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Wall Street hésitant, la crise sanitaire persiste

Wall Street hésitant, la crise sanitaire persiste

Wall Street perd du terrain avant bourse ce jeudi, le DJIA cédant 0,7%, le S&P500 0,5% et le Nasdaq 0,2%...

Wall Street hésitant, la crise sanitaire persiste
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street perd du terrain avant bourse ce jeudi, le DJIA cédant 0,7%, le S&P500 0,5% et le Nasdaq 0,2%. Le baril de brut WTI recule de 0,2% sur le Nymex à 41,2$. L'once d'or prend 0,2% à 1.865$. L'indice dollar se stabilise face à un panier de devises de référence. La tendance est donc prudente, après la vague d'optimisme récente consécutive aux très bons résultats du vaccin de Pfizer et BioNTech et à l'élection de Joe Biden.

Sur le front économique ce jour, on prend connaissance en Europe d'une hausse conforme aux attentes de l'indice final allemand des prix à la consommation (+0,1%), ou d'une croissance légèrement moins dynamique que prévu du PIB préliminaire britannique pour le troisième trimestre (+15,5% tout de même, contre +15,8% de consensus).

Aux Etats-Unis, l'indice des prix à la consommation est attendu à 14h30 (consensus +0,2% pour octobre, avec ou sans l'alimentaire et l'énergie), à la même heure que les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 7 novembre (consensus 737.000). Le rapport hebdomadaire du Département à l'Energie concernant les stocks pétroliers domestiques sera communiqué à 17 heures (consensus -2 millions de barils sur les stocks de brut hors réserve stratégique). La balance budgétaire américaine d'octobre sera communiquée à 20 heures (consensus -270 milliards de dollars).

Du côté des banques centrales, les opérateurs pourront par ailleurs suivre ce jour des interventions de Jerome Powell de la Fed, Christine Lagarde de la BCE, et d'Andrew Bailey de la Banque d'Angleterre.

Selon l'Université Johns Hopkins ce jour, le nombre de cas confirmés du nouveau coronavirus dans le monde depuis le début de l'épidémie ressort désormais à plus de 52 millions, dont 10,4 millions aux USA, 8,7 millions en Inde, 5,7 millions au Brésil et 1,91 million en France. Le virus a fait 1,29 million de morts dans le monde depuis son apparition, dont 241.800 aux Etats-Unis.

Depuis une semaine, le nombre d'infections quotidiennes au coronavirus dépasse régulièrement les 100.000 aux Etats-Unis, des niveaux jamais atteints jusqu'ici, contre 50.000 un mois plus tôt... Un record a même été franchi mardi, avec plus de 200.000 nouveaux cas détectés en 24 heures, même si ce chiffre inclut un rattrapage sur le week-end précédent.

Les Etats-Unis, qui ont récemment franchi la barre des 10 millions de cas de Covid-19, ont aussi déploré plus de 1.500 morts en une journée, portant le bilan de la pandémie à plus de 240.000 morts...

La première puissance économique mondiale est de loin le pays du monde où le Covid-19 a causé le plus de décès, et la gestion de la crise par le président républicain Donald Trump a été le fer de lance de la campagne de Biden. Dès l'annonce de sa victoire, Biden a mis sur pied, lundi 9 novembre, une cellule de crise sur le coronavirus composée de scientifiques et d'experts pour bâtir un "plan qui entrera en vigueur dès le 20 janvier 2021", jour de son investiture.

Le président élu démocrate prône le port du masque au niveau national, et entend rendre gratuits les tests de dépistages, les traitements et les vaccins contre le COVID-19 pour tous les Américains.

Face à la dégradation de la situation sanitaire, le gouverneur de l'Etat de New York, Andrew Cuomo, a annoncé mercredi soir via Twitter l'instauration dès vendredi d'un couvre-feu à partir de 22h pour les bars, restaurants et salles de sport de l'Etat, et a limité les réunions dans des lieux privés à 10 personnes au maximum...

Un autre indicateur a viré au rouge aux Etats-Unis : le nombre de patients hospitalisés pour le coronavirus a désormais dépassé ses pics du printemps dernier, avec 61.694 hospitalisations, contre un précédent record de 59.940 le 15 avril dernier, selon les statistiques du COVID Tracking Project, qui font référence.

Le nombre d'hospitalisations pour Covid vient ainsi de bondir de 40% en deux semaines. Si la situation continue de se dégrader, les analystes craignent que des mesures de reconfinement devront être prises dans certaines régions, en attendant le vaccin.

Alors qu'en avril, l'épicentre de la pandémie se situait sur la côte Est, notamment dans l'Etat de New York, cette fois 17 des 50 Etats américains, surtout dans le Centre et du Sud, sont proches de la saturation de leurs capacités d'accueil à l'hôpital. C'est le cas notamment pour l'Iowa, le Kansas, le Minnesota, le Missouri, le Montana, le Dakota du Nord, le Texas, l'Utah et le Wisconsin.

Les stratégistes de Goldman Sachs sont néanmoins très optimistes pour les marchés d'actions en 2021, s'appuyant sur l'espoir d'une vaccination massive des populations contre le coronavirus à partir du 1er semestre de l'an prochain, notamment aux Etats-Unis.

La banque d'affaires américaine, qui a publié mercredi des prévisions haussières pour les marchés d'actions européens, se montre aussi "bullish" sur les Etats-Unis, où elle voit l'indice S&P 500 atteindre les 4.300 points fin 2021, ce qui constituerait une hausse de 20% par rapport à ses niveaux actuels (environ 3.570 pts). Fin décembre 2020, le S&P 500 aurait encore une petite marge de progression, et atteindrait 3.700 pts (+3,6%), selon l'équipe de GS menée par David Kostin, dans une note publiée mercredi. Fin 2022, l'indice des 500 principales valeurs américaines pourrait ensuite se hisser à 4.600 pts. Pour l'équipe de David Kostin, la thématique du vaccin contre le coronavirus est un catalyseur plus important pour l'économie et la Bourse américaines que les futures politiques du président élu Joe Biden.

"La campagne électorale source de division n'était que la toile de fond de l'événement principal : une crise de santé publique qui a dramatiquement pris 240.000 vies depuis son début (aux Etats-Unis : ndlr). Toutefois, en moins d'un an, un vaccin a été mis au point", écrit Goldman Sachs, faisant allusion à l'annonce, le 9 novembre par les laboratoires Pfizer et BioNTech de résultats très prometteurs de leur candidat vaccin, jugé efficace à 90%.

D'autres laboratoires actuellement en Phase 3 de leurs tests sur un futur vaccin sont aussi jugés proches de bons résultats, dont AstraZeneca, Sanofi allié à GlaxoSmithKline, Janssen Pharmaceutica, Johnson & Johnson, CureVac, Novavax et Moderna. En Russie, le vaccin Spoutnik V a été jugé mercredi fiable à 92% par les autorités russes.

Les stratégistes de GS s'attendent à ce que le vaccin de Pfizer, et peut-être d'autres groupes, reçoive une autorisation d'utilisation en urgence aux Etats-Unis d'ici à la fin janvier 2021, avec des doses de vaccins disponibles en grand nombre au 1er semestre 2021 pour la population américaine.

Si ce scénario se confirme, GS prévoit une croissance du PIB des Etats-Unis de 5,3% l'an prochain, contre 3,8% pour le consensus actuel des économistes. La banque a revu à la hausse ses prévisions de bénéfices pour le S&P 500 dans les trimestres à venir, s'appuyant sur un 3e trimestre 2020 bien moins mauvais que ce que redoutaient initialement les investisseurs.

Les stratégistes de Goldman Sachs ne s'inquiètent pas outre mesure de la forte valorisation des valeurs internet, ni du poids important des "Gafam" dans le S&P 500. Il reste que ces valeurs de croissance, qui ont profité cette année des mesures de confinement prises pour lutter contre la pandémie, pourraient sous-performer en 2021, tandis que les secteurs "value" (cycliques, bancaires...) devraient accélérer leur rattrapage après avoir été massacrés cette année.

GS souligne que même si les cours des 5 géants d'internet (Alphabet, Facebook, Amazon, Apple et Microsoft) stagnaient sur 12 mois, et que les 495 autres valeurs du S&P 500 grimpaient de 12%, le S&P 500 progresserait encore de 9%. Et l'indice bondirait de 16% si les Gafam gagnaient 5% et que les 495 autres valeurs flambaient en moyenne de 20%, souligne la banque d'affaires.

La rotation sectorielle en faveur des valeurs cycliques s'est essoufflée mercredi à Wall Street, où les investisseurs ont profité de la récente correction des technologiques pour faire la chasse aux bonnes affaires. Les indices ont fini en ordre dispersé dans un marché calme à l'occasion de Veteran's Day (férié aux Etats-Unis). Les opérateurs restent partagés entre l'espoir d'un vaccin contre le coronavirus qui doperait la reprise économique, et la 2e vague de Covid-19 aux Etats-Unis. La Bourse continue en outre de suivre de près la bataille de Donald Trump pour contester l'élection de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis.

A la clôture, l'indice Dow Jones a très légèrement reculé (-0,08%) à 29.397 points, après avoir gagné plus de 10% en une semaine, et frôle son dernier record historique de 29.551 pts, inscrit le 12 février dernier, avant la crise sanitaire. L'indice large S&P 500 a progressé de 0,77% à 3.572 pts, tout près de son record du 2 septembre (3.580 pts). Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a rebondi de 2% à 11.786 pts, après une correction d'environ 3% en deux séances.

Certains investisseurs estiment que les marchés ont un peu surréagi ces derniers jours aux anticipations de vaccin anti-Covid et de reprise économique. L'élection présidentielle aux Etats-Unis et les annonces de Pfizer et BioNTech sur l'efficacité élevée de leur candidat vaccin ont ainsi quelque peu occulté la très forte progression du nombre de cas de Covid-19 outre-Atlantique.

En Europe, où la 2e vague de Covid-19 menace d'entraîner une nouvelle récession au 4e trimestre 2020, la présidente de la BCE, Christine Lagarde a mis en garde mercredi contre un excès d'optimisme malgré les bonnes nouvelles récentes sur le front d'un vaccin. A l'occasion du forum annuel de Sintra, qui se tient cette année sous une forme virtuelle, elle a estimé que "les dernières nouvelles sur un vaccin semblent encourageantes, mais nous pouvons encore faire face à des cycles récurrents d'accélération de la propagation des virus et donc de renforcement des mesures de restrictions jusqu'à ce que l'immunité généralisée soit acquise", a ainsi averti la présidente de la BCE.

Elle a laissé entendre que la BCE augmenterait probablement le montant de ses achats d'actifs lors de sa réunion de décembre afin d'accroître son soutien à l'économie. "La reprise ne sera peut-être pas linéaire, mais instable, avec des arrêts et des redémarrages fréquents". Il sera donc nécessaire de "combler le fossé jusqu'à ce que la vaccination soit bien avancée et que la reprise puisse créer sa propre dynamique, a-t-elle plaidé. Les programmes de rachat d'actifs de la BCE "peuvent être ajustés de manière dynamique pour réagir à l'évolution de la pandémie. Ils resteront donc probablement les principaux instruments d'ajustement de notre politique monétaire", a-t-elle précisé.

Aux Etats-Unis, Eric Rosengren, président de la Fed de Boston, avait lui aussi estimé mardi que la banque centrale américaine devrait accroître son soutien. "Avec la deuxième vague (de coronavirus) en cours, mon sentiment est que plus d'assouplissements budgétaires et monétaires sont nécessaires", avait-il indiqué, ajoutant que les divisions sur le résultat de l'élection présidentielle américaine et l'incertitude sur la composition du Sénat rendaient difficile de prévoir le montant du plan de relance budgétaire.

Mercredi, la transition entre Donald Trump et Joe Biden restait compliquée par le refus du président républicain de reconnaître sa défaite. Le camp Trump a entamé de nombreuses procédures judiciaires pour tenter de remettre en cause la légalité de certains bulletins de vote, sans pour autant apporter de preuves tangibles de fraudes, plus d'une semaine après l'élection du 3 novembre.

Joe Biden a estimé mardi que les recours de son adversaire républicain n'auront "pas beaucoup d'impact" sur le transfert du pouvoir, mais que son attitude pourra nuire à "l'héritage" politique du président sortant. Le président-élu démocrate a indiqué que son équipe était déjà en train de former une administration prête à prendre le relais le 20 janvier prochain lors de l'investiture : "Nous allons avancer, de manière cohérente, en préparant notre administration et en examinant qui nous allons choisir pour les postes du cabinet, et rien n'arrêtera cela", a-t-il ajouté.

Dans l'actualité des entreprises ce jeudi à Wall Street, Beazer Homes, Walt Disney, Cisco et Revlon, publient notamment leurs derniers résultats financiers trimestriels. Disney et Cisco annoncent après bourse.

Les valeurs

Moderna grimpe à Wall Street, alors que le groupe dit avoir assez de données pour une analyse intérimaire de son étude avancée (phase III) sur un vaccin expérimental du Covid-19. Rappelons que les marchés mettent beaucoup d'espoir dans ce vaccin, qui est basé sur une technologie similaire à celle de celui de Pfizer et BioNTech. Le très écouté Dr. Fauci a d'ailleurs estimé que ce vaccin de Moderna pourrait aussi apporter des résultats positifs.

CureVac, le laboratoire allemand, espère une approbation de son vaccin expérimental contre le covid au troisième trimestre 2021. Le groupe est actuellement en discussions avec de grandes firmes pharmaceutiques en vue du développement de l'éventuel vaccin.

Nike est favorisé par une note de la firme RBC, qui initie sa recommandation à 'surperformance' sur le géant des équipements et accessoires de sport, le groupe étant supposé être le mieux positionné pour surmonter les changements liés à la pandémie.

Apollo Global, firme de capital-investissement, devrait laisser la voie libre à l'opérateur de casinos Caesars Entertainment en vue d'une acquisition du bookmaker britannique William Hill.

Pinduoduo, acteur chinois du e-commerce, bondit avant bourse à Wall Street après l'annonce de résultats financiers en forte amélioration. Ainsi, dopés par le rebond du marché chinois, le groupe a réalisé des revenus trimestriels supérieurs aux attentes.

Boeing, le constructeur aéronautique de Chicago, a revu en hausse sa prévision de demande d'avions en Chine pour les 20 prochaines années. L'avionneur évoque la croissance locale, un mois après avoir abaissé ses prévisions concernant la demande mondiale.

Southwest Airlines, le transporteur aérien américain low cost, a indiqué qu'il constatait un ralentissement du redressement de son chiffre d'affaires ces dernières semaines, alors que les cas de covid ne cessent d'augmenter aux États-Unis.

Alphabet. Un groupe de 165 entreprises et organisations a adressé un courrier à l'autorité européenne de concurrence pour lui demander de se montrer plus ferme avec le moteur de recherche Internet Google, accusé de favoriser ses propres services.

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