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Wall Street en timide hausse après la purge

Wall Street en timide hausse après la purge

Wall Street remonte péniblement avant bourse ce jeudi, après la rude sanction de la veille (-1,49% sur le DJIA et -1,73% pour le Nasdaq)...

Wall Street en timide hausse après la purge
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street remonte péniblement avant bourse ce jeudi, après la rude sanction de la veille consécutive à une intervention diversement appréciée de Jerome Powell (-1,49% sur le DJIA et -1,73% pour le Nasdaq). Le S&P500 est attendu ce jour en hausse de 0,2%, alors que le Nasdaq prend 0,3% sur quelques espoirs commerciaux liés aux négociations entre Washington et Pékin. Sur le marché des changes, l'indice dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, corrige actuellement de 0,8% à 95,8.

Pétrole sous pression

Les prix du pétrole poursuivent quant à eux leur forte correction, sur fond d'inquiétudes concernant la surabondance de l'offre et le ralentissement de la demande mondiale. Ainsi, le baril de brut WTI pour février tombe encore de 3,2% ce jour sur le Nymex à 46,6$, alors que le baril de Brent de la mer du Nord cède également 3,2% à 55,4$. Les prix du pétrole ont perdu environ un tiers de leur valeur depuis octobre.

Programme économique et financier

Au programme économique aux Etats-Unis ce jour, il faudra suivre les inscriptions hebdomadaires au chômage, l'indice d'activité manufacturière de la Fed de Philadelphie ou encore l'indice des indicateurs avancés... Accenture, Actuant, BlackBerry, Carnival ou Walgreens Boots Alliance publient leurs trimestriels avant bourse. Cintas et Nike annoncent ce soir.

La Fed un peu moins souple qu'attendu

La Réserve fédérale a annoncé hier mercredi une hausse de son principal taux directeur (la 4ème cette année), qui a été accueillie froidement par Wall Street, et risque de provoquer de nouvelles critiques de Donald Trump. Le président américain n'a eu de cesse, ces dernières semaines, de réclamer à la Fed une pause dans son cycle de hausse des taux, l'accusant de freiner la croissance.

La Fed a donc relevé son taux des fonds fédéraux d'un quart de point, à 2,25%-2,50%, ce qui était largement anticipé. Elle a par ailleurs revu en légère baisse ses projections de taux pour 2019, 2020 et 2021. Surtout, la Banque table sur deux hausses des taux supplémentaires en 2019, contre trois envisagées en septembre.

Mais les marchés ont été déçus par le ton moins "colombe" que prévu de la banque centrale américaine et de son patron Jerome Powell. Beaucoup espéraient d'elle un signal clair de pause, mais la Fed a fait savoir qu'elle prévoyait toujours de poursuivre des "hausses de taux graduelles" au vu de l'expansion continue de l'activité économique, de la vigueur du marché de l'emploi, et d'une inflation proche de son objectif de 2% à moyen terme.

Les nouvelles projections de la Fed montrent ainsi qu'elle prévoit donc encore deux hausses de taux en 2019, pour atteindre 2,9% (au lieu de 3,1% prévus en septembre), puis encore une hausse en 2020 pour arriver à 3,1% (au lieu de 3,4% auparavant). Or, ces derniers jours, face à une accumulation de signes de faiblesse de l'économie mondiale, les marchés espéraient un seul tour de vis en 2019.

Pas de raison d'être accommodante

Défiant Donald Trump, qui ne cesse de réclamer une pause à la Fed, Powell a estimé que "la politique (monétaire) n'a pas besoin à ce stade d'être accommodante. Elle peut s'orienter vers la neutralité". Le dirigeant de la Fed a néanmoins estimé que les taux avaient désormais atteint "la fourchette basse de la zone neutre", celle où ils ne représentent ni stimulant ni frein pour l'économie.

Le patron de la Fed a aussi estimé que l'économie américaine devrait rester solide en 2019. De fait, le communiqué de la Fed a très peu évoqué les risques pesant sur l'économie, qualifiant de "forts" les gains sur le marché de l'emploi, et soulignant que les dépenses des ménages continuent de croître "fortement". Le seul bémol est venu de la croissance des investissements, qui est passée de "rapide" en début d'année à "modérée", selon la Fed.

La banque centrale a répété que les risques pesant sur les perspectives économiques sont "équilibrés". Elle a néanmoins ajouté pour la première fois dans son communiqué qu'elle "continuera de surveiller les développements économiques et financiers mondiaux et de mesurer leurs implications sur les perspectives économiques aux Etats-Unis".

Concernant les récentes turbulences sur les marchés financiers, Jerome Powell a indiqué que la Fed les surveillait, mais que sous l'angle des conditions financières générales, "une certaine volatilité ne laisse probablement pas de marque sur l'économie". Il n'a donc pas semblé s'affoler de la correction actuelle des indices boursiers, qui sont en voie de connaître en 2018 leur première baisse annuelle depuis 2008.

Les marchés obligataires semblaient en revanche percevoir le discours de la Fed comme plus accommodant que les marchés actions. Les obligations ont été recherchés mercredi en tant que valeurs refuge, ce qui a fait chuter les taux d'intérêts, qui évoluent en sens inverse des taux. Ainsi, le rendement du T-Bond à 10 ans est tombé à 2,75% (-6 points de base), au plus bas depuis neuf mois, alors qu'il avait culminé à 3,25% en novembre. Il évolue ce jour à 2,77%.

Réduction du bilan

Par ailleurs, Jerome Powell a indiqué que la Fed poursuivrait la réduction de son bilan au rythme actuel. Depuis octobre 2017, la Fed retire environ 50 milliards de dollars par mois d'obligations d'Etat du marché, en les laissant arriver à échéance sans racheter un montant équivalent de titres. Cette réduction du bilan de la Fed a un effet restrictif sur le marché obligataire, agissant de la même façon qu'une hausse des taux. La Fed a déjà retiré du marché obligataire environ 365 Mds$, ramenant son bilan à 4.140 Mds$.

Valeurs à suivre

Altria, le cigarettier américain propriétaire de la marque Marlboro, serait sur le point d'acquérir une participation de 35% au capital de Juuul Labs Inc., géant de la cigarette électronique, dans le cadre d'une opération valorisant ce dernier environ 38 milliards de dollars. C'est du moins ce que croit savoir le 'Wall Street Journal', citant des personnes familières de la question. Cet investissement majeur d'Altria ferait de Juul l'une des compagnies non cotées les mieux valorisées. Le leader californien de la cigarette électronique doublerait ainsi la valorisation obtenue il y a quelques mois, lors d'un précédent tour de table (16 Mds$ en juillet).

Les rumeurs à ce sujet sont confirmées par l'agence Reuters, qui évoque une prise de participation potentielle d'Altria de plus de 33% pour une valorisation de Juul de 38 Mds$. Les vapoteuses de Juul ont conquis le marché américain et représentent désormais trois quarts du marché local, selon des données Nielsen analysées par Wells Fargo et relayées par Reuters. L'agence estime qu'Altria pourrait verser 12,8 milliards de dollars en numéraire pour prendre 35% des parts. L'annonce officielle pourrait intervenir aujourd'hui ou demain.

Facebook a décroché hier après les dernières révélations sur son utilisation douteuse des données personnelles de ses utilisateurs. L'action Facebook a abandonné 7,25% mercredi, terminant à 133,24$, après des révélations du 'New York Times'. Le quotidien américain a affirmé que le premier réseau social mondial, qui revendique 2,2 milliards d'utilisateurs, a autorisé pendant des années environ 150 sociétés, dont "des dizaines de compagnies de la Silicon Valley", à accéder à des données personnelles de ses utilisateurs, sans le consentement de ces derniers.

Parmi ces nombreux accords secrets, les messages privés des utilisateurs auraient été transmis par Facebook à Netflix, le spécialiste de la vidéo en streaming, et à Spotify, le fournisseur de musique en streaming. De nombreuses compagnies technologiques, dont Microsoft et Amazon, ont eu accès aux données de centaines millions de personnes chaque mois, notamment leurs adresses email et leurs numéros de téléphones. Par ailleurs, Yahoo (racheté en 2017 par Verizon) a pu consulter les flux postés par les "amis" des utilisateurs jusqu'à l'été 2018, bien que Facebook ait officiellement indiqué avoir cessé ces pratiques depuis plusieurs années... En outre, les noms des "amis" des utilisateurs ont été transmis à Bing (le moteur de recherche de Microsoft) sans leur accord.

Le 'NYT', qui s'est basé sur sa propre enquête, ainsi que sur des témoignages d'une cinquantaine d'anciens employés de Facebook, a précisé que les données d'utilisateurs n'ont pas à proprement parler été vendues par Facebook. Mark Zuckerberg, le fondateur et patron de Facebook, a affirmé lors d'une audition devant le Congrès américain en avril dernier que son groupe n'avait jamais vendu de données personnelles de ses utilisateurs. Toutefois, le 'New York Times' souligne que ces nombreux accords ont aidé Facebook à accroître le nombre de ses utilisateurs, et à attirer de nouveaux contrats publicitaires. Des accords de ce type ont été conclus à partir de 2010, et certains d'entre eux étaient encore en cours cette année, selon le 'NYT'.

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