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Wall Street : rebond tenté avant les GAFA

Wall Street : rebond tenté avant les GAFA

Wall Street grimpe avant bourse ce jeudi, le DJIA prenant 0,8%, le S&P500 1% et le Nasdaq 1,3%...

Wall Street : rebond tenté avant les GAFA
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street grimpe avant bourse ce jeudi, le DJIA prenant 0,8%, le S&P500 1% et le Nasdaq 1,3%. La cote américaine tente donc un sursaut après la brutale purge de la veille sur fond d'inquiétudes sanitaires (-3,43% sur le Dow et -3,73% sur le Nasdaq). Les opérateurs se risquent à quelques achats avant les publications des GAFA (Alphabet, Amazon, Facebook et Apple annoncent ce soir leurs résultats). La tendance reste toutefois fébrile, alors que l'incertitude politique persiste à l'approche de l'élection présidentielle du 3 novembre.

Sur le front économique ce jour aux Etats-Unis, les chiffres avancés (première des trois estimations) du PIB pour le troisième trimestre seront connus à 13h30 (consensus... +30,9% de croissance en rythme annualisé, +38,9% pour les dépenses personnelles des ménages). Les inscriptions au chômage pour la semaine close au 24 octobre seront annoncées à la même heure (consensus 758.000). Les promesses de ventes de logements du mois de septembre seront connues à 15 heures (consensus +3,5%).

Concernant l'épidémie, le dernier bilan de l'Université Johns Hopkins fait ressortir plus de 44,5 millions de cas confirmés du nouveau coronavirus dans le monde depuis l'émergence de ce virus meurtrier, dont 8,86 millions aux Etats-Unis, 8,04 millions en Inde et 5,47 millions au Brésil. Le virus a tué 1,17 million de personnes dans le monde et 227.700 aux USA... En Europe, France et Allemagne ont annoncé un durcissement des mesures de restriction face à la propagation très rapide du virus, ce qui devrait peser sur la croissance du quatrième trimestre mais aussi inciter la BCE à fournir plus de soutien. Un ton très accommodant est donc attendu de la part de la Banque Centrale Européenne cet après-midi, avec un communiqué prévu à 13h45 et une conférence de presse de Christine Lagarde à 14h30.

La bourse de New York a chuté de plus de 3% mercredi, retombant au plus bas depuis trois mois, plombée notamment par les valeurs technologiques et pétrolières. L'aversion au risque a fait son retour face à la résurgence de l'épidémie de coronavirus, qui a forcé l'Allemagne et la France à annoncer mercredi des reconfinements partiels. Les incertitudes sur l'issue de l'élection américaine du 3 novembre ont aussi poussé les opérateurs vers des valeurs refuge, à commencer par le dollar. L'or n'a en revanche pas profité du mouvement de fuite vers la sécurité, tandis que le pétrole a dégringolé de plus de 5%.

A la clôture, l'indice Dow Jones a abandonné 3,43% à 26.519 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 3,53% à à 3.271 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a flanché de 3,73% à 11.004 pts. Les trois indices américains sont revenus à leurs plus bas niveaux depuis la fin du mois de juillet.

A noter que Wall Street ferme cette semaine à 21h00 heure française, compte-tenu du passage à l'heure d'hiver en France. Le week-end prochain, New York passera à son tour à l'heure d'hiver, et la clôture se fera à nouveau à 22h heure de Paris (16h à New York).

Les marchés financiers ont été surpris de la rapidité de l'aggravation de la situation sanitaire, qui fait craindre une rechute de l'économie, qui a entamé une reprise dynamique depuis l'été dernier. Aux Etats-Unis, le nombre d'infections nouvelles a dépassé les 70.000 mardi après avoir touché un record de plus de 80.000 en fin de semaine dernière. Le nombre de nouveaux cas sur 7 jours glissants est désormais au plus haut depuis le début de la pandémie, signalant une accélération de l'épidémie, selon les statistiques de l'université américaine Johns Hopkins.

Aux Etats-Unis, le nombre de cas augmente fortement dans de nombreuses régions du Midwest et centre-Ouest, où les hôpitaux commencent à être sous tension.

Dans ce contexte sanitaire inquiétant, la campagne électorale continue de battre son plein aux Etats-Unis, où le président Donald Trump a encore prévu des meetings cette semaine. A cinq jours du scrutin, son adversaire démocrate Joe Biden reste en tête dans les sondages, et concentre ses attaques sur la gestion de la pandémie.

Donald Trump continue de minimiser cette crise après avoir lui-même vaincu la maladie début octobre. "Covid, Covid, Covid, chantent à l'unisson les médias de désinformation", a-t-il tweeté mercredi. "Ils ne vont parler de rien d'autre jusqu'au 4 novembre", lendemain du scrutin, s'est-il exclamé.

Mardi, Joe Biden avait tancé son adversaire en rappelant que "plus de 225.000 Américains sont morts de la Covid-19 (...) Des millions de personnes sont au chômage, au bord du gouffre. Et Donald Trump a abandonné", a-t-il ajouté, faisant allusion à une petite phrase du chef de cabinet de la Maison Blanche, Mark Meadows, qui avait affirmé le week-end dernier que le gouvernement se concentrait sur l'élaboration d'un vaccin plutôt que sur le contrôle de la pandémie.

Pendant ce temps, les discussions entre la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, au sujet d'un nouveau "package" budgétaire de soutien à la croissance aux Etats-Unis n'ont pas abouti. Même si un accord de dernière minute était trouvé, les chances de le faire adopter avant l'élection de mardi prochain sont désormais infimes.

Les marchés craignent que le plan soit alors reporté au début 2021, après la prise de fonction du nouveau président et celle des nouveaux représentants et sénateurs (toute la chambre et un tiers du Sénat seront renouvelés le 3 novembre). Le risque d'un report serait encore plus élevé si le résultat des urnes était très serré mardi prochain, et susceptible d'être contesté... Donald Trump a déjà signalé qu'il envisageait d'intenter des recours en cas de défaite.

Les valeurs

Tiffany et LVMH ont conclu ce jour un accord modifiant certains termes du contrat de fusion conclu en novembre 2019. Aux termes de cet accord, le prix d'offre a été diminué et est désormais de 131,50 dollars par action et la certitude de réalisation de l'opération a été renforcée. Les autres principes contenus dans le Merger Agreement demeurent inchangés. Cet accord met un terme à l'ensemble des actions judiciaires opposant devant la Cour du Delaware LVMH et Tiffany.

Amgen, géant biotechnologique américain, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal des résultats supérieurs aux attentes de marché avec la croissance des volumes. Les revenus trimestriels ont ainsi totalisé 6,42 milliards de dollars, en augmentation de 12% en glissement annuel, alors que le consensus se situait à 6,38 milliards. Le bénéfice net est ressorti à 2,02 milliards de dollars soit 3,43$ par titre, contre 1,97 milliard et 3,27$ par action un an plus tôt. Le consensus était de 2,9$ de bpa. Le bénéfice ajusté par action a lui aussi amplement dépassé les attentes, à 4,37$ contre 3,8$ de consensus. Robert Bradway, CEO, évoque des résultats solides dans un environnement difficile, ainsi qu'une progression du pipeline de nouveaux médicaments.

Gilead Sciences a bénéficié sur le troisième trimestre fiscal des ventes de son traitement du coronavirus remdesivir. Néanmoins, dans un contexte complexe, le groupe revoit en baisse ses prévisions 2020 de revenus, avec un haut de fourchette ramené à 23,5 milliards de dollars, contre 24,1 milliards de consensus et 25 milliards pour le haut de la fourchette antérieure. Remdesivir est le seul traitement approuvé aux USA pour les patients hospitalisés pour le Covid-19, mais le groupe peine à évaluer ses perspectives de ventes. Sur le trimestre, le traitement a apporté 873 millions de dollars de chiffre d'affaires, alors que le consensus était de 960 millions. Les revenus totaux du trimestre clos ont été de 6,6 Mds$, contre 6,31 Mds$ de consensus. Le bénéfice ajusté par action a représenté 2,11$, largement supérieur aux attentes. Les ventes des traitements HIV du groupe ont augmenté de 8% à 4,55 Mds$.

Regeneron a indiqué hier soir que son cocktail d'anticorps contre le Covid-19, un traitement expérimental administré à Donald Trump durant sa récente hospitalisation consécutive à sa contamination, avait fortement réduit les visites médicales des patients atteints d'une forme légère à modérée du virus.

Visa est parvenu à dépasser les attentes de marché sur le quatrième trimestre fiscal, malgré l'impact majeur de la pandémie sur les dépenses de voyages. Le groupe a annoncé un bénéfice trimestriel ajusté par action de 1,12$, contre un consensus de marché de 1,09$ et un bpa de 1,47$ un an plus tôt, à la même période. Les revenus ont totalisé quant à eux 5,1 milliards de dollars, contre 5 milliards environ de consensus de place et 6,14 milliards de chiffre d'affaires sur la période correspondante de l'an dernier.

eBay, le géant des enchères en ligne, a dépassé les attentes de marché pour le troisième trimestre et rehaussé sa guidance annuelle. Le groupe a réalisé un bénéfice trimestriel ajusté par action de 85 cents, contre un consensus de 76 cents et un bpa de 67 cents un an plus tôt. Les revenus du groupe ont totalisé 2,61 milliards de dollars, ce qui dépasse de 5% le consensus, alors qu'ils étaient de 2,65 milliards sur la période comparable de l'an dernier. La guidance de revenus annuels va désormais de 10,04 à 10,11 milliards de dollars, soit une croissance organique hors effets de change de 19 à 20%, pour un bpa GAAP allant de 3$ à 3,06$ et un bénéfice ajusté par action allant de 3,34 à 3,4$ (3,04 à 3,16$ hors annonces classées).

Ford, le constructeur automobile du Michigan, a dévoilé hier soir des résultats supérieurs aux attentes et envisage désormais un bénéfice avant imposition sur l'année - contre une perte auparavant anticipée. Le groupe, qui profite de la forte demande américaine en pickups et SUV, a annoncé un bénéfice de 2,4 milliards de dollars sur le trimestre, 60 cents par titre, contre 400 millions de dollars et 11 cents par action un an avant. Le bénéfice ajusté est même ressorti à 3,6 milliards de dollars, 65 cents par action, contre 19 cents de consensus. Le bénéfice annuel avant imposition est attendu entre 600 millions de dollars et 1,1 milliard de dollars.

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