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Bourse : les marchés tétanisés par les incertitudes en Europe, calendrier politique en question

Bourse : les marchés tétanisés par les incertitudes en Europe, calendrier politique en question

(Boursier.com) — L'annonce hier soir d'un nouveau report d'un accord européen sur la crise de la dette, a refait monter la tension d'un cran sur les marchés financiers... Après une journée de doutes qui s'est traduite par une chute de 2,5% de l'indice EuroStoxx 50 (-2,3% pour le CAC 40 à 3.084 points), Paris et Berlin ont publié en soirée un communiqué commun soufflant le chaud et le froid... Les deux poids lourds économiques de la zone Euro ont en effet annoncé la tenue d'un second sommet "au plus tard mercredi" prochain, le 26 octobre, tout en s'engageant à apporter une "réponse globale et ambitieuse" à la crise de la dette...

A Wall Street, les investisseurs ont préféré voir dans cette annonce un verre à moitié plein, l'indice Dow Jones terminant en légère hausse de 0,3%, après un début de séance dans le rouge vif. Ce matin, les marchés asiatiques sont quasi-paralysés dans l'attente d'un dénouement côté européen... L'indice Nikkei cède 0,04% à Tokyo, Hong Kong perd marginalement 0,02% et Sydney s'affiche à -0,07%... Même manque d'orientation ce matin pour le pétrole (+0,09% à 86,55$ pour le baril de WTI) et l'or (+0,2% à 1.626$ l'once). L'Euro quant à lui résiste plutôt bien, s'appréciant même de 0,2% pour retrouver le seuil de 1,38$ dans les échanges interbancaires.

Les investisseurs, lassés des interminables rumeurs et démentis venant d'Europe, sont déchirés entre la peur d'un échec lié aux profondes divisions entre la France et l'Allemagne sur les solutions à apporter à la crise, et l'espoir que les dirigeants européens parviendront malgré tout à surmonter leurs différends pour éviter une situation chaotique capable d'emporter l'Euro...

La date-butoir la plus importante reste plus que jamais le sommet du G20 prévu les 3 et 4 novembre à Cannes, où l'Europe se verra stigmatisée par ses partenaires internationaux si elle ne propose pas de solution concrète... En théorie, un accord aurait dû être prêt pour le sommet européen prévu ce dimanche. Celui-ci est maintenu, mais en attendant celui de mercredi prochain, il ressemblera sans doute davantage à une énième réunion de travail, avec sur la table de nombreux sujets encore en chantier, à commencer par les moyens de démultiplier la force de frappe du fonds de secours européen (FESF).

Signe de l'urgence à aplanir les désaccords, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se retrouveront une nouvelle fois demain soir à Bruxelles, pour la deuxième fois en moins d'une semaine, après leur rencontre infructueuse de mercredi soir à Francfort.

Parmi les principaux sujets qui fâchent, Paris souhaiterait que le FESF soit transformé en banque pour lui permettre d'emprunter auprès de la BCE, mais cette option ne serait désormais plus sur la table, face au refus catégorique de l'Allemagne et de la Banque centrale. Une solution viable permettant au FESF de jouer un rôle d'assureur (en garantissant par exemple 20% à 30% de la valeur des émissions obligataires des pays européens en difficulté) est désormais en discussion, mais elle comporte des risques de marché qu'il faut évaluer rapidement.

Par ailleurs, l'ampleur de la décote subie par le secteur privé sur la dette grecque reste aussi en suspens : Berlin plaide pour l'abandon de 50% des créances environ, contre 21% prévue dans l'accord désormais caduque du 21 juillet dernier, tandis que Paris souhaiterait un pourcentage inférieur, afin de préserver les bilans de ses banques, les plus exposées d'Europe à la dette de la Grèce.

Enfin, les pays européens doivent s'accorder sur les moyens de recapitaliser leurs banques : selon le 'Financial Times' d'hier, l'autorité bancaire européenne aurait estimé les besoins entre 70 et 90 Milliards d'Euros, avec une soixantaine de banques concernées... Un chiffre bien inférieur aux montants calculés jusqu'ici par le FMI (200 MdsE) et d'autres économistes de grandes banques (275 à 295 MdsE).

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