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Wall Street incertain après la correction

Wall Street incertain après la correction

La cote américaine reste hésitante avant bourse ce mercredi, le S&P500 reculant de 0,1% et le Nasdaq progressant à l'inverse de 0,1%...

Wall Street incertain après la correction
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine reste hésitante avant bourse ce mercredi, le S&P500 reculant de 0,1% et le Nasdaq progressant à l'inverse de 0,1%. Sur le Nymex, le baril de brut WTI abandonne 2,2% sur les 25$. Le Brent de la mer du Nord rend 3% sur les 29$. L'once d'or consolide de 0,2% à 1.704$.

Les inquiétudes persistent concernant la pandémie, les investisseurs craignant une nouvelle vague épidémique avec la fin des confinements. En outre, la situation, qui semblait apaisée avec la Chine, se complique à nouveau.

Selon l'Université Johns Hopkins, le nouveau coronavirus a contaminé 4,26 millions de personnes dans le monde depuis le début de l'épidémie et fait près de 292.000 morts.

Aux Etats-Unis, le virus a frappé 1,37 million de personnes et fait plus de 82.000 morts. Les commentaires du Dr Anthony Fauci, l'un des experts médicaux majeurs de la Maison blanche, ont jeté un froid, ce dernier avertissant quant aux risques d'une réouverture prématurée de l'économie américaine, la pandémie n'étant toujours pas maîtrisée dans certaines régions.

Depuis le début de l'épidémie, 242 milliers de cas ont été dénombrés en Russie, 228 milliers en Espagne ou encore 227 milliers au Royaume-Uni (qui recense près de 33.000 décès)... En Chine, sept nouveaux cas ont été confirmés aujourd'hui et la ville de Jilin, où ont été décelés six nouveaux cas, va imposer de nouvelles restrictions.

Sur le front économique outre-Atlantique ce mercredi, l'indice des prix à la production du mois d'avril sera communiqué à 14h30 (consensus -0,5% en comparaison du mois antérieur, -0,1% hors alimentation et énergie).

L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois de mai sera révélé à 16 heures. Il était de +1,4% en avril.

Le rapport du Département américain à l'Energie concernant les stocks pétroliers domestiques, pour la semaine close au 8 mai, sera annoncé à 16h30.

Mais le grand rendez-vous économique de la journée aux USA sera sans nul doute l'intervention du président de la Fed, Jerome Powell, alors que Donald Trump lui réclame désormais des taux négatifs.

Dans l'actualité entreprises, BlackRock perd encore du terrain à Wall Street, alors que son principal actionnaire, PNC Financial Services, entend céder la totalité de sa participation de 22% au capital du leader mondial de la gestion d'actifs. PNC va vendre ses titres ordinaires et préférentiels via une offre secondaire, et BlackRock rachètera pour 1,1 milliard de dollars de ses titres ordinaires. PNC possédait 35 millions de titres BlackRock valorisés environ 17 milliards.

La Bourse de New York a fini en nette baisse mardi soir après l'avertissement du Dr Anthony Fauci, le principal conseiller santé de la Maison Blanche, contre les conséquences "très graves" en cas de déconfinement trop hâtif face au Covid-19. L'immunologue réputé rejoint ainsi de nombreux membres de la Réserve fédérale, qui ont eux aussi multiplié ces derniers jours les messages de prudence face aux risques encourus en cas de 2e vague de pandémie de coronavirus. De son côté, Donald Trump continue de multiplier les encouragements à une réouverture de l'économie américaine.

Les indices ont creusé leurs pertes pendant la dernière heure de cotation, l'indice Dow Jones cédant en clôture 1,89% à 23.764 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 2,05% à 2.870 pts. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a perdu 2,07% à 9.002 pts, mettant fin à 6 séances de hausse consécutive.

Lors d'une audition devant le Sénat par visioconférence, le Dr Fauci a estimé mardi que "les conséquences pourraient être très graves" en cas de déconfinement trop rapide dans un Etat américain, une ville ou une région. Si l'économie redémarre en des lieux qui "n'ont pas la capacité d'y répondre efficacement (à la crise sanitaire : ndlr), je crains que nous ne voyions des petites poussées qui pourraient devenir des épidémies" de coronavirus, a-t-il ajouté.

"Nous ne savons pas tout sur ce virus, et nous devrions vraiment faire très attention, particulièrement au sujet des enfants", a-t-il encore déclaré. "Il faut être prudent à l'heure [...] de penser que les enfants sont complètement immunes à ses effets nocifs", a-t-il insisté. Il a aussi averti que le bilan aux Etats-Unis, pays le plus touché par la pandémie, était "probablement plus élevé" que les 80.000 morts officiels, notamment en prenant en compte les cas de personnes décédées chez elles.

Lundi, le Dr Fauci avait lancé un avertissement encore plus sombre, en déclarant au 'New York Times' que les Etats-Unis risqueraient de connaître "des morts et de la souffrance inutiles" s'ils levaient les restrictions "de façon prématurée".

La prudence du Dr Fauci, une personnalité très respectée aux Etats-Unis, contraste avec l'impatience affichée ces dernières semaines par Donald Trump en vue de faire "rouvrir l'économie américaine". Mardi matin, le président américain a encore tweeté avec enthousiasme que "notre capacité de tests est la meilleure du monde, de loin. Les chiffres baissent dans la plupart des régions de notre pays, qui veut rouvrir et redémarrer. C'est ce qui est en train de se passer, en toute sécurité !", a-t-il estimé.

Le président a multiplié les tweets sur un éventail de sujets, appelant notamment une nouvelle fois de ses voeux des taux négatifs de la part de la Fed. "Tant que d'autres pays bénéficient des avantages des taux négatifs, les Etats-Unis devraient également accepter le 'CADEAU'", a-t-il lancé.

Il a aussi salué le récent rebond des cours du pétrole. "Les prix du Pétrole Brut augmentent alors que l'Arabie saoudite réduit ses niveaux de production. Nos grandes Compagnies d'Energie, avec des millions d'EMPLOIS, recommencent à bien paraître. Dans le même temps, les prix de l'essence sont à des niveaux historiquement bas (comme une grosse Baisse d'Impôt). Le MEILLEUR des Mondes. 'Transition vers la grandeur'".

Enfin, Donald Trump a soutenu Elon Musk, le patron de Tesla, qui entend rouvrir son usine califonienne en passant outre l'interdiction des autorités de cet Etat. Trump a ainsi estimé que "la Californie devrait laisser Tesla & Elon Musk ouvrir l'usine, MAINTENANT. Cela peut être fait Rapidement & de manière Sûre !"

"Les Américains sont des GUERRIERS!", a conclu le locataire de la Maison blanche, visiblement en grande forme.

Après leur vif rebond depuis le point bas de mars, dans l'espoir d'une reprise économique après le déconfinement, les marchés financiers sont parvenus à la croisée des chemins. Les experts sont partagés sur la capacité des marchés d'actions à poursuivre leur rebond, au vu de la forte baisse attendue des bénéfices des entreprises dans les trimestres à venir, et de la probabilité d'une sévère récession en 2020, malgré un rebond de l'activité anticipé au 2e semestre.

Depuis une semaine, de nombreux membres de la Réserve fédérale ont multiplié les discours prudents, évoquant une économie très gravement plombée, notamment par un taux de chômage historique, et une reprise qui s'annonce très progressive en raison des incertitudes sur le plan sanitaire. Le président de la Fed, Jerome Powell, sera très attendu sur tous ces sujets, mercredi, lors d'une conférence sur la situation économique organisée en visioconférence par l'Institut Petersen.

Parmi les dernières déclarations, le président de la Fed de St. Louis, James Bullard, a estimé mardi qu'une prolongation des mesures de confinement entraînerait "des faillites d'entreprises à grande échelle et provoquerait un risque de dépression" économique. Le patron de la Fed de Minneapolis, Neel Kashkari, a de son côté prévenu que la reprise économique serait "graduelle et timide", tandis que le président de la Fed de Dallas, Robert Kaplan, a estimé mardi que l'économie aura besoin de plus de soutien de la part du gouvernement si le taux de chômage continue de grimper. Le taux de chômage a bondi en avril à 14,7% aux Etats-Unis contre 4,4% un mois plus tôt, un chiffre record de 20,5 millions d'emplois ayant été détruits en raison de la crise du Covid-19. Robert Kaplan a en outre joint sa voix à celles d'autres responsables de la Fed en rejetant fermement l'éventualité de taux d'intérêt négatifs.

Par ailleurs, le département du Trésor a annoncé que le déficit budgétaire des Etats-Unis a flambé en avril pour atteindre un niveau record de 738 milliards de dollars, en raison de la hausse des dépenses de l'Etat et de la baisse des recettes fiscales provoquées par la crise du Covid-19. En données cumulées, le déficit budgétaire de l'année fiscale en cours (entamée le 1er octobre 2019) a atteint à la fin avril un niveau record de 1.480 Mds$, contre 531 Mds$ sur la même période un an plus tôt.

Le marché pétrolier est reparti à la hausse mardi. Sur le Nymex, le baril de brut léger américain (WTI) pour livraison juin a rebondi de 6,8% à 25,78$, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet a repris 1,2% à 29,98$.

L'Arabie saoudite a annoncé lundi que sa compagnie Aramco allait réduire sa production d'un million de barils par jour supplémentaires d'ici à juin à 7,492 millions de barils/jour. La semaine dernière, les cours du WTI avaient repris 25% et ceux du Brent 17%, sur fond d'espoirs d'une reprise progressive de la demande mondiale et d'annonces de baisses de production par l'Opep+ ainsi que de nombreux groupes pétroliers américains.

Les valeurs

BlackRock, qui abandonnait 7,8% en clôture hier à Wall Street, reste incertain ce mercredi. PNC Financial Services, qui détenait plus de 22% du capital du géant de la gestion d'actifs, va donc vendre la totalité de ses parts avec une copieuse plus-value, après deux décennies de présence au tour de table. Selon le directeur général de PNC, William Demchak, le moment était donc venu. Il est probable que la firme désire renforcer ses liquidités afin de faire face à la crise actuelle. PNC pourrait aussi en profiter pour opérer une large acquisition, durant cette période perturbée. Durant la crise de 2008, le groupe en avait profité pour acquérir National City Corp. PNC était entré au capital de BlackRock en 1995.

GrubHub a bondi de 29% hier à Wall Street, sur des rumeurs de négociations en vue d'un rachat par le groupe de VTC Uber. La cotation du titre du livreur de repas (qui a flambé de plus de 36% en séance) a été suspendue pendant une partie de la journée. Selon une source proche du dossier citée par l'agence 'Reuters', Uber serait en discussions avancées pour racheter la société de livraisons de repas basée à Chicago par le biais d'une transaction en actions, corroborant des informations publiées plus tôt par le Wall Street Journal.

Selon le Wall Street Journal et CNBC, GrubHub pourrait accepter une offre de 2,15 titres Uber pour une action GrubHub, ce qui valoriserait la société plus de 6 Mds$. Dans un communiqué envoyé à CNBC, GrubHub n'a pas confirmé ces négociations, mais a indiqué mardi soir que la société étudiait "les opportunités créatrices de valeur", et estimait qu'une consolidation du secteur de la livraison alimentaire "faisait du sens"... Les activités de livraison de repas à domicile ont connu un vif essor depuis la crise du coronavirus, qui a dopé les commandes des internautes confinés. L'activité Uber Eats, activité de livraison de repas à domicile d'Uber, a ainsi vu son chiffre d'affaires grimper de plus de 50% au premier trimestre sur un an, à 819 millions de dollars, à la faveur des restrictions de déplacements imposées dans de nombreux pays...

Tesla gagne du terrain avant bourse à Wall Street, alors que le comté d'Alameda, en Californie, pourrait autoriser le groupe d'Elon Musk à rouvrir son usine de Fremont dès la semaine prochaine. Des responsables du comté ont ainsi annoncé ce jour que le groupe pourrait rouvrir dès la semaine prochaine s'il mettait en application certaines recommandations additionnelles de sécurité. L'Alameda County Public Health Department semble donc mieux luné, après avoir pris connaissance de plans spécifiques de sécurité Covid-19 de Tesla pour son site de Fremont. Le département de santé du comté dit ainsi avoir mené des discussions productives avec des représentants de Tesla à propos des plans de sécurité et prévention.

"Tesla redémarre la production aujourd'hui contre les règles du comté d'Alameda. Je serai sur la ligne de production avec tout le monde. Si quelqu'un est arrêté, je demande que ce soit seulement moi", avait tweeté Elon Musk avant-hier, furieux contre le comté qui lui interdisait de rouvrir. "Oui, la Californie a approuvé, mais un fonctionnaire non élu du comté a illégalement outrepassé. De plus, toutes les autres sociétés automobiles aux États-Unis sont autorisées à reprendre. Seul Tesla a été sanctionné. C'est super foiré!", avait ajouté Musk.

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