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Wall Street au sommet malgré le coronavirus

Wall Street au sommet malgré le coronavirus

La cote américaine poursuit sa progression

Wall Street au sommet malgré le coronavirus
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Rien ne semble vouloir enrayer la hausse irrépressible des indices à Wall Street. Le S&P500 est attendu en progression de 0,2% en pré-séance, alors que le Nasdaq prend 0,3% et le DJIA 0,1%. L'indice dollar se stabilise à 98,8. Le baril de brut WTI se redresse de 1,4% à 50,2$ sur le Nymex. Plus tôt ce jour, l'indice composite SSE chinois a terminé en hausse de 0,39% à 2.901,7 pts, malgré la propagation du nouveau coronavirus, qui a fait désormais plus de 1.000 morts et dont le nombre de cas confirmés dépasse les 42.600. Une nouvelle étude fait ressortir un taux estimé de mortalité de 1,3%, en tenant compte des cas légers et sévères. Dans le même temps, l'activité reprend progressivement en Chine, Ford procédant par exemple à la réouverture de ses usines locales.

Le Nasdaq et le S&P500 ont fini hier sur de nouveaux sommets, les investisseurs espérant une stabilisation du coronavirus en Chine, même si le nombre de malades continue d'augmenter. Les entreprises chinoises ont commencé lundi à reprendre progressivement leur activité, après deux semaines de fermeture complète. En outre, la banque centrale chinoise a une nouvelle fois injecté massivement des liquidités, en vue de soutenir les entreprises impliquées dans la lutte contre le virus. A la clôture hier, l'indice Dow Jones a progressé de 0,60% à 29.276 points, tandis que l'indice large S&P 500 a avancé de 0,73% à 3.352 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a gagné 1,13% à 9.628 pts. La semaine dernière, les 3 indices américains avaient affiché de solides gains, de 3% pour le Dow Jones, 3,1% pour le S&P 500 et 4% pour le Nasdaq, effaçant la baisse causée en janvier par la crainte du virus 2019-nCoV.

Certains analystes jugent que les marchés boursiers sont trop complaisants face à un risque qui reste élevé pour l'économie mondiale. Les marchés obligataires (où les taux ont dégringolé depuis la mi-janvier) et pétroliers (où les cours ont plongé de plus de 20% depuis les pics de début janvier) ont en revanche été bien plus réactifs face à la menace du nouveaux virus chinois. Les devises émergentes ont aussi été pénalisées depuis deux semaines, favorisant le dollar, le franc suisse et le yen.

Le bilan de l'épidémie de coronavirus 2019-nCoV est monté à 42.638 malades selon la National Health Commission chinoise, avec 2.478 cas supplémentaires dénombrés hier contre 3.062 la veille. La Chine a fait état de 108 décès supplémentaires portant le total des victimes à 1.016. Le Diamond Princess, bloqué avec ses 3.700 passagers à Yokohama au Japon, compte maintenant 135 cas confirmés... Une étude fait ressortir un taux de mortalité de 1,3%. Par ailleurs, seul un habitant de Wuhan sur 19 aurait été testé, et le nombre actuel de cas pourrait donc être bien plus élevé qu'officiellement estimé.

Le virus a déjà fait plus de morts que le SRAS, qui avait tué près de 800 personnes en 2002-2003. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de contaminations relevées quotidiennement en Chine se stabilise, mais il est trop tôt pour conclure que l'épidémie a dépassé son pic. Le directeur général de l'OMS a en outre prévenu que l'expansion du nouveau coronavirus hors de Chine pourrait s'accroître avec la transmission de la maladie par des personnes n'ayant jamais voyagé dans ce pays.

L'épidémie constituerait par ailleurs une "très grave menace pour le reste du monde", a affirmé ce jour le directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé. Il a lancé un appel au partage des échantillons du virus et à une accélération de la recherche de traitements et de vaccins. "Avec 99% des cas recensés en Chine, cela reste essentiellement une urgence pour ce pays mais qui représente une très grave menace pour le monde", a affirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus.

En Chine, la banque centrale a procédé lundi à une nouvelle injection massive de liquidités afin de soutenir l'économie. Elle a prêté à des taux exceptionnellement bas l'équivalent de 43 milliards de dollars à des entreprises impliquées dans la prévention et le contrôle de l'épidémie de coronavirus. Liu Guoqiang, vice-gouverneur de la Banque populaire de Chine, a expliqué dimanche lors d'une téléconférence que les les banques devraient utiliser ces prêts pour soutenir des activités directement liées à la lutte contre l'épidémie par les entreprises présélectionnées par les autorités.

Par ailleurs, la Chine renforcera son soutien financier et offrira des incitations fiscales aux entreprises engagées dans la lutte contre l'épidémie, a indiqué Liu Kun, ministre des Finances, lors de la même téléconférence.

Les entreprises chinoises ont commencé lundi à rouvrir, mais la reprise de l'activité s'annonce partielle et progressive. Certaines entreprises, comme Toyota, ont ainsi décidé de reporter la réouverture à la semaine prochaine, voire au-delà. Foxconn, l'un des principaux sous-traitants d'Apple, a rouvert lundi deux de ses sites, à Shenzhen (sud-est) et à Zhengzhou (centre-est), mais l'activité n'a repris que très partiellement, selon l'agence 'Reuters', qui affirme que seuls 10% des salariés se sont présentés pour la réouverture.

Le redémarrage de nombreuses entreprises est ralenti par le fait que de très nombreux salariés migrants, qui étaient retournés dans leurs provinces d'origine pour le Nouvel An lunaire, n'ont pas pu revenir sur leur lieux de travail en raison des restrictions de déplacement et des quarantaines imposées par les autorités chinoises.

En outre, toutes les villes chinoises n'ont pas encore autorisé la reprise d'activité. Dans le sud, la province de Guangdong (Canton) a donné son feu vert, mais pas certains districts de cette province, notamment Zhongshan. Des autorités locales ont même repoussé la reprise au 1er mars, comme dans certains quartiers de la ville industrielle de Foshan, proche de la ville de Guangzhou (Canton).

Aux Etats-Unis, les investisseurs seront très attentifs cette semaine aux propos du président de la Réserve fédérale américaine Jerome Powell, qui sera auditionné ce mardi (à 16 heures) et demain mercredi devant le Congrès américain. Les marchés attendent ses commentaires concernant le coronavirus, mais aussi le programme mis en oeuvre par la Fed pour stabiliser le marché du financement interbancaire à court terme (marché "repo")... Le rapport JOLTS du Département américain au Travail concernant les ouvertures de postes aux USA pour le mois de décembre 2019 sera communiqué ce jour à 16 heures (consensus 6,775 millions contre 6,8 millions un mois avant).

La semaine sera aussi animée par la publication de données macro-économiques importantes outre-Atlantique, dont les prix à la consommation (jeudi) et les ventes au détail (vendredi) aux Etats-Unis.

En Europe, la présidente de la BCE Christine Lagarde s'exprimera quant à elle à 15 heures aujourd'hui.

Au Royaume-Uni, la croissance a été nulle au quatrième trimestre 2019, vient d'annoncer l'office national de la statistique. En glissement annuel, le PIB affiche une hausse de 1,1%. Sur le seul mois de décembre, la croissance a atteint 0,3%, évitant ainsi au Royaume-Uni de tomber en récession. Le Brexit étant acté, le marché table sur une reprise de l'économie en début d'année avec une croissance estimée à environ 0,3% au premier trimestre.

Dans l'actualité des entreprises cotées à Wall Street, Under Armour, AutoNation, Akamai, Western Union, Criteo, Goodyear Tire & Rubber, Omnicom, Hilton Worldwide, Hasbro et Lyft, publient notamment ce jour leurs derniers comptes.

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