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Wall Street consolide, les tensions entre USA et Chine inquiètent

Wall Street consolide, les tensions entre USA et Chine inquiètent

La cote américaine poursuit sa consolidation avant bourse ce vendredi, le DJIA reculant de 0,4%, le Nasdaq de 0,5% et le S&P500 de 0,4%...

Wall Street consolide, les tensions entre USA et Chine inquiètent
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine poursuit sa consolidation avant bourse ce vendredi, le DJIA reculant de 0,4%, le Nasdaq de 0,5% et le S&P500 de 0,4%. Les cours du brut piquent du nez, le baril de brut WTI retombant de plus de 6% sous les 32$ sur le Nymex, contre un retrait de 4,7% sur le Brent de la mer du Nord. Le climat d'extrême prudence traduit les craintes persistantes sur la pandémie et le niveau de la reprise économique éventuelle. Par ailleurs, les tensions concernant Hong Kong accentuent le mouvement de repli, alors que Pékin y envisage une loi locale sur la sécurité nationale. En outre, la Chine ne daigne plus désormais fournir d'objectif de croissance pour cette année, ce qui n'est pas le signe de la plus franche confiance.

De nouvelles manifestations se profilent donc à Hong Kong et les tensions sur le sujet entre USA et Chine se confirment. Pékin a en effet annoncé hier un projet de loi de sécurité nationale relatif à Hong Kong, consécutif aux manifestations de l'année dernière. Des militants hongkongais ont appelé à manifester, alors que le projet suscite des craintes en matière de liberté et concernant par ailleurs le statut de centre financier de la ville. Trump a indiqué que les États-Unis réagiraient avec force si jamais la Chine choisit d'aller jusqu'au bout. Les sénateurs américains vont présenter un projet de loi en vue d'éventuelles sanctions contre les responsables chinois ou toute entité affectant l'autonomie de Hong Kong.

Les relations entre Washington et Pékin n'étaient déjà pas brillantes ces dernières semaines, les responsables américains et en premier lieu Trump ayant multiplié les critiques concernant la gestion par Pékin de la crise sanitaire du nouveau coronavirus et pointé du doigt la responsabilité chinoise. Le président américain avait même laissé entendre que cela pourrait remettre en question l'accord commercial de 'phase 1' pourtant durement arraché avec Pékin après de longs mois de négociations.

Sur le front économique outre-Atlantique ce jour, l'agenda reste vierge. De son côté, l'assemblée législative chinoise a abandonné son objectif concernant le produit intérieur brut national, pour la premier fois en trois décennies ! Cette décision constitue l'aveu de la grande incertitude économique actuelle, alors que l'éventuelle reprise consécutive à la pandémie demeure très difficile à évaluer.

Alibaba, Deere et Foot Locker, comptent parmi les rares publications financières trimestrielles du jour à Wall Street.

Après un début de séance positif, les actions américaines ont fini dans le rouge jeudi soir, réagissant à de nouveaux signes de tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Sur le plan macro-économique, les données du jour ont montré que l'activité s'est légèrement reprise en mai aux Etats-Unis et en Europe, même si elle reste en zone de forte contraction sous la pression de la pandémie du coronavirus. Sur le plan sanitaire, les marchés s'interrogent sur les chances de mise au point rapide d'un vaccin contre la Covid-19.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,41% à 24.474 points, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 0,78% à 2.948 pts. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a reculé de 0,97% à 9.284 pts.

Le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin s'est monté optimiste jeudi, au sujet de la reprise économique malgré les doutes sur le calendrier de mise au point d'un vaccin contre le coronavirus. L'économie américaine va "toucher le fond" au 2e trimestre et commencera à se redresser au 3e avant une "progression gigantesque" au 4e trimestre, a-t-il déclaré lors d'un colloque organisé en ligne par le quotidien 'The Hill'.

"Nous allons avoir des progressions très, très fortes, je pense que nous allons observer une reprise très forte - on peut dire gigantesque - au quatrième trimestre", selon Mnuchin.

Le ministre a aussi estimé que de nouvelles mesures budgétaires de soutien à l'économie américaine seront sans doute nécessaires d'ici quelques semaines. "Il y a une forte probabilité pour qu'un nouveau projet de loi soit nécessaire", après les près de 3.000 milliards de dollars déjà débloqués par l'administration Trump et le Congrès depuis le mois de mars, a-t-il affirmé.

En attendant, les marchés financiers s'inquiètent du déclenchement d'une nouvelle guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, au moment où l'économie mondiale est déjà durement touchée par la crise du coronavirus.

Le ton est ainsi monté ces derniers jours entre les deux premières puissances économiques mondiales. Donald Trump a accusé mercredi la Chine d'incompétence" dans la gestion de la pandémie, qu'il a comparée à une "tuerie de masse mondiale". Jeudi, le président américain a poursuivi en affirmant que "l'attaque de désinformation et de propagande de la Chine contre les Etats-Unis est une honte".

La Chine a réagi jeudi, en affirmant qu'elle "protégera sa souveraineté, sa sécurité et ses intérêts" et menaçant Washington de mesures de rétorsion. Pékin réagissait notamment à l'adoption par le Sénat américain d'un projet de loi qui pourrait empêcher les entreprises chinoises de se faire coter et de lever des fonds à la Bourse de New York. Dans la foulée, des sources citées par Reuters ont indiqué que le géant chinois d'internet, Baidu (+1,8%), envisageait de quitter la bourse de New York. Le groupe chinois prépare en parallèle une cotation à Hong Kong, où son compatriote Alibaba (-2,3%, coté à New York) est également inscrit depuis novembre 2019.

Sur le plan sanitaire, la pandémie de coronavirus continue de progresser dans le monde, bien qu'à un rythme moins rapide en Europe et aux Etats-Unis. Le nombre de cas avérés a dépassé jeudi les 5 millions et ressort maintenant à 5,12 millions selon l'Université Johns Hopkins, qui fait état de plus de 333.000 morts dans le monde dont près de 95.000 aux Etats-Unis et plus de 36.000 au Royaume-Uni. Le nombre de cas décelés aux USA ressort à 1,58 million.

Alors que les études se poursuivent sur de possibles traitements, et que la course au vaccin s'intensifie, un scientifique américain de premier plan a déclaré mercredi qu'il ne fallait pas trop tabler sur un vaccin efficace contre la Covid-19.

Dans un entretien avec l'agence 'Reuters', William Haseltine a ainsi déclaré que la meilleure solution face au coronavirus consiste à gérer l'évolution de l'épidémie grâce à un arsenal de mesures : masques et gestes barrières, tests, suivi et confinements ciblés des foyers épidémiques... Interrogé au sujet d'un vaccin, il a déclaré: "N'écoutez pas les politiciens qui vous disent qu'ils auront un vaccin d'ici à leur ré-élection", faisant allusion à Donald Trump... "Peut-être que nous aurons (ce vaccin), mais je dis juste qu'on ne peut pas du tout en être sûr... parce qu'à chaque fois qu'on a essayé de faire un vaccin contre d'autres types de coronavirus (Sars et Mers), il n'a pas été réellement protecteur".

De son côté, Robert Redfield, le directeur du CDC (centre de prévention et de contrôle des maladies) a mis en garde contre un retour en force de la Covid-19 à l'automne et en hiver, ce qui pourrait nécessiter de prendre de nouvelles mesures de confinement. Dans un entretien au 'Financial Times', M. Redfield a estimé que les Etats-Unis doivent accélérer leurs capacités de tracer les cas de la maladie afin d'éviter une nouvelle crise sanitaire.

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