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Wall Street en retrait, la consolidation se confirme

Wall Street en retrait, la consolidation se confirme

Wall Street consolide encore légèrement avant bourse ce mardi, les opérateurs demeurant prudents face aux déconfinements, conscients du risque d'une...

Wall Street en retrait, la consolidation se confirme
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street consolide encore légèrement avant bourse ce mardi, les opérateurs demeurant prudents face aux déconfinements, conscients du risque d'une seconde vague. Le S&P500 perd ainsi 0,2% en pré-séance, alors que le Nasdaq cède 0,1%.

Sur le front économique ce mardi, l'indice des prix à la consommation aux Etats-Unis pour le mois d'avril sera communiqué à 14h30 (consensus -0,8% en comparaison du mois antérieur, -0,2% hors alimentation et énergie). La balance budgétaire américaine du mois d'avril sera révélée à 20 heures et devrait ressortir assez catastrophique (consensus... -729,7 milliards de dollars de déficit !).

James Bullard, Patrick Harker, Randal Quarles et Loretta Mester de la Fed, s'exprimeront par ailleurs durant la journée.

Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, ce mardi, Allergan, Duke, Dean Foods, Eastman Kodak et Fluor, publient leurs derniers chiffres.

Selon l'Université Johns Hopkins, le nouveau coronavirus a contaminé désormais 4,19 millions de personnes dans le monde depuis le début de l'épidémie, dont 1,35 million aux USA, 232 milliers en Russie, 227 milliers en Espagne et 224 milliers au Royaume-Uni. Le virus a fait plus de 286.500 morts dans le monde, dont plus de 80.000 aux Etats-Unis.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui avait prévenu en avril qu'il ne fallait pas s'attendre à un vaccin contre le Covid-19 avant 12 mois au moins, a évoqué ce jour des données potentiellement positives relatives à certains traitements semblant limiter l'effet ou la durée de la maladie. L'OMS entend porter une attention plus particulière aux quatre ou cinq traitements potentiels les plus prometteurs. L'organisation basée à Genève avait initié fin avril, avec le soutien de dirigeants de nombreux pays, un projet destiné à accélérer le développement de tests, traitements et vaccins contre le nouveau coronavirus, et à fournir un accès généralisé à ces produits. Plus de 100 vaccins potentiels sont en développement, alors que plus de 800 essais cliniques tentent d'évaluer des dizaines de traitements potentiels, estime Reuters.

La Bourse de New York a démarré la semaine en ordre dispersé, hier lundi, les investisseurs se montrant partagés sur le rythme du redémarrage de l'économie mondiale, à l'issue des déconfinements en cours aux Etats-Unis et en Europe. Les valeurs technologiques et de la santé ont soutenu le Nasdaq, ces deux secteurs apparaissant comme les gagnants de la crise actuelle. Des experts et des membres de la Fed mettent cependant en garde contre le risque d'un excès d'optimisme des marchés, et prévoient une reprise économique lente et progressive, sous la menace d'une résurgence du coronavirus, qui reste présent.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,45% à 24.221 points, tandis que l'indice large S&P 500 a grappillé 0,01% à 2.930 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a progressé de 0,78% à 9.192 pts. La semaine dernière, les trois indices (qui avaient reculé pendant 2 semaines) avaient regagné 2,5% pour le DJIA, 3,5% pour le S&P 500, et 6% pour le Nasdaq. Ce dernier est désormais repassé dans le vert depuis le début 2020 (+2,4%). Le Nasdaq surperforme ainsi largement le DJIA, qui perd encore 15% et le S&P 500, qui lâche encore 9,3% depuis le début de l'année.

Vendredi, les marchés avaient largement ignoré la publication d'un taux de chômage record de 14,7% aux Etats-Unis en avril, suite à la destruction de 20,5 millions d'emplois en un mois... Ces chiffres avaient toutefois été largement anticipés par les investisseurs, qui préfèrent voir le verre à moitié plein, et spéculer sur une reprise rapide de l'économie au second semestre 2020, comme l'espère aussi l'administration Trump.

Alors que l'Europe (dont la France) et les Etats américains poursuivent leur déconfinement progressif, la situation sanitaire continue de s'améliorer dans l'Etat de New York, le plus touché par la pandémie de Covid-19 outre-Atlnatique. Plusieurs régions de cet Etat ont désormais vu le rythme de l'épidémie ralentir de sorte qu'ils vont pouvoir entamer leur déconfinement à partir de vendredi, selon les critères définis par l'administration Trump.

Le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, a estimé lundi que "nous voyons le bout du tunnel", soulignant la baisse du nombre d'hospitalisations, d'intubations et de décès dans son Etat. Il a ajouté qu'un certain nombre d'entreprises pourront rouvrir dans les régions où le virus circule désormais moins activement, dont les chantiers de BTP, les cinémas en drive-in, certains commerces de détail et certaines activités de loisirs. En revanche, dans la ville de New York, le maire Bill de Blasio a annoncé lundi que le confinement serait prolongé jusqu'en juin.

Alors que l'activité commence à reprendre un peu partout dans le monde, certains stratégistes ainsi que des membres de la Fed mettent en garde les marchés contre des anticipations trop élevés pour la reprise à venir, même si tous les experts tablent sur un redémarrage de l'économie à partir du 3e trimestre. En outre, la réapparition de foyers d'infection localisés en Chine, à Wuhan, et en Corée du Sud, à Séoul, incitent à une certaine prudence...

Le président de la Fed, Jerome Powell, doit s'exprimer mercredi sur la situation économique via une visioconférence organisée par l'Institut Petersen. En attendant, de nombreux membres de la banque centrale américaine ont appelé ces derniers jours à la prudence. Le dernier en date, Charles Evans (Fed de Chicago) a estimé lundi que la Fed allait maintenir ses taux à zéro pendant "une longue période", mais il ne s'attend pas à ce qu'elle adopte des taux négatifs. Il a en revanche appelé l'Etat à profiter des taux très bas pour adopter "des mesures à haut rendement social pour aider les Américains".

Neel Kashkari, le président de la Fed de Minneapolis, a estimé de son côté que les Etats-Unis devaient se préparer à des chiffres de l'emploi encore plus désastreux dans les prochains mois, et a lui aussi appelé le Congrès à étudier de nouveaux plans de soutien à l'économie. "Le pire est malheureusement encore à venir sur le front de l'emploi", a-t-il dit dimanche sur la chaîne 'ABC'. "En réalité, ce sont autour de 23 à 24% de personnes qui sont au chômage aujourd'hui et si la reprise est graduelle comme je le pense, ces personnes auront besoin d'aide", a-t-il ajouté.

Ainsi, si l'on se réfère à une mesure large du chômage, incluant les personnes qui ne cherchent pas de travail et le temps partiel forcé, le taux de chômage atteint en avril un niveau record de 22,8%...

La semaine dernière, le numéro deux de la Fed, Richard Clarida, avait lui aussi estimé que la Fed comme le gouvernement seraient amenés à prendre de nouvelles mesures de soutien, en estimant que les Etats-Unis devaient se préparer à des "données économiques très, très, très dures et difficiles", notamment en matière d'emploi.

L'administration Trump ne semble pour l'instant pas très pressée d'adopter de nouveau plan de soutien, après 4 texte de loi déjà votés, dont un plan de 2.200 milliards de dollars, complété en avril par un second plan de 480 Mds$. Le conseiller économique de la Maison Blanche Larry Kudlow a indiqué vendredi dans un entretien avec 'Bloomberg' que les experts gouvernementaux de la santé planchaient sur un plan d'urgence en cas de seconde vague de coronavirus, sans autre précision. Il a en revanche affirmé à la presse que l'administration Trump ne négociait pas de nouveau plan de soutien avec le Congrès américain.

Le marché pétrolier est reparti à la baisse lundi sur fond de doutes sur le rythme de la reprise de la demande. Sur le Nymex, le baril de brut léger américain (WTI) pour livraison juin a cédé 2,4% à 24,14$, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet reperd 4,3% à 29,63$. La tendance ce mardi est en revanche positive, avec une hausse de 3% sur le baril de brut WTI à 25$ et un gain de 1,4% sur le Brent. L'once d'or prend 0,7%...

Les valeurs

Hertz Global Holdings, le loueur américain de véhicules, poursuit ses réductions de coûts face à une crise sans précédent, afin d'éviter un défaut sur sa dette atteignant 18,8 milliards de dollars à fin mars. Le groupe de Floride, dont le premier actionnaire n'est autre que le milliardaire Carl Icahn (à près de 39% des parts), espère des économies de 2,5 milliards de dollars de ses mesures de réduction des dépenses. Sur le trimestre clos fin mars, le groupe a essuyé une perte nette de 356 millions de dollars soit 2,50$ par titre, contre 147 millions de dollars et 1,54$ par titre un an avant.

Tesla. Elon Musk poursuit son offensive en Californie. "Tesla redémarre la production aujourd'hui contre les règles du comté d'Alameda. Je serai sur la ligne de production avec tout le monde. Si quelqu'un est arrêté, je demande que ce soit seulement moi", a tweeté le CEO hier. "Oui, la Californie a approuvé, mais un fonctionnaire non élu du comté a illégalement outrepassé. De plus, toutes les autres sociétés automobiles aux États-Unis sont autorisées à reprendre. Seul Tesla a été sanctionné. C'est super foiré!", a ajouté Musk en réponse à l'interrogation d'une internaute sur Twitter.

Tesla, dernier grand constructeur automobile présent dans l'État, n'exclut pas de quitter la Californie, le groupe soulignant être le plus important employeur manufacturier californien avec plus de 10.000 salariés sur son site de Fremont et 20.000 à l'échelle de l'État tout entier. "Nous comprenons les impacts que le COVID-19 a causés et avons la responsabilité de veiller aux moyens de subsistance et à la sécurité de nos employés, dont beaucoup comptent sur nous et sont au chômage depuis des semaines (...). Compte tenu des récentes orientations du gouverneur, étayées par des données scientifiques et des données crédibles sur la santé, la classification par l'État et le gouvernement fédéral de la fabrication de véhicules en tant qu'infrastructure critique nationale, et de notre solide plan de sécurité, Tesla a entamé le processus de reprise des opérations. Nos employés sont ravis de retourner au travail, et nous le faisons en pensant à leur santé et leur sécurité", assure le groupe sur son blog.

Néanmoins, le constructeur de véhicules électriques a poursuivi en justice les autorités californiennes samedi, après que son directeur général eut menacé de quitter l'Etat pour le Texas ou le Nevada, si le comté où se trouve son unique usine américaine ne l'autorisait pas à reprendre partiellement les opérations. Le comté d'Alameda, où se situe donc le site de Fremont en Californie, a indiqué en effet au groupe qu'il ne pouvait pas rouvrir son usine du fait des mesures de confinement encore en place. Le groupe a estimé que ces restrictions constituaient une 'prise de pouvoir' par le comté, alors que le gouverneur californien a lui déclaré que les fabricants allaient être autorisés à rouvrir.

Duke Energy a raté le consensus sur le trimestre clos. Le groupe a dégagé un bénéfice net de 899 millions de dollars soit 1,24$ par titre, contre 900 millions un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1,14$, contre un consensus FactSet de 1,19$. Les revenus ont reculé à 5,95 milliards de dollars, contre 6,16 milliards un an plus tôt et 6,33 milliards de consensus. Le groupe dit prendre des mesures afin de compenser l'impact de la crise du nouveau coronavirus. Il table toujours sur un bpa ajusté 2020 allant de 5,05 à 5,45$ par titre, en espérant une reprise économique plus tard dans l'année.

Boeing. Il est 'très probable' qu'une grande compagnie aérienne américaine mette les clefs sous la porte cette année. Cet aveu du patron de Boeing a eu l'effet d'une bombe, dans un secteur qui traverse la plus importante crise de son histoire. Interrogé par NBC sur la possible disparition d'un transporteur américain, David Calhoun a répondu : "Oui, c'est très probable. Vous savez, il se passera quelque chose quand septembre arrivera". Selon le directeur général du groupe aéronautique, le trafic mondial de passagers ne devrait même pas atteindre 25% de son niveau d'avant la crise à cet horizon. "Peut-être qu'à la fin de l'année, nous approcherons des 50%, donc il faudra forcément qu'il y ait des ajustements du côté des compagnies aériennes", a précisé le dirigeant.

Genfit, le groupe français coté également sur le Nasdaq, perd deux tiers de sa valeur en pré-séance sur la cote américaine suite à des résultats décevants dans la NASH. Elafibranor n'a pas démontré d'effet statistiquement significatif sur le critère principal de résolution de la NASH sans aggravation de la fibrose, a annoncé le groupe. Genfit engagera un dialogue avec les autorités réglementaires afin de déterminer les prochaines étapes de la phase d'extension évaluant les effets d'elafibranor sur l'occurrence d'évènements cliniques tangibles.

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