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Asie : en baisse malgré l'optimisme de Wall Street

Asie : en baisse malgré l'optimisme de Wall Street
Asie : en baisse malgré l'optimisme de Wall Street
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les places de la zone Asie/Pacifique ne suivent pas la tendance de Wall Street qui a terminé en nette hausse hier soir, après l'annonce d'un vif rebond de la consommation aux Etats-Unis en mai, ce qui laisse espérer un redémarrage en "V" de l'économie. La Bourse de Shanghai recule de 0,2% avec Seoul, Bombay glisse de 0,3%, Tokyo cède 0,5% avec Hong Kong. Le regain de cas de Covid-19 en Asie, en particulier en Chine, plombe la tendance et a entraîné le reconfinement d'une vingtaine de quartiers à Pékin et la fermeture mardi de toutes les écoles de la capitale chinoise.

Aux Etats-Unis, le nombre de décès du coronavirus a atteint mardi soir 116.500, et le nombre de cas a dépassé 2,1 millions, selon les chiffres de l'université américaine Johns Hopkins. Le nombre de nouveaux cas est désormais en augmentation dans 23 des 50 Etats américains, selon un décompte tenu par le 'New York Times'. 10 Etats ont même connu un nombre record d'hospitalisations dimanche dernier, dont la Californie, la Floride et le Texas, trois Etats où les mesures restrictives sont en train d'être levées rapidement, selon des chiffres établis par le 'Washington Post'.

L'espoir d'un vaccin avant la fin de l'année

Alors que la résurgence de la maladie avait provoqué la semaine dernière une forte correction des Bourses, les marchés attendent beaucoup des dernières avancées médicales pour lutter contre le coronavirus. Ainsi, selon les résultats d'un essai clinique britannique, un médicament de la famille des stéroïdes, le dexamethasone, permet de réduire d'un tiers la mortalité chez les malades les plus gravement atteints par le Covid-19.
Par ailleurs, les investisseurs espèrent qu'un vaccin viendra juguler le virus à l'automne. Le week-end dernier, le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca a estimé être en mesure de livrer les premières doses de vaccin dès le mois d'octobre si les essais cliniques en cours sont couronnés de succès. De nombreux autres laboratoires dans le monde (dont la biotech américaine Moderna et le français Sanofi) testent des vaccins, avec pour objectif une commercialisation à l'automne ou au plus tard début 2021...

Hier soir, à la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 2,04% à 26.289 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 1,9% à 3.124 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a avancé de 1,75% à 9.895 pts. La hausse du S&P 500 a été tirée par les indices sectoriels de de l'Energie (+2,8%), de la Santé (+2,4%) et des Matériaux de base (+2,1%).
Les marchés américains ont ignoré un nouveau discours très prudent du président de la Fed Jerome Powell, préférant saluer l'annonce par la banque centrale US de la mise en oeuvre de son programme de rachat d'obligations d'entreprises. Par ailleurs, un projet évoqué par l'agence 'Bloomberg', à savoir un plan de l'administration Trump de 1.000 milliards dollars pour renforcer les infrastructures aux Etats-Unis, a aussi soutenu les marchés d'actions...
Le pétrole a profité de prévisions de rebond de la demande en 2021 faites par l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) : le cours du brut léger américain WTI a rebondi à 37,50$ le baril.

Les consommateurs américains se sont réveillés en mai

La batterie des indicateurs économiques publiés mardi aux Etats-Unis semble accréditer le scénario de la reprise économique en "V". Après les surprenantes statistiques de l'emploi américain en mai, publiées le 5 juin, les opérateurs ont pris connaissance de chiffres tout aussi ébouriffants de la consommation. Ainsi, les ventes de détail aux USA pour le mois de mai 2020 ont flambé de 17,7% en comparaison du mois précédent, contre un consensus de place de +7,5%, et après un recul révisé à -14,7% pour le mois d'avril.
Hors automobile, les ventes ont augmenté de 12,4% par rapport à avril, contre +5,2% de consensus et -15,2% au mois d'avril. Hors automobile et essence, les ventes se sont appréciées également de 12,4% en mai, contre +4% de consensus chez les économistes de la place.

Par ailleurs, l'indice du marché immobilier américain de la National Association of Home Builders (NAHB) pour le mois de juin 2020 est ressorti en très forte progression à 58, contre un consensus de seulement 44 et un niveau de 37 un mois plus tôt. Les stocks des entreprises américaines pour le mois d'avril 2020, qui viennent également d'être publiés, ont reculé de 1,3% en comparaison du mois antérieur, contre -0,5% de consensus et -0,2% un mois auparavant.

L'économie a touché le fond, mais la reprise reste incertaine, selon Powell

Le président de la Fed Jerome Powell, qui s'exprimait mardi devant une commission du Sénat, a commenté ces chiffres de l'emploi et des ventes de détail en estimant que l'économie avait sans doute désormais touché son point bas et qu'elle commençait à se rétablir, après la phase de confinement de mars et avril.
Cependant, le patron de la banque centrale américaine s'est montré prudent soulignant que la vigueur de la reprise restait incertaine. "Une bonne partie de cette incertitude vient des incertitudes concernant l'évolution de la maladie et l'efficacité des mesures prises pour la maîtriser", a expliqué Jerome Powell, devant une commission du Sénat. "Tant que la population n'est pas certaine qu'elle la pandémie est endiguée, il est peu probable que l'économie se remette complètement", a-t-il ajouté.

Lundi soir, la Fed avait encore accru son soutien en annonçant le démarrage de son programme de rachat d'obligations d'entreprises, prévu dans le cadre de la batterie de mesures annoncées le 23 mars dernier pour faire face à la récession provoquée par la crise sanitaire. Jusqu'à présent, la Banque centrale américaine avait uniquement acheté des obligations privées de façon indirecte, via des fonds indiciels (ETF).
Le 10 juin, à l'issue de sa dernière réunion de politique monétaire, la Fed s'était montrée inquiète d'une reprise économique lente et avait signalé son intention de maintenir ses taux directeurs proches de zéro au moins jusqu'à la fin 2022. Elle a réitéré son engagement à utiliser toute la gamme de ses outils pour sortir l'économie américaine de l'ornière où l'a précipitée la pandémie...
Sur les devises, l'euro pointe ce matin à 1,1270/$. L'or reste solide à 1.727$ l'once et le pétrole brent ouvre sur la barre des 40$.

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