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Wall Street dans le vert, avec les 'fusacqs' et le Mexique

Wall Street dans le vert, avec les 'fusacqs' et le Mexique

La cote américaine, stimulée la semaine dernière par les espoirs de baisse des taux de la Fed, profite ce lundi d'une actualité des fusions et acquisitions dominée par le rapprochement Raytheon / United Tech

Wall Street dans le vert, avec les 'fusacqs' et le Mexique
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine, stimulée la semaine dernière par les espoirs de baisse des taux de la Fed, profite ce lundi d'une actualité des fusions et acquisitions dominée par le rapprochement Raytheon / United Tech, ainsi que de l'accord commercial annoncé entre les Etats-Unis et le Mexique. Le S&P500 est attendu sur un gain de 0,3% en pré-séance. Le Nasdaq gagne lui aussi 0,3%. Sur le marché des changes, l'indice dollar avance de 0,3% à 96,9. Du côté des matières premières, le baril de brut WTI s'adjuge actuellement 0,3% à 54,2$.

Dans l'actualité économique américaine ce lundi, le rapport JOLTS du Département au travail relatif aux ouvertures de postes pour le mois d'avril sera communiqué à 16h (consensus 7,4 millions). Rappelons que le dernier rapport mensuel gouvernemental sur la situation de l'emploi aux Etats-Unis était marqué vendredi par des créations de postes très inférieures aux attentes, au nombre de 75.000 pour le mois de mai contre un consensus de 180.000.

Le président américain Donald Trump a affirmé hier que la Maison blanche allait dévoiler en temps utiles les détails de l'accord scellé avec le Mexique sur la question des frontières et de l'immigration illégale. Trump réagissait ainsi aux informations de presse selon lesquelles le Mexique n'aurait en fait pas pris d'engagement tangible pour contrôler l'immigration. "Désormais nous avons pleinement confiance, surtout après avoir parlé à leur président hier", a insisté Trump, cité par Reuters. "Il va être très coopératif et il va faire le travail", a asséné encore le dirigeant américain. "Nous sommes tombés d'accord sur certaines choses qui n'ont pas été mentionnées dans la presse hier", a glissé Trump, un brin mystérieux... L'accord supposé a quoi qu'il en soit permis vendredi, après trois jours de pourparlers, de lever l'épée de Damoclès des droits de douane sur les importations mexicaines.

Dans le même temps, les négociations sino-américaines sont quant à elles au point mort, ce qui ne semble pas perturber outre mesure les marchés financiers. Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a affirmé hier que l'administration Trump pourrait revenir sur les restrictions imposées au colosse chinois des équipements télécoms Huawei en cas de progrès dans les discussions avec Pékin. "Si nous progressons sur le commerce, il sera peut-être prêt à faire certaines choses concernant Huawei s'il obtient certaines garanties de la Chine à ce sujet", a affirmé Mnuchin sur CNBC à propos du Président Trump. Le secrétaire au Trésor a cependant souligné également les questions de sécurité nationale. Mnuchin assure que les Etats-Unis veulent toujours trouver un accord commercial avec la Chine.

La journée est également marquée par l'annonce de la plus importante fusion de l'histoire du secteur de la défense aux Etats-Unis. Raytheon et United Technologies vont ainsi se rapprocher dans le cadre d'une fusion entre égaux. L'entité combinée, qui portera le nom de Raytheon Technologies Corporation, afficherait des revenus globaux estimés à environ 74 Mds$. Elle ne comprendra pas les activités de climatisation Carrier et la division ascenseurs Otis d'United que le groupe s'est déjà engagé à vendre.

United Technologies fournit principalement des équipements électroniques aux constructeurs aéronautiques civils tandis que Raytheon fournit au gouvernement américain des équipements destinés aux avions militaires ainsi que des systèmes de missiles. Raytheon, qui est notamment le fabricant des missiles Tomahawk et Patriot, a bénéficié de la hausse des budgets militaires impulsée par le président américain Donald Trump. Cet accord avec United Technologies lui permettra ainsi de se diversifier dans le civil et d'être ainsi moins subordonné aux aléas de la commande publique. Inversement, United pourra réduire son exposition à l'aéronautique civile, qui pourrait pâtir des tensions commerciales internationales actuelles et de la montée du protectionnisme.

Selon les termes de l'accord, qui a été approuvé à l'unanimité par les conseils d'administration des deux sociétés, les actionnaires de Raytheon recevront 2,3348 actions de la société combinée pour chaque action Raytheon détenue. A l'issue de la fusion, les actionnaires d'United Technologies détiendront environ 57% du nouveau groupe, le solde étant entre les mains de ceux de Raytheon. La fusion devrait être finalisée au cours du premier semestre 2020. La société issue du regroupement prévoit de retourner entre 18 et 20 milliards de dollars de capital aux actionnaires au cours des 36 premiers mois suivant la réalisation de la fusion. En outre, d'ici à la quatrième année suivant la clôture de l'opération, la nouvelle entité entrevoit de réaliser des synergies de coûts annuelles brutes de plus d'un milliard de dollars. Greg Hayes, PDG de United Technologies, sera dans un premier temps directeur général de Raytheon Technologies avant de devenir, au bout de deux ans, PDG de l'entreprise.

Salesforce.com a pour sa part annoncé l'acquisition programmée de Tableau Software, l'opération s'effectuant sur la base d'une valeur d'entreprise de 15,7 milliards de dollars dette comprise. Il s'agit d'une opération entièrement libellée en actions, qui constitue la plus importante opération de croissance externe de Salesforce. Tableau, basé à Seattle, compte plus de 86.000 clients, dont Netflix ou Verizon. Dans le cadre du deal, les actionnaires de Tableau recevront 1,103 titre Salesforce pour chaque action, ce qui matérialise une prime de 42% sur la clôture de vendredi. La finalisation est attendue au troisième trimestre. L'équipe de direction de Tableau menée par Adam Selipsky restera en place. Le groupe de San Francisco Salesforce estime que le deal ajoutera jusqu'à 400 M$ aux revenus 2020, tout en impactant le profit ajusté de 37 à 39 cents par titre. Le bpa ajusté 2020 est maintenant attendu entre 2,51 et 2,53$, largement inférieur au consensus antérieur.

Fiat Chrysler Automobiles. Selon plusieurs sources proches du dossier citées par Reuters, Renault et Fiat Chrysler Automobiles chercheraient les moyens de relancer leur projet de fusion. Dans le même temps, Renault a indiqué son intention de bloquer la réforme de gouvernance de Nissan, s'il n'obtient pas de meilleure représentation dans les comités du conseil du groupe japonais... Après le premier chapitre qui a vu le constructeur américano-italien tourner le dos à Renault à la suite des interférences de l'Etat français, les deux parties n'auraient pas abandonné tout espoir de fusion. A en croire les dernières indiscrétions obtenues par Reuters, auprès de deux personnes au fait des intentions du groupe japonais, Nissan voudrait demander à Renault de réduire de manière significative sa participation de 43,4% dans son capital en échange de son soutien à un rapprochement avec Fiat Chrysler.

Parmi les entreprises cotées à Wall Street, Casey's General Stores et quelques autres dossiers 'secondaires' annoncent leurs trimestriels ce jour.

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