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Bilan hebdo : le CAC40 accuse le coup

Bilan hebdo : le CAC40 accuse le coup
Bilan hebdo : le CAC40 accuse le coup
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Semaine très chahutée sur les places boursières mondiales. A Paris, le CAC40 abandonne 4,22% sur cinq séances, à 6.258 points ce vendredi soir. L'actualité des derniers jours a été marquée par une nouvelle vague de publications d'entreprises, globalement solides même si les prévisions de certaines sociétés ont été durement sanctionnées. Mais c'est la décision de politique monétaire de la Fed qui attirait toutes les attentions cette semaine dans un environnement caractérisé par une inflation galopante, des taux obligataires qui grimpent et des craintes de ralentissement économique, voire de récession, de plus en plus fortes.

Comme anticipé, la Réserve fédérale a relevé son principal taux directeur d'un demi-point pour le porter entre 0,75% et 1%, le premier geste d'une telle ampleur depuis 2000, et a ajouté que d'autres resserrements seraient "appropriés" dans les prochains mois afin de lutter contre l'inflation. Interrogé sur la possibilité d'un tour de vis monétaire encore plus important, de 75 points de base lors des prochaines réunions, Jerome Powell a estimé que ce n'était pas une hypothèse envisagée "activement" par la Fed.

Si ces déclarations ont dans un premier temps étaient bien accueillies par les opérateurs, beaucoup estiment que la Fed n'aura finalement pas d'autre choix pour lutter contre l'inflation. Mais comment la Banque centrale américaine va-t-elle parvenir à calmer cette vigueur des prix sans mettre à mal la croissance de l'économie, déjà fragilisée par la guerre en Ukraine et les restrictions sanitaires en Chine ? C'est toute la question...

Sur le front des entreprises, les valeurs pétrolières ont été soutenues par la nouvelle progression des cours de l'or noir (le Brent évolue autour des 113$ ce soir), les préoccupations concernant l'offre avec un éventuel embargo européen sur les importations russes l'emportant pour le moment sur les incertitudes liées à la croissance économique mondiale. Ubisoft a été dopé par des rumeurs de rachat, et les résultats d'Arkema, de BNP Paribas et de Stellantis ont été salués. A l'inverse, JCDecaux a souffert après des prévisions jugées décevantes, le luxe a été délaissé alors que la situation en Chine continue à inquiéter et la tech a été emportée par la chute du Nasdaq sur fond de fortes tensions sur les taux obligataires.

LES VALEURS

* Ubisoft flambe de 14,2%, encore dopé par des rumeurs de rachat. Selon un article de 'Dealreporter', la famille Guillemot évalue un partenariat avec une société de capital-investissement, les noms de KKR & Co et Blackstone étant notamment évoqués. À la lumière de la chute du cours de l'action depuis 2018 et de l'environnement macroéconomique actuel, la direction d'Ubisoft peut penser que l'entreprise serait plus à même d'opérer en dehors des marchés, précise 'Dealreporter'. 'Bloomberg News' avait déjà dernièrement rapporté que l'éditeur de jeux vidéo était dans le viseur de plusieurs sociétés d'investissement, dont Blackstone et KKR & Co. "Ubisoft, qui est à l'origine de la franchise "Assassin's Creed", n'a entamé aucune négociation sérieuse avec des acquéreurs potentiels, et il n'est pas clair si son principal actionnaire est disposé à conclure un accord", avaient alors précisé les sources de l'agence.

* TotalEnergies gagne 7,2% et Vallourec grimpe de 6%, portés par la hausse des cours du brut. Vallourec a par ailleurs fait part du redémarrage partiel de l'exploitation de sa mine de fer au Brésil, sans utiliser le parc de résidus, après avoir obtenu l'accord des autorités minières à cet effet pour une période de trois mois. Sous ce régime temporaire, permis par la possibilité de recourir à des zones de stockage alternatives, l'objectif est de passer progressivement de 70% à la pleine production.

* Arkema avance de 6,5%. Le chimiste a nettement dépassé les attentes des analystes au premier trimestre et a rehaussé sa guidance d'Ebitda 2022. Malgré la forte inflation des matières premières et de l'énergie et une certaine disparité de croissance entre les régions et les marchés, le groupe a été porté par son accélération dans les matériaux de haute performance, sa capacité à intégrer les hausses de coûts dans ses prix de vente et son agilité dans un environnement mondial complexe.

* Alstom progresse de 5,7%. En amont de la publication des résultats annuels de l'entreprise le 11 mai, Citi a réitéré son avis 'achat' sur le dossier. La banque explique que le flux de trésorerie disponible, qui a été "le principal débat du marché" et a pesé sur l'action au cours de l'année écoulée, devrait revenir en territoire positif au second semestre et au cours des années suivantes. De plus, les nombreux freins récents, de l'augmentation des dépenses d'investissement aux frais de R&D, devraient se normaliser alors que les gains de contrat récents pourraient aussi finir par payer.

* Stellantis (+1,1%) a dévoilé un chiffre d'affaires net supérieur aux attentes des analystes au 1er trimestre 2022 et confirme sa guidance annuelle. Le constructeur automobile a réalisé sur les trois premiers mois de l'année des revenus nets de 41,5 milliards d'euros, en hausse de 12% par rapport au résultat Pro Forma de 37 MdsE du 1er trimestre 2021 (36,16 MdsE de consensus), reflet d'une tarification dynamique, d'un mix véhicules solide et d'effets de change favorables.

A l'inverse, * JCDecaux chute de près de 14% malgré la publication d'un chiffre d'affaires en croissance de plus de 50% au premier trimestre. Les investisseurs se sont focalisés sur la guidance de la société pour le trimestre en cours. En l'occurrence, le management a indiqué viser une croissance organique de plus de 15% sur la période. L'activité devrait ainsi rester très dynamique mais le marché attendait plus. Goldman Sachs ('vendre') déclare par exemple que l'objectif de croissance du 2e trimestre est bien en deçà de ses prévisions, reflétant l'impact des restrictions liées à la pandémie de Covid en Chine.

* Hermès trébuche de 12,2% avec Kering (-10,8%) et LVMH (-9,3%). Le compartiment du luxe a été délaissé par les opérateurs, inquiets par la situation en Chine où de nombreuses grandes villes sont toujours confinées alors que Pékin continue à appliquer sa politique 'zéro-Covid' pour faire face à la pandémie.

* Axa redonne 10,5%, après l'annonce d'une hausse de son chiffre d'affaires de 2% au premier trimestre, les activités de l'assureur français dans le domaine de la santé et des dommages ayant compensé le recul des revenus provenant de l'épargne et de l'assurance-vie. Le groupe s'est dit confiant dans sa capacité à atteindre les objectifs de son plan à horizon 2023 malgré les répercussions géopolitiques du conflit entre la Russie et l'Ukraine.

* L'Oréal abandonne 9,4%. Outre la situation en Chine, le numéro un mondial des cosmétiques a été plombé par l'avertissement de Estée Lauder. Le concurrent américain du géant français a revu à la baisse ses prévisions de résultats 2022, citant la situation en Chine où les fermetures de magasins et les perturbations de la chaîne d'approvisionnement sont fortes, mais également des coûts plus élevés et des perturbations en Europe en raison de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Jefferies note que la Chine est " moins essentielle " pour L'Oréal que pour Estée Lauder, ne représentant " que 20% " de ses ventes contre 36% pour l'entreprise américaine, néanmoins un risque de baisse "significatif" pèse sur les estimations actuelles du consensus au niveau de la croissance organique attendue au deuxième trimestre (+8,7%).

* Dassault Systèmes plonge de 7,1%, emporté, à l'image du secteur, par la chute du Nasdaq sur fond de flambée des taux d'intérêt.

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