Wall Street prudent, avant les chiffres de l'inflation

Wall Street prudent, avant les chiffres de l'inflation

Wall Street est attendu en timide hausse avant bourse ce mercredi, le DJIA et le S&P 500 s'accordant 0,1%, contre un gain de 0,2% sur le Nasdaq...

Wall Street prudent, avant les chiffres de l'inflation
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street est attendu en timide hausse avant bourse ce mercredi, le DJIA et le S&P 500 s'accordant 0,1%, contre un gain de 0,2% sur le Nasdaq. La tendance demeure donc légèrement positive, après un joli rebond hier soir suite à l'intervention de Powell. Le baril de brut WTI avance de 0,3% sur le Nymex à 81,5$. L'once d'or se stabilise à 1.819$. L'indice dollar affiche peu d'évolution. Le bitcoin remonte de 3,5% à 43.331$.

L'audition de Jerome Powell hier a donc rassuré les opérateurs, le président de la Fed ayant manié la nuance avec brio et évité d'entretenir l'idée d'une accélération de la levée du soutien monétaire. Ce mercredi, les chiffres des prix à la consommation aux USA revêtent toutefois une importance toute particulière. L'indice des prix à la consommation du mois de décembre 2021 sera révélé à 14h30. Le consensus FactSet est de 0,4% de hausse en comparaison du mois antérieur et 7% sur un an. Les prix aux USA progresseraient donc au rythme le plus rapide en près de 40 ans. Hors alimentation et énergie, le CPI est anticipé en augmentation de 0,5% par rapport à novembre et de 5,4% en glissement annuel.

Parmi les autres statistiques du jour, plus secondaires, l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois de janvier sera communiqué à 16 heures (3,4% pour sa dernière lecture). Le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains, pour la semaine close au 7 janvier, sera pour sa part révélé à 16h30. Le Livre Beige économique de la Fed, résumé des conditions régionales, sera annoncé à 20 heures. La balance budgétaire de décembre sera communiquée à la même heure... Neel Kashkari, patron de la Fed de Minneapolis, interviendra durant la journée.

Les marchés financiers ont été rassurés hier par l'audition de Jerome Powell devant le Sénat américain, dans le cadre de sa nomination par Joe Biden pour un second mandat à la tête de la banque centrale américaine. Lael Brainard, nommée vice-présidente, sera pour sa part auditionnée jeudi. Le président de la Fed s'est montré assez convaincant en assurant que l'institution monétaire était en capacité de juguler l'inflation, en relevant ses taux directeurs et en commençant à réduire son bilan cette année.

Face aux sénateurs, Jerome Powell a confirmé sans grande surprise que la Fed s'apprêtait à entamer la normalisation de sa politique monétaire. L'économie américaine, désormais en phase de reprise solide, n'a "plus besoin et ne veut plus" des politiques ultra-accommodantes justifiées par la crise sanitaire du coronavirus, a-t-il fait remarquer. Il a souligné que l'économie se développe à son rythme le plus rapide depuis de nombreuses années et que le marché du travail demeure solide malgré la vague du variant Omicron.

Il a toutefois estimé que l'inflation plus durable que prévu faisait peser "une menace grave" sur la reprise du marché américain de l'emploi, ce qui justifie une remontée des taux directeurs. Il a ajouté que la Fed s'attendait à ce que les tensions sur les prix s'allègent au second semestre 2022. Mais si elles se prolongeaient, la Fed est prête à relever ses taux plus agressivement, même si "le chemin sera long" avant la normalisation de sa politique monétaire. "Si nous devons relever les taux d'avantage sur la durée, nous le ferons", a-t-il indiqué. Retrouver une stabilité des prix est "en haut de la liste des priorités" de la Réserve fédérale, a martelé le patron de la Fed.

Il a aussi estimé qu'"à un moment donné" de l'année 2022, la Fed devrait commencer à réduire son bilan (lourd de 8.770 Mds$ d'obligations acquises) en cessant de racheter les obligations arrivant à échéance. Une position qui semble un peu moins tranchée que certains membres de la Fed, dont Esther George (Fed de Kansas City), qui veulent commencer à réduire le bilan rapidement, dès le début de la remontée des taux directeurs, sans doute en mars prochain.

Les marchés financiers, qui s'étaient effrayés la semaine dernière des dernières Minutes de la Fed et de déclarations de plusieurs membres de la Fed, ont été un peu soulagés de constater que Powell n'avait pas fait dans la surenchère, tout en se montrant convaincant sur la capacité de la Fed à empêcher l'inflation de s'enraciner.

Les marchés, qui tablent désormais sur quatre hausses de taux d'ici à la fin 2022, n'ont pas trouvé de cause supplémentaire d'inquiétude dans les propos de Powell, ce qui a incité nombre d'entre eux à partir à la chasse aux bonnes affaires après la récente correction. L'indice Dow Jones a ainsi regagné 0,5% et le Nasdaq a rebondi de 1,4% mardi à la clôture.

Plusieurs grandes banques, dont JP Morgan Chase et UBS estiment que les marchés pourront digérer sans trop d'encombres des hausses de taux à condition que la reprise économique se poursuive cette année. Marko Kolanovic, qui dirige la stratégie mondiale de JP Morgan, a ainsi estimé qu'il est temps "d'acheter le creux" de la vague boursière. D'autres économistes sont cependant plus prudents, estimant que les perturbations causées par le variant Omicron du coronavirus et la transition énergétique sont de nature à entraîner un ralentissement économique accompagné d'une inflation persistante...

Dans une note publiée lundi, la banque d'affaires Goldman Sachs dit s'attendre à quatre hausses de taux directeurs cette année, en mars, juin, septembre et décembre. La banque centrale américaine devrait aussi commencer à réduire son bilan à partir de juillet, voire plus tôt, estime GS.

Les valeurs

Biogen dévisse de 8% avant bourse à Wall Street, alors qu'une agence de santé américaine (CMS) a décidé de restreindre la couverture Medicare de certains médicaments contre la maladie d'Alzheimer, y compris l'Aduhelm de la société, aux seuls patients inscrits à un essai clinique qualifié.

Dish Network et DirecTV seraient en pourparlers en vue d'une fusion. Des sources ont déclaré au New York Post que les initiés seraient optimistes quant au fait qu'un accord entre les deux sociétés ne soit pas confronté aux mêmes problèmes antitrust que par le passé, étant donné que les inquiétudes concernant la position de marché des sociétés ont diminué. Des sources proches de la situation affirment que TPG Capital fait avancer les pourparlers entre Dish et DirecTV, car ils souhaitent récupérer leur investissement après avoir acquis une participation de 30% dans DirecTV auprès d'AT&T l'année dernière. Le président de Dish, Charlie Ergen, semble néanmoins retarder la finalisation d'un accord, car il exige des actions avec droit de vote en quantité importante et un rôle dans la prise de décisions clés au sein de la société combinée.

Apple. Goldman Sachs estime que les délais de livraison des iPhone suggèrent une offre répondant désormais largement à la demande, après les difficultés d'approvisionnement de l'an dernier.

Alphabet. La maison-mère de Google pourrait enregistrer cette année la plus mauvaise performance boursière des 'FANG' (Facebook, Amazon, Netflix et Google), selon une enquête JP Morgan, alors qu'Amazon serait le favori des investisseurs interrogés avec 70% des votes.

Block. L'Australien Afterpay, actif dans les paiements différés, a annoncé que son rachat pour 29 milliards de dollars par Block, firme de paiement numérique de Jack Dorsey auparavant connue sous le nom de square, avait reçu le feu vert de la Banque d'Espagne, dernier obstacle au projet, qui devrait être finalisé le 1er février.

Lucid. Le président du groupe, Andrew Liveris, a annoncé son intention de construire une usine de véhicules électriques en Arabie saoudite au cours des trois à quatre prochaines années.

Lockheed Martin. La commission fédérale du Commerce aux Etats-Unis va repousser de deux semaines son avis sur le projet de rachat d'Aerojet Rocketdyne par Lockheed pour 4,4 milliards de dollars, selon deux sources proches du dossier de l'agence Reuters.

Tesla. Les autorités de Californie entendent déterminer si le système FSD d'assistance à la conduite autonome est éligible aux normes sur les véhicules autonomes en vigueur dans l'Etat. Cela obligerait le groupe d'Elon Musk à divulguer des informations sur tous les accidents ayant impliqué ses voitures, à en croire le LA Times.

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