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Wall Street consolide, Trump et le commerce inquiètent

Wall Street consolide, Trump et le commerce inquiètent

La prudence s'impose...

Wall Street consolide, Trump et le commerce inquiètent
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine consolide avant bourse ce jeudi, S&P500 et DJIA cédant 0,2% environ. Les tensions commerciales entre Washington et Pékin inquiètent, autant que le durcissement de la position de Trump face au Congrès. Sur le marché des changes, l'indice dollar recule de 0,3% à 98,8. Du côté des matières premières, le baril de brut WTI rend 0,1% à 52,5$ sur le Nymex. Hier encore, la place boursière américaine avait terminé la journée en assez vive hausse avec les rumeurs d'accord commercial partiel...

Les responsables américains et chinois des négociations commerciales se rencontrent aujourd'hui et demain à Washington, leur précédente réunion de haut niveau remontant au mois de juillet. Les pourparlers doivent durer deux jours. Hier, Trump a estimé qu'il y avait "de grandes chances" de sceller un accord. Un responsable chinois cité par Reuters a précisé néanmoins qu'un compromis ne serait "pas une tâche facile". Le ministère chinois des Affaires étrangères a demandé aux USA de cesser leurs pressions jugées déraisonnables sur les firmes chinoises. En outre, Pékin risque un relèvement à 30% des 'tarifs' américains sur environ 250 milliards de dollars de marchandises. Ces sanctions interviendraient le 15 octobre...

Sur le front politique, le chaos règne aux États-Unis. Joe Biden, candidat démocrate à la présidence, a appelé à la destitution de Trump hier mercredi, après s'être retrouvé au centre du scandale ukrainien qui a valu au leader de la Maison blanche l'ouverture d'une enquête en vue d'un potentiel 'impeachment'. Biden juge que Trump a violé son serment et "trahi la nation". Évidemment, le président américain pense autant de bien de son rival, qu'il surnomme 'Sleepy Joe Biden', et dont il pointe les agissements jugés douteux en relation avec les affaires de son fils Hunter.

Surtout, la Maison blanche a affirmé son refus de coopérer à l'enquête - jugée partisane - en vue d'une éventuelle destitution de Trump.

La tendance se veut par ailleurs très prudente sur les marchés du fait du risque de Brexit dur, avant une rencontre entre les dirigeants britanniques et irlandais.

Sur le front économique outre-Atlantique ce jour, l'indice des prix à la consommation du mois de septembre sera communiqué à 14h30 (consensus +0,1% en comparaison du mois antérieur ; +0,2% hors alimentaire et énergie). Les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 5 octobre seront dévoilées à la même heure (consensus 219.000). L'excédent budgétaire américain du mois de septembre sera annoncé enfin à 20 heures (consensus 106 Mds$).

Loretta Mester, Mary Daly et Neel Kashkari de la Fed s'exprimeront dans la journée.

La Bourse de New York continue de fluctuer au rythme des informations concernant les négociations commerciales, qui reprendront ce jeudi entre les Etats-Unis et la Chine. Mardi, les craintes d'un échec avaient fait chuter les indices, mais ils ont rebondi mercredi dans l'espoir d'un accord, même partiel, qui pourrait mettre fin à l'escalade des droits de douane entre Washington et Pékin. Les marchés ont peu réagi à la publication des "Minutes" de la dernière réunion de la Fed, et continuent de tabler sur une nouvelle baisse des taux de la Fed le 30 octobre.

A la clôture hier, l'indice Dow Jones a regagné 0,70% à 26.346 points (après -1,19% mardi), tandis que l'indice large S&P 500 a pris 0,91% à 2.917 pts (-1,56% mardi), et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a rebondi de 1,02% à 7.903 pts (-1,67% mardi).

Malgré les tensions croissantes entre les deux grandes puissances économiques mondiales, la Chine serait désireuse de parvenir à un accord partiel, afin de stopper la dégradation de son économie, selon des informations de presse. Un accord, même a minima, serait de nature à rassurer les marchés financiers s'il mettait fin à l'escalade des droits de douane entre les deux pays. En cas d'échec de cette nouvelle série de pourparlers, Washington a prévu de relever dès le 15 octobre les taxes sur l'importation de 250 milliards de dollars de marchandises chinoises, puis d'instaurer des droits de douane sur la totalité des biens chinois importés en décembre.

Si Washington renonçait à ces nouvelles taxes, Pékin serait prêt à des concessions, notamment sous la forme d'achats de produits agricoles américains, selon des sources citées par le 'Financial Times'. La Chine ne serait cependant pas disposée à avancer sur des dossiers plus fondamentaux, pourtant chers à Washington, à commencer par une réforme de la politique industrielle chinoise, ainsi que la question des subventions d'Etat.

A ce stade, il n'est pas certain que l'administration Trump se satisfera d'un accord partiel. La semaine dernière le président lui-même avait affirmé qu'il voulait un accord complet, ou pas d'accord du tout. Certaines sources estimaient cependant que Pékin pourrait obtenir gain de cause, le président Trump ayant besoin d'un accord, même partiel, pour redorer son blason au moment où il fait face à une procédure de destitution de la part des démocrates du Congrès.

Mardi, Washington a néanmoins choisi d'accroître la pression sur la Chine, en plaçant sur sa liste noire 28 entités chinoises, dont 8 sociétés technologiques, invoquant la répression menée par le régime chinois contre les Ouïghours, un peuple musulman turcophone vivant dans la province du Xinjiang. En complément, les Etats-Unis ont annoncé mardi des "restrictions" dans l'octroi de visas américains à des responsables du gouvernement et du Parti communiste chinois accusés d'être "responsables" d'une "campagne de répression" au Xinjiang.

Selon des sources citées par 'Bloomberg', la Maison Blanche serait en outre préparée à restreindre les investissements des fonds de pension américains dans des entreprises chinoises. Ce projet avait été dévoilé la semaine dernière par la presse, qui évoquait en outre une possible interdiction pour les sociétés chinoises d'être cotées sur les Bourses américaines. Ce dernier volet a toutefois été démenti par l'administration Trump.

Les 'Minutes' de la Fed publiées mercredi soir n'ont pas apporté de révélations. Le compte-rendu de la réunion des 17 et 18 septembre a ainsi montré qu'un nombre croissant de membres de la Fed s'inquiète de la montée des risques pour l'économie américaine. Les "Minutes" ont aussi confirmé que face à ces risques, le conseil des gouverneurs de la Fed est divisé sur l'ampleur et le calendrier de la future politique monétaire.

Mercredi, le patron de la Fed, Jerome Powell, s'était de son côté montré discret sur le sujet. Au cours d'une conférence, il a répété que l'institution continuerait d'agir de manière "appropriée" pour favoriser la poursuite de la croissance. Il a ajouté que des rachats de bons du Trésor pourrait être effectués pour augmenter les réserves et mettre fin aux tensions sur le marché interbancaire américain.

Jerome Powell n'a pas donné précisions sur d'éventuelles nouvelles baisses de taux, mais il s'est montré globalement confiant dans la capacité de résistance de l'économie américaine, dont la croissance est selon lui "très durable". Il a répété que la politique monétaire "n'était pas déterminée à l'avance", mais que la Fed "surveillerait de près" les risques qu'encourt l'économie américaine.

Celle-ci affiche une croissance modérée, malgré des signes de ralentissement, dont une contraction de l'activité manufacturière en août et septembre, et des créations d'emplois inférieures aux attentes en septembre.

Les marchés s'attendent à ce que la Fed, qui a déjà réduit ses taux directeurs en juillet et en septembre, procède à un nouveau geste d'un quart de point lors de sa prochaine réunion des 29 et 30 octobre. Selon le baromètre FedWatch du CME Group, les chances d'un abaissement des taux des fed funds d'un quart de point le 30 octobre s'établissent désormais à 85%. Le taux des fed funds serait alors ramené entre 1,50% et 1,75%.

Dans l'actualité des entreprises à Wall Street ce jour, Delta Air Lines publie ses résultats financiers trimestriels avant bourse, tout comme United Bancorp.

Costco, la chaîne américaine de supermarchés, a annoncé pour le mois de septembre 2019 une croissance 'ajustée' à comparable de 5,6% en glissement annuel. En tenant compte des prix de l'essence et des fluctuations de changes, la croissance se serait élevée à 4,2%. Les revenus se montent ainsi à 14,4 milliards de dollars pour le mois écoulé.

Delta Air Lines. Le partenaire américain d'Air France-KLM a délivré des prévisions inférieures aux attentes pour le trimestre en cours, pénalisé par la hausse de ses coûts et un pricing-power moins important. La compagnie table ainsi sur un bpa compris entre 1,20 et 1,50$ contre un consensus de place de 1,51$. Le coût unitaire est attendu en hausse de 4 à 5% alors que la recette par siège disponible ne devrait progresser que d'un maximum de 2%. Sur les trois mois clos fin septembre, le groupe a enregistré un bénéfice net de 1,49 Md$ contre 1,32 Md$ un an plus tôt, soit un bpa ajusté de 2,32$. Les revenus ont atteint 12,6 Mds$, en hausse de 6,5%.

Le management se montre malgré tout confiant pour les prochains mois. "La demande pour le produit Delta reste saine, ce qui positionne le groupe en solide position pour finir 2019, avec une croissance des bénéfices de plus de 20%, des flux de trésorerie disponibles de plus de 4 milliards de dollars et un bénéfice avant impôts de plus de 5 milliards de dollars pour une cinquième année consécutive", a ainsi déclaré Ed Bastian, DG de Delta.

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