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Wall Street : le spectre de l'inversion de la courbe des taux

Wall Street : le spectre de l'inversion de la courbe des taux

Le marché obligataire américain s'est brusquement dégradé mardi sur fond de rechute des cours de Bourse. Les taux à long terme ont chuté, se rapprochant des taux à court terme, un phénomène qui pourrait annoncer une récession.

Wall Street : le spectre de l'inversion de la courbe des taux
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Si les marchés d'actions sont volatils ces derniers jours à Wall Street, les investisseurs s'inquiètent également des signes inquiétants envoyés par les marchés obligataires américains. Depuis une semaine, les taux d'intérêts à moyen et long terme se sont nettement détendus, se rapprochant dangereusement des taux à court terme.

Mardi, une étape supplémentaire a même été franchie, le rendement de l'emprunt d'Etat américain (T-Bond) à 5 ans (2,79%) tombant en dessous de celui à 2 ans (2,81%) et celui à 3 ans (2,80%). En outre, l'écart ("spread") entre le T-Bond à 2 ans et celui à 10 ans s'est réduit en séance à seulement 0,11 point de pourcentage, tout proche de l'inversion... Mardi soir, le T-Bond à 10 ans rapportait ainsi 2,92%, en nette baisse de 7 points de base, alors qu'il avait culminé début octobre à 3,24%.

Les marchés obligataires semblent anticiper une récession

Or, les économistes ont constaté qu'une inversion durable de la courbe des taux (c'est à dire si les obligations à long terme rapportent moins que celles à court terme), est souvent un signe avant-coureur d'une récession, qui intervient généralement dans un délai de deux trimestres après le début du phénomène. Dans un marché normal, en effet, les investisseurs exigent des rendements plus élevés pour prêter à long terme qu'à court terme. La situation inverse traduit un manque de confiance dans l'avenir de l'économie à court terme...

Ce mardi, la courbe des taux (allant de 2 ans à 30 ans) était la plus plate depuis au moins 11 ans, ce qui équivaut à un signal d'alarme de la part des marchés obligataires concernant la santé de l'économie américaine. La forte baisse des taux observée mardi pourrait toutefois n'être qu'un phénomène ponctuel lié à la rechute des indices boursiers de plus de 2%, ce qui a poussé les investisseurs à acheter des valeurs refuge comme les obligations (dont les cours évoluent en sens inverse des taux).

Craintes pour la croissance, malgré la trêve commerciale

La Bourse de New York a ainsi réagi au retour des doutes concernant un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Alors que la rencontre, le 1er décembre, entre Donald Trump et Xi Jinping a débouché sur une trêve de trois mois dans leur querelle commerciale, les marchés attendent toujours des éléments tangibles, leur prouvant que l'escalade des taxes d'importation sera stoppée entre les deux plus grandes économies mondiales.

Malgré une série de barrières douanières appliquées au printemps et à l'automne, la croissance est restée jusqu'ici solide outre-Atlantique, même si elle a un peu ralenti au 3ème trimestre, à 3,5% en rythme annuel après +4,2% au 2ème trimestre. Cependant, les économistes, notamment ceux de la Réserve fédérale américaine, ont relevé ces dernières semaines quelques signaux d'alerte.

La Fed va-t-elle faire une pause sur ses hausses de taux en 2019 ?

Ainsi, de nombreux secteurs, dont l'automobile, ont fait état d'une hausse de leurs coûts sous l'effet des nouveaux droits douaniers imposés par Donald Trump. Le secteur de la construction donne de son côté des signes d'affaiblissement depuis plusieurs mois. Et les profits des entreprises, qui ont encore bondi de près de 25% au 3ème trimestre par rapport au T3 de 2017, devraient ensuite nettement ralentir leur rythme de progression en 2019, selon le consensus des analystes.

Le brusque aplatissement de la courbe des taux s'est accéléré depuis que la Fed s'est montré un peu moins "faucon" pour la suite de son cycle de hausse des taux. La semaine dernière, son président, Jerome Powell, a ainsi estimé que le taux des "fed funds" étaient désormais "juste en dessous" du taux neutre (ni stimulant ni pénalisant pour l'économie) alors qu'à la mi-octobre, il jugeait que ce niveau neutre était encore très éloigné. Il a donné les sentiment que la Fed pourrait faire une pause en 2019, après un tour de vis prévu de longue date lors de sa prochaine réunion de décembre (qui porterait le taux des "fed funds" entre 2,25% et 2,50%).

©2018,

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