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Wall Street : ça tourne mal !

Wall Street : ça tourne mal !

Le puissant rebond de la place américaine hier soir semble tourner court

Wall Street : ça tourne mal !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le puissant rebond de la place américaine hier soir (+1,44% sur le DJIA et +1,95% sur le Nasdaq) semble déjà tourner court. Il faut dire qu'il avait été alimenté surtout par l'effet d'annonce du report de certains droits douane, et que ce bon geste, signalant un apaisement potentiel des tensions sino-américaines, peut également être perçu comme un aveu de faiblesse de l'administration Trump. Dans le même temps, les quelques signaux d'inflation aux Etats-Unis (indice des prix à la consommation d'hier) ou encore au Royaume-Uni limitent évidemment la capacité des banques centrales à soutenir l'économie. Certains spécialistes dégainent également l'explication de l'inversion de la courbe des taux à deux et dix ans aux Etats-Unis qui s'est produite ce jour... Enfin, les dernières statistiques chinoises ou européennes (allemandes en particulier) confirment le ralentissement global...

Le S&P500 rechute de 1,5% désormais avant bourse, le Nasdaq de 1,7% et le DJIA de 1,5%. Sur le marché des changes, l'indice dollar perd 0,1% à 97,7, alors que l'euro évolue à 1,1189$ (+0,2%). Du côté des matières premières, le baril de brut WTI retombe de 3,4% à 55,2$, alors que le Brent cède 3,1% à 59,4$. L'once d'or gagne encore 0,6% à 1.524$, alors que l'argent prend 0,9%...

Le programme économique demeure chargé outre-Atlantique. Ce mercredi, les investisseurs pourront suivre à 14h30 les prix à l'import et à l'export du mois de juillet (consensus -0,1% pour les prix à l'import par rapport au mois antérieur, -0,1% également pour l'export). L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois d'août sera communiqué à 16h. Enfin, le rapport hebdomadaire du Département à l'énergie sur les stocks pétroliers domestiques américains pour la semaine close au 9 août sera annoncé à 16h30.

Demain jeudi, la journée sera animée avec dès 14h30 les traditionnelles inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 10 août (consensus 208.000), l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie pour le mois d'août (consensus 11,1), celui de la Fed de New York (consensus 2,5), les ventes de détail du mois de juillet (consensus +0,3% en comparaison du mois antérieur, +0,4% hors automobile, +0,5% hors automobile et essence), ainsi que les chiffres de la productivité et les coûts du second trimestre (consensus +1,5% pour la lecture préliminaire de la productivité non-agricole, +2% pour les coûts unitaires du travail). Les chiffres de la production industrielle du mois de juillet seront révélés à 15h15 par la Fed (consensus +0,1% en comparaison du mois de juin, -0,1% pour la production manufacturière et 77,8% de taux d'utilisation des capacités). Les stocks et ventes des entreprises pour le mois de juin seront annoncés à 16h (consensus +0,1% sur les stocks). Enfin, l'indice du marché immobilier américain de la National Association of Home Builders pour le mois d'août sera annoncé à 16h (consensus 66).

Vendredi, les mises en chantier de logements et permis de construire du mois de juillet seront communiqués à 14h30 (consensus 1,26 million pour les mises en chantier et 1,27 million pour les permis). L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan pour le mois d'août 2019 sera révélé à 16h (consensus 97,5).

Malgré la contraction de l'économie allemande, le PIB de la zone euro, corrigé des variations saisonnières, a augmenté de 0,2% au deuxième trimestre. Une évolution conforme aux attentes du marché. Sur un an, la croissance ressort à 1,1% après +1,2% au trimestre précédent, souligne Eurostat dans son estimation préliminaire. Le nombre de personnes ayant un emploi a par ailleurs augmenté de 0,2% dans la zone euro sur les trois mois clos fin juin.

La production industrielle, corrigée des variations saisonnières, a diminué de 1,6% dans la zone euro en juin après avoir progressé de 0,8% au trimestre précédent, annonce Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne. En glissement annuel, la production industrielle affiche une baisse de 2,6%. Le consensus tablait respectivement sur des replis de 1,4% et de 1,2%.

Contre toute attente, l'inflation britannique a accéléré en juillet, atteignant 2,1% en rythme annuel après +2% en juin et contre un consensus de 1,9%. Plus tôt ce mois-ci, la Banque d'Angleterre prévoyait que l'inflation tomberait, au dernier trimestre, à son plus bas niveau en trois ans, sous la barre des 1,6%, en raison de la baisse des prix du pétrole et du plafonnement par le gouvernement des factures énergétiques des ménages. L'Office national de la statistique a souligné qu'il était encore trop tôt pour pouvoir identifier la faiblesse de la livre sterling comme le principal facteur à l'origine de la hausse des prix en juillet. Au lieu de cela, les coûts plus élevés des chambres d'hôtel, des jeux vidéo et des consoles, ainsi que les rabais moins élevés sur les vêtements lors des soldes d'été, ont augmenté le taux annuel d'inflation, précise l'ONS. L'inflation annuelle ajustée, qui exclut les éléments les plus volatiles, a également progressé, à 1,9%, sur un sommet de six mois. Le marchait tablait sur une stabilité à 1,8%.

Pas de surprise en revanche concernant l'évolution des prix à la consommation en France en juillet. Confirmant son estimation préliminaire, l'Insee indique que l'IPC a reculé de 0,2% sur un mois, après une hausse de 0,2% en juin. Ce repli provient d'un recul saisonnier des prix des produits manufacturés (-2,8% après une stabilité en juin) dû aux soldes d'été et d'une baisse accentuée des prix de l'énergie (-1,1% après -0,1%). En revanche, les prix des services accélèrent (+1,0% après +0,5%), notamment ceux des transports aériens avec le début des vacances scolaires. Les prix alimentaires sont également plus dynamiques que le mois précédent (+0,5% après +0,1%). Enfin, les prix du tabac augmentent légèrement sur le mois (+0,2 % après une stabilité en juin). En glissement annuel, l'inflation atteint 1,1% après +1,2% en juin. L'indice des prix à la consommation harmonisé aux normes européennes (IPCH) se replie de -0,2% en juillet après +0,3% en juin. Sur un an, il ralentit à +1,3% après +1,4% le mois précédent. Une évolution conforme aux attentes du marché.

Le taux de chômage a continué de reculer en France. Calculé au sens du BIT, il a diminué de 0,2 point en moyenne sur le deuxième trimestre après une baisse de 0,1 point le trimestre précédent. À 8,5% de la population active en France (hors Mayotte), il est inférieur de 0,6 point à son niveau du deuxième trimestre 2018 et s'établit au plus bas depuis début 2009. En incluant les départements d'Outre-mer (hors Mayotte), il est également en baisse de 0,2 point, à 8,5%, un plus bas depuis fin 2008. En France métropolitaine, le nombre de chômeurs a reculé de 66.000 sur le trimestre, à 2,4 millions de personnes.

Comme attendu, l'économie allemande s'est contractée de 0,1% au deuxième trimestre après avoir progressé de 0,4% au cours des trois premiers mois de l'année. En glissement annuel, le PIB, ajusté des effets calendaires, affiche une hausse de 0,4%, précise l'Office fédéral de la statistique.

Les statistiques chinoises du jour sont ressorties inférieures aux attentes. La production industrielle a ralenti, s'affichant à +4,8% en juillet et en rythme annuel, soit la plus faible hausse en plus de 17 ans, selon les données révélées par le Bureau national de la statistique (BNS). Le consensus était de +5,8% après une croissance de 6,3% en juin. Toujours selon les dernières statistiques gouvernementales, les ventes au détail ont également décéléré en juillet à +7,6%, contre +8,6% de consensus de place et +9,8% en juin. Enfin, le taux de chômage s'est élevé à 5,3%, contre 5,1% un mois avant.

Ces chiffres confirment donc le ralentissement chinois dans un contexte d'escalade des tensions commerciales avec les Etats-Unis. Ils traduisent également la déprime de la demande intérieure malgré des mesures de soutien mises en place par Pékin. L'administration américaine doit prélever à partir du 1er septembre des 'tarifs' douaniers additionnels sur les marchandises en provenance de Chine. Donald Trump a néanmoins adouci le ton avec un report au 15 décembre des droits de douane de 10% sur certains produits tels que les téléphones mobiles, les ordinateurs portables ou les consoles de jeu.

Les valeurs

Le rapprochement tant attendu des deux géants américains des médias CBS et Viacom a été confirmé hier mardi. CBS terminait ainsi la séance hier sur un gain de 1,4% à Wall Street pour une capitalisation de 18,3 milliards. Viacom s'ajustait en hausse de 2,4% pour une capitalisation de 12 milliards. L'entité fusionnée, ViacomCBS devrait lourdement investir dans les contenus afin de faire face à la montée en puissance des grands acteurs du streaming vidéo (Netflix, Amazon et prochainement Disney).

La transaction en actions donnera aux actionnaires actuels de CBS une participation de 61% dans la nouvelle firme, contre 39% pour ceux de Viacom. L'entité fusionnée afficherait des revenus estimés de plus de 28 milliards de dollars. Des économies de 500 millions de dollars par an sont par ailleurs attendues. Chaque titre Viacom de catégorie A sera échangé contre 0,59625 titre CBS, et chaque titre Viacom 'class B' contre 0,59625 action CBS de catégorie B... Bob Bakish, le directeur général de Viacom, va diriger l'entité combinée. Joe Ianniello, CEO de CBS, prendra la tête de cette activité spécifique. Il espère que la nouvelle entité bénéficiera du "meilleur des deux mondes".

CBS dispose d'un réseau de diffusion et de stations TV. Le groupe possède notamment la chaîne payante Showtime, ainsi qu'une participation dans le réseau de télévision The CW. Viacom détient les studios Paramount Pictures et des chaînes telles que Comedy Central, MTV ou BET... La finalisation du rapprochement est attendue d'ici la fin de l'année 2019. L'impact serait relutif sur les profits et les économies de coûts de 500 M$ sont attendues dans les 12 à 24 mois après clôture.

Boeing. Crise du 737 MAX oblige, le groupe aéronautique a livré seulement 19 appareils en juillet. L'avionneur américain n'avait pas atteint un si faible niveau depuis le mois de novembre 2008 (4 appareils livrés), en pleine crise financière. Sur les sept premiers mois de l'année, la firme basée à Chicago a vu ses livraisons fondre de 38% sur un an avec 258 avions expédiés. A titre de comparaison, Airbus a, sur la même période, livré 458 appareils.

Tous les 737 MAX, qui était l'avion de Boeing qui se vendait le mieux, ont été interdits de vol à la suite de la catastrophe aérienne d'Ethiopian Airlines survenue le 10 mars, moins de cinq mois après la chute d'un appareil du même type de la compagnie indonésienne Lion Air. Si Boeing est en panne de livraisons, le groupe américain peine également à engranger de nouvelles commandes pour son ex best-seller. En juillet, Boeing n'a ainsi signé aucun contrat de vente pour son 737 MAX, et ce pour le cinquième mois consécutif.

Cisco. Il reste quelques publications trimestrielles notable cette semaine, après la saison des résultats outre-Atlantique. Ce mercredi, la soirée sera animée avec le géant californien des équipements de réseaux Cisco et la firme NetApp, qui publieront après bourse. Madison Square Garden ou Dillard's annonceront avant l'ouverture de la cote américaine.

Demain jeudi, le colosse chinois du e-commerce, Alibaba, publiera avant bourse, accompagné du géant de Bentonville, Arkansas, Walmart et du groupe new-yorkais de luxe Tapestry (ex-Coach). Applied Materials et Nvidia annonceront après la clôture de Wall Street. Vendredi, Deere & Co, le spécialiste américain du matériel agricole et notamment des tracteurs, dévoilera ses comptes avant bourse à Wall Street.

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