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Wall Street à toute épreuve ?

Wall Street à toute épreuve ?

La cote américaine consolide à peine avant bourse ce vendredi, en attendant les chiffres de l'emploi...

Wall Street à toute épreuve ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine consolide à peine avant bourse ce vendredi, en attendant les chiffres de l'emploi. DJIA et S&P500 cèdent de l'ordre de 0,2%, contre un repli de 0,3% du Nasdaq sur ses sommets historiques. La résistance est donc notable, malgré le durcissement de la crise sanitaire, les tensions sino-américaines croissantes et l'absence de progrès sur le plan de relance à Washington.

Sur le front économique aux USA ce jour, le rapport sur la situation de l'emploi pour le mois de juillet sera communiqué à 14h30 (consensus 1,675 million de créations de postes non-agricoles contre 4,8 millions en juin, taux de chômage attendu en forte baisse à 10,5% contre 11,1%).

Les stocks et ventes de grossistes du mois de juin seront communiqués à 16 heures (consensus -2% sur les stocks), alors que les chiffres du crédit à la consommation pour le même mois seront annoncés à 21 heures (consensus +8,6 Mds$).

Les leaders démocrates du Congrès américain et les conseillers de l'administration Trump n'auraient fait que de bien faibles progrès en vue du tant attendu nouveau plan de relance de l'économie. Les pourparlers devraient se poursuivre, en dépit des menaces de Trump de se retirer en l'absence de compromis rapide et d'user de décrets qui ne porteraient que sur un soutien limité, relate Reuters. Républicains et démocrates tentent depuis deux semaines de parvenir à un accord sur ce plan de soutien aux entreprises et aux ménages touchés par l'impact de l'épidémie de coronavirus. Les divergences entre les deux clans concernent les aides aux Etats et aux collectivités, ainsi que les allocations chômages fédérales, portées temporairement à 600 dollars par semaine jusqu'à la semaine dernière, mais que le Sénat républicain ne veut pas prolonger.

Le Congrès américain a voté depuis le début de la crise des mesures de plus de 3.000 milliards de dollars. L'administration Trump rejette l'enveloppe de 3.400 milliards de dollars désirée par les démocrates. Le groupe républicain du Sénat a avancé un projet de 1.000 milliards. "Si nous concluons qu'il n'y aucune position de compromis sur les principaux sujets, le président a la possibilité de recourir à des décrets exécutifs", a indiqué pour sa part le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, admettant que les négociateurs seraient encore "très loin les uns des autres".

La présidente démocrate de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, a reconnu également ces divergences et reproché au secrétaire général de la Maison blanche, Mark Meadows, d'avoir quitté la salle de réunion. Bref, l'ambiance est au beau fixe (!).

Trump a quant à lui publié hier deux décrets interdisant aux entreprises américaines toute transaction avec les Chinois ByteDance (propriétaire de TikTok) et Tencent (qui détient WeChat). L'interdiction entrerait en vigueur dans 45 jours. Le président américain avait déjà laissé jusqu'à mi-septembre à TikTok pour céder ses activités américaines à Microsoft.

L'administration américaine a précisé cette semaine qu'elle renforçait ses efforts pour purger les applications chinoises jugées non fiables des réseaux numériques américains. Elle a estimé que les applications TikTok et WeChat constituaient des menaces importantes pour la sécurité nationale. Trump affirme que TikTok peut servir par exemple à des campagnes de désinformation qui profiteraient au Parti communiste chinois. WeChat capturerait pour sa part automatiquement "de vastes pans d'informations de ses utilisateurs" et permettrait ainsi d'accéder aux informations personnelles des Américains, s'est ému Trump.

Sur le front sanitaire cette fois, l'épidémie du nouveau coronavirus poursuit son expansion à grande vitesse, accélérant même dans certains pays. Le nombre de cas confirmés dans le monde depuis le début de l'épidémie se chiffre désormais à 19,1 millions, selon l'Université Johns Hopkins, dont 4,88 millions aux USA, 2,91 millions au Brésil et 2,03 millions en Inde. Le virus a fait 715.024 morts dans le monde, dont 160.104 aux Etats-Unis, 98.493 au Brésil et 50.517 au Mexique.

L'Inde est le troisième pays à franchir le seuil des deux millions de cas. 3,5 millions de travailleurs médico-sociaux chargés des campagnes de dépistage débutent actuellement une grève de deux jours pour réclamer une hausse des salaires et des équipements. Le ministère indien de la Santé a annoncé une hausse record du nombre de cas, 62.538 en 24 heures portant le total répertorié depuis l'émergence du virus à 2,03 millions. Depuis mi-juin, l'Inde a fait part d'une moyenne de 50.000 cas quotidiens, malgré un dépistage assez faible. L'Inde recense 41.600 décès au total.

Les autorités russes ont fait état ce jour de 5.241 nouveaux cas pour un total de 877.135, ce qui fait de la Russie le quatrième pays au monde le plus touché de ce point de vue. Le nombre de décès a augmenté de 119 en 24 heures à 14.725.

Hier soir, Wall Street a terminé en hausse après un début de journée sans vigueur. Les vedettes des marchés technologiques ont soutenu la cote, à tel point que le Nasdaq Composite est parvenu pour la première fois de son histoire à clôturer au-dessus de la barre des 11.000 points. Apple a gagné encore 3,5%, s'approchant des... 2.000 milliards de dollars de capitalisation. Facebook s'est envolé de 6,5% et Microsoft a pris 1,6%. L'indice Dow Jones a grimpé de 0,68% à 27 387 pts, alors que le S&P500 a gagné 0,64% à 3 349 pts. Le Nasdaq Composite a progressé de 1% à 11.108 pts.

Dans l'actualité des entreprises ce jour à Wall Street, Dish Network, EW Scripps ou Sabre publient. Hier soir, les opérateurs suivaient les chiffres des firmes Illumina, Booking, Uber et T-Mobile US.

Uber a publié, pour son second trimestre, une perte massive de 1,8 milliard de dollars. Le groupe a subi de plein fouet la crise du coronavirus, mais, point positif, les livraisons de repas ont vu leur activité flamber. Les revenus totaux du second trimestre ont chuté de 29% à 2,24 milliards de dollars, mais le consensus était encore plus faible à 2,18 milliards. Uber Eats, en revanche, a réalisé des ventes de 1,2 milliard de dollars, le double de l'an dernier avec l'effet confinement. Uber va pour mémoire étendre ses services de livraison en rachetant Postmates pour 2,65 Mds$. Uber Eats a affiché une perte ajustée d'Ebitda de 232 M$ sur le trimestre clos, et devrait afficher une perte comparable au troisième trimestre. Le management reste confiant dans la capacité de cette activité à devenir rentable.

Dara Khosrowshahi, le directeur général du groupe, estime que la reprise de l'activité de mise en contact d'utilisateurs avec des conducteurs dépendra de la capacité de différents pays à contenir le nouveau coronavirus. Pour l'heure, la reprise est menée par l'Asie - hors Inde. Le dirigeant estime que l'étendue géographique du groupe demeure un énorme avantage actuellement. Néanmoins, le nombre d'utilisateurs actifs de la plateforme sur les 69 pays où opère le groupe a pratiquement été divisé par deux à 55 millions.

T-Mobile US a publié hier soir des comptes du second trimestre supérieurs aux attentes de marché. Le groupe, pour ce premier trimestre intégrant Sprint, a par ailleurs récupéré 1,1 million d'abonnés, ce qui dépasse les prévisions les plus optimistes de Wall Street. Le groupe revendique désormais la place de numéro deux aux Etats-Unis dans la téléphonie mobile, estimant dépasser AT&T. Sur le trimestre clos, le groupe a réalisé un bpa de 61 cents, battant largement le consensus. Les revenus trimestriels ont totalisé quant à eux 17,7 milliards de dollars, en ligne avec les attentes, contre 11 milliards de dollars sans Sprint, un an avant.

Booking Holdings a souffert au second trimestre, sans surprise, mais fournit une guidance plutôt optimiste. Le voyagiste en ligne du Connecticut a affiché pour le trimestre clos une chute record de 84% de son activité à 630 millions de dollars, avec bien évidemment l'impact du covid, qui ramène les revenus au plus bas d'une décennie. Le consensus était toutefois encore plus bas à 569 millions de dollars. Glenn Fogel, directeur général du groupe, admet que Booking fait encore face à l'impact du virus, mais constate par ailleurs une amélioration des tendances depuis avril, "ce qui est encourageant".

Pour le trimestre clos, le groupe aux marques Booking.com, Kayak ou Priceline, a dégagé un léger bénéfice net de 122 millions de dollars, 2,97$ par titre, en recul de 80% en glissement annuel. Néanmoins, hors éléments non récurrents, le trimestre serait ressorti dans le rouge à hauteur de 10,81$ par titre, contre -11,8$ de consensus. Rappelons que Booking entend se séparer d'un quart de ses effectifs, face aux conséquences économiques du nouveau coronavirus.

Motorola Solutions a annoncé pour son second trimestre des revenus de 1,6 milliard de dollars, en retrait de 13% en glissement annuel, un bpa GAAP de 78 cents et un bénéfice ajusté par action de 1,39$. Le bénéfice a reculé de 17% à 766 millions de dollars. Le consensus de revenus était de 1,57 milliard de dollars, contre 1,86 milliard un an avant. Le bénéfice ajusté par action était anticipé pour sa part à 1,20$. Le management disait auparavant viser un bpa ajusté de 1,18 à 1,27$, et dépasse donc également ses propres ambitions, y compris en termes de revenus.

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