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Clôture de Wall Street : le marché boit la tasse avec les craintes de récession

Clôture de Wall Street : le marché boit la tasse avec les craintes de récession
Clôture de Wall Street : le marché boit la tasse avec les craintes de récession
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La séance a été très éprouvante mercredi à Wall Street et les trois principaux indices plongent de 3% environ à la clôture. Les marchés sont rattrapés par les inquiétudes, après une journée de répit la veille, l'administration Trump ayant décidé de repousser les droits de douanes sur certains produits chinois. Mais les nuages restent nombreux, avec de nouveaux signes d'affaiblissement de la croissance mondiale - la Chine et l'Allemagne ont publié des indicateurs décevants. L'autre signal d'alarme vient du marché obligataire américain, où la courbe des rendements à deux et dix ans s'est inversée mercredi - un événement considéré par beaucoup comme annonciateur d'une récession à venir.

A la clôture des marchés, l'indice Dow Jones lâche 3,05%, à 25.479 points et le S&P 500, plus large, perd 2,93% à 2.841 points. Le Nasdaq Composite chute de 3,02% à 7.774 points.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de six devises de référence, monte de 0,25% à 97,87 points. L'euro recule de 0,32% et s'échange contre 1,1133 dollar.

Les marchés traquent les signes d'une récession

Déjà réfractaires à la prise de risques, les investisseurs se réfugient encore davantage vers les valeurs refuge, or en tête, depuis le renversement de la courbe des taux à deux et dix ans aux Etats-Unis. Cet événement, qui a eu lieu en fin de matinée est considéré par beaucoup comme annonciateur d'une récession à venir... La dernière inversion de la courbe des taux aux Etats-Unis remonte à juin 2007, quand la crise des "subprime" prenait de l'ampleur. A noter par ailleurs que la même situation s'est produite au Royaume-Uni.

Le secteur bancaire accuse le coup : JPMorgan chute de 4,2%, Morgan Stanley de 3,4% et Bank of America de 4,7%.

L'inversion de la courbe des rendements aux Etats-Unis remet la pression sur la Réserve fédérale pour qu'elle réduise encore ses taux en septembre après une première baisse, d'un quart de point, annoncée le 31 juillet. Le président Donald Trump a répété sur Twitter que la banque centrale avait agi "beaucoup trop vite" en relevant ses taux précédemment et son conseiller au commerce Peter Navarro a réclamé un assouplissement d'un demi-point "très rapidement."

Des indicateurs maussades

Dans la matinée, des indicateurs maussades avaient déjà déprimé les marchés. La production industrielle en Chine, en hausse de 4,8% sur un an en juillet, est à son plus bas niveau depuis 17 ans et les ventes au détail sont également ressorties inférieures au consensus. En Allemagne, l'économie s'est comme attendu contractée de 0,1% au deuxième trimestre, entraînant un ralentissement de la croissance de la zone euro à 0,2%, deux fois moins qu'au premier trimestre.

Les cours du pétrole ont terminé en forte baisse mercredi sur le Nymex, les craintes de voir la demande mondiale chuter ayant été alimentées par de mauvaises statistiques chinoises et européennes et par une hausse inattendue des stocks américains.

Le contrat de septembre sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a perdu 1,87 dollar, soit 3,27%, à 55,23 dollars le baril. Le contrat d'octobre sur le Brent a cédé 1,82 dollar, soit 2,97%, à 59,48 dollars le baril.

Pas de répit dans les tensions géopolitiques

La situation à Hong Kong ne rassure pas non plus. A l'aéroport, les activités ont repris mercredi matin après l'annulation de plusieurs centaines de vols les deux jours précédents en raison des heurts sur le site entre forces de l'ordre et manifestants. Mais selon plusieurs médias présents sur place, la police de Hong Kong a eu recours aux gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de manifestants rassemblés devant un commissariat de police dans le quartier de Kowloon.

En Argentine, le peso a enregistré une nouvelle chute. Le président argentin Mauricio Macri a annoncé qu'il souhaitait réduire les impôts sur les bas salaires et accroître les aides sociales pour soutenir l'économie du pays, provoquant un plongeon de 7% environ de la devise argentine. Elle a perdu le quart de sa valeur depuis l'annonce du résultat des primaires dimanche soir.

Les valeurs

CBS et Viacom retombent de respectivement 8,4% et 8,5%, au lendemain de l'annonce de leur mariage ! Le rapprochement tant attendu des deux géants américains des médias a été confirmé L'entité fusionnée, ViacomCBS devrait lourdement investir dans les contenus afin de faire face à la montée en puissance des grands acteurs du streaming vidéo (Netflix, Amazon et prochainement Disney).

Boeing (-3,7%). Crise du 737 MAX oblige, le groupe aéronautique a livré seulement 19 appareils en juillet. L'avionneur américain n'avait pas atteint un si faible niveau depuis le mois de novembre 2008 (4 appareils livrés), en pleine crise financière. Tous les 737 MAX, qui était l'avion de Boeing qui se vendait le mieux, ont été interdits de vol à la suite de la catastrophe aérienne d'Ethiopian Airlines survenue le 10 mars, moins de cinq mois après la chute d'un appareil du même type de la compagnie indonésienne Lion Air.

Apple (-3%), qui s'était enflammé hier soir de 4,2% à Wall Street avec les espoirs commerciaux, reperd du terrain. La direction américaine de la FAA (aviation civile) a banni certains modèles de MacBook Pro après le rappel de certaines unités présentant un défaut de batteries, indique Reuters.

Macy's (-13,2%). La chaîne américaine de magasins plonge après des comptes du second trimestre assez décevants. Ses concurrents sont emportés par ces mauvais résultats, à l'image de Kohl's (-11), Target (-2,8) et Nordstrom (-10,6).

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