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Donald Trump a secoué le CAC40 cette semaine

Donald Trump a secoué le CAC40 cette semaine
Donald Trump a secoué le CAC40 cette semaine
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Semaine rouge vif sur les places financières mondiales. De New York à Tokyo en passant par Paris, les indices ont enregistré de forts replis ces derniers jours, plombés par les craintes de guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Donald Trump a mis ses menaces à exécution en signant un décret présidentiel instaurant des barrières douanières sur 50 à 60 milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis. Le Président a aussi promis de limiter l'investissement étranger aux Etats-Unis et de s'attaquer au problème de violation de la propriété intellectuelle... De quoi craindre une escalade entre Pékin et Washington, avec toutes les conséquences que cela pourrait avoir sur la croissance mondiale.

Dans ce contexte, la réunion de la Fed est presque passée au second plan alors que la banque centrale américaine a relevé, comme attendu, son principal taux directeur d'un quart de point. Sous la houlette de son nouveau président, Jerome Powell, elle a aussi revu en hausse ses projections de croissance économique, d'inflation et de taux pour les trois ans à venir. Mais le FOMC continue pour le moment de prévoir au moins deux hausses de taux supplémentaires cette année tout en ne s'interdisant pas d'aller plus loin.

Au final, le CAC40 perd 3,55% sur la semaine, à 5.095 points ce vendredi soir, de retour sur ses niveaux d'il y a 6 mois. Dans cet environnement d'aversion au risque, les obligations d'Etat et l'or (+2,4%) ont profité de leur statut de valeurs-refuges pour retrouver des couleurs. Le baril de pétrole s'est également distingué (+5,4% pour le WTI), sur fond de craintes concernant la production iranienne, et après une baisse surprise des stocks hebdomadaires de pétrole brut aux Etats-Unis.

LES VALEURS

* Alstom avance de 3,2% et fait partie des rares valeurs du SBF120 à avoir plutôt bien résisté à la vague baissière des derniers jours. L'actualité de la société a été marquée par une annonce favorable du ministre de l'Economie et des Finances concernant une commande de 100 TGV du futur. Bruno Le Maire a en effet déclaré jeudi : "Nous confirmons la commande par l'Etat de cent TGV du futur. Cette commande, elle doit passer devant le conseil d'administration de SNCF Mobilités dans les prochaines semaines ou dans les prochains mois, soit fin avril, soit en juin, en tout état de cause la décision est prise". Le contrat avoisinerait les 3 milliards d'euros. UBS a par ailleurs confirmé son conseil 'achat' et son objectif de 43 euros sur la valeur.

* Hermès International a tiré profit d'une nouvelle publication de choix pour prendre 3,1% sur la semaine. Si les arbres ne montent pas jusqu'au ciel, force est de constater que les marges d'Hermès poursuivent leur ascension alors qu'elles étaient déjà à haute altitude. Elles ont même dépassé les prévisions initiales du management, qui pensait il y a un an qu'il aurait du mal à battre les records atteints en 2016. Il sera sans doute un peu plus difficile à la société de tenir la distance cette année, dans la mesure où le management a d'ores et déjà annoncé qu'il ne bénéficiera pas, en 2018, des gains sur les couvertures de change obtenus l'année dernière. Hermes continue également de choyer ses actionnaires. Lors de l`Assemblée générale du 5 juin 2018, il sera proposé de fixer le dividende à 4,10 euros par action et le versement d'un dividende exceptionnel de 5 euros par action.

* Kering gagne 1,2%. Outre la belle publication d'Hermès, le titre du groupe de luxe a été soutenu par sa filiale Puma qui a profité de la tenue d'une journée investisseurs pour dévoiler ses nouveaux objectifs à moyen terme. D'ici 2022, l'équipementier sportif allemand vise une hausse annuelle moyenne d'environ 10% de son chiffre d'affaires ajusté des effets de changes et une marge opérationnelle d'environ 10%, contre 5,6% l'an passé. Standard & Poor's a par ailleurs relevé d'un cran, de "BBB" à "BBB+", la notation crédit de Kering, après la publication de résultats "extrêmement solides" en 2017.

Du côté des Small&Midcaps, on notera aussi le beau rebond de Virbac (+11,8%) après son décrochage de la semaine passée, la bonne tenu de Stef (+4,2%), toujours porté par sa dernière publication annuelle, et la hausse de 4,2% de Latécoère alors que deux investisseurs activistes demandent un changement de gouvernance.

A l'inverse, * Wendel plonge de 15,6%. Outre la baisse de l'ANR, les investisseurs s'inquiètent de la situation d'IHS, la société d'infrastructures télécoms nigériane, détenue à 21,3% par la société d'investissement.

* Klépierre redonne 8,8% après avoir soumis, le 8 mars dernier, une offre mixte valorisant le britannique Hammerson près de 4,9 Mds£, soit 615 pence par action et une prime de 40% sur les cours récents. Cette offre est à ce stade purement informelle. Elle a été repoussée par Hammerson au motif qu'elle est opportuniste et qu'elle sous-évalue l'entreprise.

* AXA abandonne 6,5%, de retour sur ses niveaux d'il y a un an et demi. Déjà fortement chahuté en début de mois après l'annonce du rachat de XL Group, le groupe a cette fois été victime de la baisse généralisée des marchés sur fond de guerre commerciale sino-américaine et de fort repli des rendements obligataires. Comme souvent en pareille situation, les sociétés financières se retrouvent en première ligne et AXA n'y a pas échappé. L'assureur n'a pas non plus été aidé par une note de Citigroup qui a dégradé le titre d''achat' à 'neutre' avec un objectif de cours fixé à 24,10 euros.

* Michelin recule de 6,3%. A l'image du secteur automobile, le pneumaticien a souffert cette semaine. Une pression vendeuse exacerbée par l'OPA amicale, fraichement accueillie, de 1,3 Md£ sur le Britannique Fenner. Une opération qui doit permettre au groupe clermontois de se renforcer dans les bandes transporteuses et les technologies de polymères. Suite à cette annonce, Morgan Stanley a dégradé la valeur de "surpondérer" à pondération en ligne, tout en réduisant sa cible de 135 à 125 euros.

* STMicroelectronics trébuche de 6,1%. Les investisseurs ont eu un mouvement assez logique d'aversion au risque envers les entreprises exposées au compartiment électronique, qui pourraient être secouées par la menace de Donald Trump d'adopter des surtaxes contre les importations chinoises aux États-Unis. Le franco-italien pourrait par exemple pâtir de méventes de smartphones du chinois Huawei, qui a généré un peu plus de 2% de ses revenus en 2017. Cela serait certes moins grave que de perdre les contrats Apple (qui auraient représenté l'année dernière 10,5% des revenus de ST), mais cela pèserait nécessairement sur l'activité.

* Air France KLM perd 4,3% alors que l'environnement social apparait de plus en plus tendu au sein de la compagnie française. Une deuxième grève en un mois a eu lieu ce vendredi et une troisième se profile dès la semaine prochaine...

* Comme l'ensemble des valeurs financières, Société Générale (-3,6%), BNP Paribas (-5,1%) et Credit Agricole (-4%) n'ont pas résisté à la forte détente des rendements obligataires.

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