secteur des introductions en Bourse est en pleine effervescence. " La dynamique s'est poursuivie à un rythme record au premier semestre 2021 ", selon le cabinet EY, qui dénombre sur cette période, dans le monde, plus de mille sociétés entrées en Bourse, levant plus de 220 milliards de dollars. A la Bourse de Paris, qui compte vingt-trois recrues depuis le début de l'année, les chiffres sont, certes, bien plus modestes, mais ils montrent une forte accélération par rapport aux exercices précédents?: seuls huit candidats s'étaient présentés en 2019, tout comme en 2020.

ATTRAIT DE LA BOURSE

Et ce n'est pas fini ! Même si on peut regretter qu'UMG, la filiale de Vivendi, se fasse coter à Amsterdam plutôt qu'à Paris, quatre nouveaux arrivants sont attendus cette semaine, dans des domaines très différents (voir ci-contre) : le chimiste vert Afyren, le spécialiste du stockage et de la conversion d'énergies vertes Entech, le fonds d'investissement en infrastructures Antin et le spécialiste de la cybersécurité Exclusive Networks, une des plus grosses levées de l'année.
En outre, une dizaine de dossiers devraient aboutir d'ici à fin octobre, avec une majorité d'opérations de grande taille : le promoteur immobilier Icade Santé, le leader européen du cloud OVH, la filiale de Casino GreenYellow seraient notamment dans les starting-blocks.

"Les opérations les plus importantes ne sont pas encore sorties, mais la question est de savoir si le marché pourra absorber une telle volumétrie au second semestre", observe ­Emmanuel Huynh, cofondateur de l'agence de communication NewCap, spécialiste des ­introductions en Bourse. Il est vrai que l'environnement boursier reste très porteur, avec des liquidités abondantes, alors que de nombreuses entreprises innovantes ont atteint le stade de la maturité. L'arrivée en Bourse en 2020 de 410.000 nouveaux actionnaires particuliers, au profil plus offensif, a également contribué à cette euphorie.

Outre le retour des biotechs, qui avaient monopolisé les introductions de 2010 à 2018, le secteur de la transition énergétique a été très présent. Toutefois, des acteurs plus traditionnels (distribution, alimentation...) ont réapparu.

Des opérations conséquentes, entre 300 et 400 millions d'euros, ont vu le jour avec l'arrivée des Spac (véhicules pour lever des fonds, réservés aux investisseurs professionnels) Accor AC et DEE Tech, mais aussi de grosses valeurs moyennes, comme Believe ou Aramis Auto, qui ont levé 300 et 400 millions d'euros. En comparaison, la taille moyenne des levées se situait plutôt autour de 15 millions d'euros lors des précédents exercices, si l'on fait exception des 1,8 milliard d'euros recueillis en 2019 par la Française des Jeux (FDJ), à l'occasion de sa privatisation.

Globalement, les capitaux levés ont totalisé 1,9 milliard d'euros depuis le début de l'année. C'est près de deux fois plus qu'en 2018 et 2019 (corrigé de l'opération de la FDJ), mais encore loin des grands crus de 2014 et de 2015, où les fonds récoltés en Bourse avoisinaient 4,5 milliards d'euros. Mais l'année 2021 n'est pas terminée.

APPÉTIT DES PARTICULIERS

Euronext Growth (le marché des PME) a comptabilisé 70 % des recrues (mais seulement 15 % des capitaux levés), avec, pour certaines d'entre elles, des opérations de très petite taille facilitées par la nouvelle directive du règlement européen permettant aux placements inférieurs à 8 millions d'être dispensés de visa. Huit petites entreprises ont ainsi levé des sommes modestes (entre 4 et 8 millions d'euros). Si les investisseurs individuels ont montré un fort appétit, avec un taux de souscription moyen de 8,4 fois, les institutionnels se sont révélés plus frileux, avec une demande globale tout juste ­supérieure à l'offre (1,2 fois).

Il est vrai qu'ils ont été échaudés par l'échec de plusieurs grosses opérations. Trop gourmands, le fournisseur d'électricité EkWateur et le leader de la distribution de pièces auto PHE ont préféré renoncer à leur introduction en Bourse. Quant au site musical Believe, il a dû réduire ses ambitions de 500 à 300 millions d'euros.

BILAN CONTRASTÉ

Les opérations ont reçu des accueils divers. La biotech Affluent Medical et la medtech Ikonisys, le laboratoire vétérinaire TheraVet, le fabricant de machines Enogia, le spécialiste de la logistique Boa Concept et celui du marketing relationnel Obiz, dénigrés par les institutionnels, n'ont pas tous réussi à récolter le montant souhaité, signe que le dossier n'était pas assez solide pour les intéresser.

En revanche, quelques succès sont à mentionner. Les biotechs Medesis et Pherecydes ainsi que le fabricant de stations de recharge d'hydrogène HRS ont suscité un véritable engouement, avec une offre sursouscrite de 4 à 7 fois (12 à 55 fois par les particuliers?!).

Particularité du cru 2021 : le niveau élevé de préplacement auprès d'investisseurs qui se sont déclarés en amont du lancement de l'introduction en Bourse (avant l'obtention du visa de l'AMF), ce qui réduit fortement le risque d'échec. 90 % des opérations ont bénéficié de ces engagements de souscription, et, pour près de la moitié d'entre elles, ils ont dépassé 50 % de la levée de fonds. Celles d'Afyren et d'Entech sont également préplacées à hauteur respectivement de 50 % et 60 %.

PREMIERS PAS DIFFICILES

Les parcours boursiers post-introduction laissent à désirer. Mais il est vrai que les investisseurs ont encore peu de recul, et la patience peut s'avérer payante. A titre d'exemple, Voltalia et McPhy, qui avaient connu des débuts poussifs après leur entrée en Bourse, en 2014, ont fini par dépasser largement leur prix d'introduction.

Ainsi, malgré quelques beaux démarrages, sur les vingt-trois nouvelles recrues par offre publique, cinq seulement sont en hausse, au 10 septembre. En tête, Kumulus Vape (+ 46 %), suivie de la biotech Pherecydes (+ 29 %), de HRS, d'Omer-Decugis et de NamR. Tout le reste est dans le rouge. Certaines chutes en ­quelques semaines sont impressionnantes, comme celles des biotechs Ikonisys (- 46 %) et Affluent (- 29 %). Il n'y a, par ailleurs, pas de corrélation entre le niveau des engagements de souscription et le parcours du titre. Il était supérieur à 60 % pour Pherecydes et HRS, mais également pour Affluent et Ikonisys. Le bilan des introductions en Bourse des quatre dernières années n'est pas plus enthousiasmant. Près des deux tiers des quarante-sept sociétés qui ont intégré le marché parisien sur cette période, sont en baisse.

En conclusion, il faut rester très sélectif et limiter sa mise lorsque l'on participe à une introduction en Bourse. Cela permet de prendre date, de suivre la valeur et de saisir l'opportunité de se renforcer à l'occasion d'un repli, si la société est prometteuse...

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