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Wall Street déboussolé, guerre commerciale à grande échelle ?

Wall Street déboussolé, guerre commerciale à grande échelle ?

Après une timide hausse hier soir (+0,1% sur le DJIA et +0,4% sur le Nasdaq) avec la remontée du pétrole et les valeurs 'technologiques', Wall Street...

Wall Street déboussolé, guerre commerciale à grande échelle ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après une timide hausse hier soir (+0,1% sur le DJIA et +0,4% sur le Nasdaq) avec la remontée du pétrole et les valeurs 'technologiques', Wall Street se montre très hésitant ce mercredi. La persistance des conflits commerciaux entre les USA et leurs principaux partenaires pèse sur le moral des opérateurs. En particulier, l'avertissement du Président chinois Xi relatif à une guerre commerciale "à grande échelle", fait frémir les investisseurs. Le président Trump, quant à lui, assouplirait quelque peu ses projets concernant le contrôle des investissements chinois dans les technologies américaines.

Le S&P500, qui s'affichait nettement dans le rouge il y a quelques instants en pré-séance, grappille maintenant 0,1%. Le Nasdaq se stabilise, pratiquement inchangé avant bourse, alors qu'il pointait aussi en territoire lourdement négatif il y a deux heures.

Sur le Nymex, le baril de brut gagne encore 0,7% ce jour et revient sur les 71$ (contrat d'août), après son brusque sursaut de la veille. Un responsable du département d'Etat américain a mis le feu aux poudres en indiquant que tous les pays achetant du brut à Téhéran devaient stopper complètement leurs importations d'ici au 4 novembre, s'ils voulaient éviter les sanctions américaines rétablies après le retrait de Washington de l'accord sur le nucléaire iranien. Les Etats-Unis semblent ainsi faire monter la pression en s'adressant aussi aux pays asiatiques comme la Chine et l'Inde, qui avaient obtenu des exemptions de sanctions par le passé.

Même si l'Opep et ses alliés, dont la Russie, ont décidé le 22 juin de relever leur production d'un million de barils par jour, le marché pourrait connaître des tensions cet été sous l'effet de la baisse de l'offre iranienne, mais aussi vénézuélienne et libyenne.

Sur Twitter, Trump a poursuivi cette semaine son offensive, s'attaquant notamment à Harley et à ses plans de délocalisation. "Plus tôt cette année, Harley-Davidson avait annoncé qu'il allait déplacer la majeure partie de ses opérations de production de Kansas City vers la Thaïlande. C'était bien avant que les Tarifs douaniers ne soient annoncés. Ainsi, ils utilisent juste les Tarifs / la Guerre Commerciale comme une excuse. Cela montre à quel point le commerce est déséquilibré et injuste, mais nous résoudrons cela...", a promis Trump, qui menace le groupe de lourdes taxes.

Le Président américain a ajouté : "Nous amenons d'autres pays à réduire et éliminer les prélèvements et les barrières douanières qui ont été injustement mis en place pendant des années contre nos agriculteurs, travailleurs et compagnies. Nous ouvrons des marchés fermés et étendons notre empreinte. Ils doivent jouer le jeu ou ils devront payer des taxes!"

Trump a expliqué encore que les Etats-Unis finalisaient leur étude au sujet des prélèvements douaniers sur les voitures provenant de l'Union européenne. Selon lui, l'Europe a profité des USA depuis trop longtemps, et les choses devraient bientôt s'équilibrer ! Vendredi, Trump avait déjà menacé l'Europe de prélèvements de 20% sur toutes les voitures importées aux États-Unis et provenant de l'Union européenne. Les autorités européennes avaient répliqué, affirmant qu'elles n'auraient alors d'autre choix que de procéder à des représailles...

Peter Navarro, conseiller commercial du président Donald Trump, a confié de son côté que les restrictions redoutées sur les investissements chinois et internationaux (dans des technologies américaines) n'étaient pas imminentes.

Le climat reste toutefois tendu entre Washington et Pékin. Selon le 'Wall Street Journal', qui citait dimanche des personnes familières de la question, Trump entendait interdire à de nombreuses entreprises chinoises d'investir dans les technologies aux Etats-Unis. Plus précisément, les firmes dont plus de 25% du capital est détenu par des intérêts chinois n'auraient pu alors acquérir d'entreprises américaines aux technologies "industriellement significatives". Navarro avait cependant déjà laissé entendre que rien de tel n'était programmé à brève échéance.

Les derniers bruits de couloirs montrent même que le président Trump a assoupli ses positions à propos des investissements chinois. Ainsi, le Département américain au Trésor aurait recommandé à Trump d'utiliser le Committee on Foreign Investment in the United States (CFIUS) pour contrôler les transactions, d'après certains officiels cités aujourd'hui par Reuters. "Le CFIUS est capable de répondre de manière appropriée à différentes menaces - sur différentes technologies - posées par différentes entités de différents pays", a assuré un responsable américain cité par Reuters.

L'administration Trump pourrait donc s'en tenir à un processus de revue de sécurité renforcé, afin de contrer la menace des investissements chinois destinés à récupérer des technologies clés. Il suffirait pour cela d'étendre le domaine d'intervention du panel, afin de faire face aux questions de sécurité nationale. Les restrictions envisagées seraient alors mises de côté pour le moment...

La semaine dernière, le président Donald Trump avait rappelons-le demandé à l'United States Trade Representative d'identifier 200 Mds$ de biens chinois susceptibles de faire l'objet de taxes additionnelles de 10%.

De son côté, le président chinois Xi Jinping, cité par le 'Wall Street Journal', est resté menaçant, assurant que la Chine n'hésiterait pas à répliquer sur le plan commercial contre les USA. "En Occident, vous avez l'idée que si quelqu'un vous frappe sur la joue gauche, vous tendez l'autre joue", a dit Xi. "Dans notre culture, nous ripostons", a lancé le dirigeant, selon des commentaires livrés lors du Global CEO Council, et repris par le WSJ.

Xi Jinping a même prévenu son cabinet de se préparer à "une guerre commerciale à grande échelle", selon une note de recherche de la firme SGH Macro Advisors. Xi aurait fait ce commentaire lors d'une réunion du corps exécutif chinois sur la question des relations commerciales avec les Etats-Unis...

Les autorités chinoises seraient quasiment certaines de l'application des tarifs américains sur 34 Mds$ de produits provenant de Chine. Elles devraient par conséquent répliquer comme promis. En outre, la Banque populaire de Chine envisagerait de son côté de limiter ses achats de bons du Trésor US.

Sur le front économique aux États-Unis ce mercredi, les commandes de biens durables pour le mois de mai 2018 seront dévoilées à 14h30 (consensus -0,6% en comparaison du mois antérieur ; +0,5% hors transport).

La balance du commerce international de biens pour le mois de mai sera révélée à la même heure (consensus -68,8 Mds$).

Les promesses de ventes de logements pour le mois de mai seront annoncées à 16 heures (consensus +0,6% en comparaison du précédent mois).

Pour finir, le rapport hebdomadaire du Département américain à l'énergie relatif aux stocks pétroliers domestiques, pour la semaine close au 22 juin, sera dévoilé à 16h30 (consensus -2,4 millions de barils pour les stocks de brut).

Sur le marché des changes, l'euro se stabilise à environ 1,164$ ce jour. Le dollar évolue peu contre un panier de devises, après son récent pic de 11 mois.

General Mills et Paychex publient leurs trimestriels avant bourse à Wall Street ce jour. Bed Bath & Beyond, Rite Aid et Pier 1 Imports annoncent après la clôture.

General Mills, groupe alimentaire américain, a annoncé pour le trimestre clos fin mai 2018 des comptes supérieurs aux attentes de marché. Le groupe aux céréales Cheerios et aux crèmes glacées Häagen-Dazs a profité de ses efforts de réduction des dépenses et d'amélioration du réseau. Le bénéfice net part du groupe s'est établi à 354 M$ soit 59 cents par titre, contre 409 M$ un an avant. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 79 cents, contre 72 cents de consensus. Les revenus ont progressé de 2% à 3,9 milliards de dollars. La marge brute trimestrielle se monte à plus de 36%, alors qu'elle était inférieure à 35% un au auparavant, sur le quatrième trimestre fiscal 2017.

Conagra Brands, groupe agroalimentaire US connu notamment pour ses marques Hunt et Marie Callender, a annoncé ce mercredi son intention d'acquérir son rival Pinnacle Foods dans le cadre d'une opération en cash et actions d'un montant de 8,1 milliards de dollars. En tenant compte de la dette assumée, l'opération représente un montant de pratiquement 11 milliards de dollars. Conagra précise que les conditions financières correspondent à un prix par action Pinnacle de 68$. La proposition ne présente donc quasiment aucune prime sur les derniers cours cotés de Pinnacle.

Les actionnaires de Pinnacle Foods, qui possède les marques Duncan Hines et Vlasic, recevraient 43,11$ en numéraire et 0,6494 action du nouvel ensemble, pour chaque titre actuellement détenu.

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