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Trump n'a pas encore décidé d'une attaque sur la Syrie, Wall Street rebondit

Trump n'a pas encore décidé d'une attaque sur la Syrie, Wall Street rebondit

Les marchés respirent, après les frayeurs de la veille

Trump n'a pas encore décidé d'une attaque sur la Syrie, Wall Street rebondit
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine se redresse avant bourse ce jeudi, alors que Donald Trump vient de nuancer son propos au sujet des missiles qui menaceraient la Syrie. "Je n'ai jamais dit quand une attaque contre la Syrie aurait lieu. Ce pourrait être très bientôt ou pas aussi tôt que cela! En tout état de cause, les États-Unis, sous mon administration, ont fait un excellent travail pour débarrasser la région de l'Etat islamique. Où est notre 'Merci l'Amérique'?", a lancé Trump ce jour sur le réseau social Twitter.

Les craintes d'intervention militaire rapide s'apaisent donc quelque peu ce jour. Le S&P500 en profite pour reprendre 0,6% avant bourse. Le Nasdaq affiche un gain comparable en pré-séance.

Notons que le président français Emmanuel Macron, lors d'une interview sur TF1 et LCI, a confirmé que la France avait les preuves de l'utilisation d'armes chimiques par le régime de Bachar el-Assad à Douma. "Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu, quand nous le jugerons le plus utile et le plus efficace", a ajouté le président français, qui dit être en contact étroit avec Donald Trump.

Wall Street fléchissait hier, malgré la réconciliation apparente des États-Unis et de la Chine sur les questions commerciales. Le DJIA abandonnait 0,9% en clôture, tandis que le Nasdaq perdait 0,4%. Les marchés s'inquiétaient donc essentiellement du dossier syrien, craignant des frappes visant le régime de Damas, après l'attaque chimique présumée de Douma...

Donald Trump en avait d'ailleurs profité pour livrer hier un tweet menaçant : "La Russie promet d'abattre tous les missiles lancés contre la Syrie. Préparez-vous la Russie, parce qu'ils arriveront, beaux et nouveaux et 'intelligents!' Vous ne devriez pas être les partenaires d'un Animal Tuant par le Gaz qui tue son peuple et y prend plaisir!".

Trump ajoutait : "Notre relation avec la Russie est désormais pire qu'elle ne l'a jamais été, et cela inclut la Guerre froide. Il n'y a pas de raison à cela. La Russie a besoin de nous pour l'aider avec son économie, ce qui serait très facile à faire, et nous avons besoin que toutes les nations travaillent ensemble. Arrêtez la course aux armements?"

Ce jeudi, le président américain tempère donc ses ardeurs belliqueuses, ce qui devrait permettre aux marchés financiers de souffler.

Les tensions sont également retombées d'un cran, sur le front commercial cette fois, entre les États-Unis et la Chine, après une escalade des menaces qui avait fait craindre le pire. Sur le réseau social Twitter, avant-hier soir, le président américain Donald Trump a adressé ses remerciements à son homologue chinois. "Très reconnaissant envers le président chinois Xi pour ses paroles aimables sur les tarifs et les barrières automobiles ... ainsi que pour ses éclaircissements concernant la propriété intellectuelle et les transferts de technologie. Nous allons faire de grands progrès ensemble!"

Trump répondait avant-hier au discours du président chinois Xi Jinping, qui s'était montré diplomate et conciliant lors du Forum de Boao, considéré comme le 'Davos de l'Asie'. Xi a réaffirmé sa volonté d'ouvrir l'économie chinoise et de réduire les taxes sur les importations sur certains produits.

Xi Jinping a essentiellement confirmé, mardi, des engagements antérieurs de la Chine. Le dirigeant affirme que la Chine va donc faciliter l'accès à son marché pour les investisseurs étrangers. Le président s'engage en particulier à relever le seuil de détention des entreprises étrangères dans les secteurs de l'automobile, de la construction navale ou de l'aéronautique. Concernant l'automobile, le seuil est actuellement fixé à 50% des 'joint ventures' sectorielles... Xi a aussi manifesté son intention d'ouvrir le secteur financier aux investissements externes. En outre, le président chinois a expliqué que son pays allait prendre des mesures afin de protéger les propriétés intellectuelles des firmes étrangères...

Sans évoquer de zone géographique précise, Xi Jinping assure que "cette année, nous allons considérablement réduire les taxes sur les importations automobiles, et en même temps réduire les tarifs à l'importation sur certains autres produits". Le dirigeant chinois a fustigé les 'mentalités de guerre froide' et d'isolationnisme... Les dernières interventions de Trump et de son homologue chinois permettent donc d'espérer l'ouverture de négociations. En effet, Xi Jinping vient d'évoquer tous les problèmes précédemment soulevés par les USA.

Sur le front économique aux USA ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage et les prix à l'import seront connus à 14h30.

BlackRock, Rite Aid et Delta Air Lines, annoncent par ailleurs leurs derniers résultats financiers trimestriels ce jour à Wall Street.

LES VALEURS

Facebook vient de remonter d'un peu plus de 5% en deux jours sur le Nasdaq à 166$, après ses interventions jugées réussies (par les investisseurs !) devant les législateurs américains. En un mois, et suite au scandale Cambridge Analytica, le titre perd encore environ 10% à Wall Street. Mark Zuckerberg, fondateur et dirigeant du plus important réseau social au monde, s'est livré cette semaine à un exercice délicat. Il tentait ainsi de défendre son groupe devant des législateurs américains particulièrement remontés. Le jeune dirigeant a exprimé encore ses regrets, formulant des excuses pour 'son erreur'. Zuckerberg a également reconnu la responsabilité de Facebook. Le patron de Facebook a admis que les 87 millions d'utilisateurs du réseau dont les données ont pu être compromises lors de l'affaire Cambridge Analytica étaient bien des "victimes" qui ne voulaient pas que leurs informations personnelles soient revendues par un développeur. De manière générale, Zuckerberg, qui aurait été coaché très intensivement avant son audition, a répondu de manière adaptée aux diverses attaques. Les marchés ont été rassurés par ces excuses, accompagnées d'engagements très généraux du jeune milliardaire.

Wal-Mart serait proche de l'acquisition d'une part majoritaire au capital de Flipkart, croient savoir les sources de l'agence Reuters. La conclusion de l'opération serait probable, d'ici la fin du mois de juin. Flipkart est un acteur indien majeur du marché du e-commerce. Il s'agirait de la plus importante acquisition jamais réalisée par Wal-Mart dans le commerce en ligne. La semaine dernière, Reuters rapportait déjà que Wal-Mart avait finalisé la 'due diligence' sur le dossier Flipkart et livré une offre pour l'acquisition de 51% du capital. Le montant alors évoqué allait de 10 à 12 milliards de dollars. Wal-Mart rachèterait des titres nouveaux et existants de Flipkart, ajoute ce jour Reuters. Les sources de l'agence croient savoir que les actions nouvelles valoriseraient l'Indien plus de 18 milliards de dollars. Le prix des actions existantes ferait par contre ressortir une valorisation de 12 Mds$, d'après l'une des sources.

Le Japonais SoftBank, qui détient environ un cinquième du capital du groupe indien, ne devrait pas céder de titres dans le cadre de l'opération supposée, du fait du bas prix proposé pour les actions existantes. Par contre, des actionnaires tels que Tiger Global, Accel et Naspers, devraient céder leurs parts en cas d'opération. Aucun accord n'est cependant encore conclu, et les discussions se poursuivent.

Il y a quelques jours, le journal indien 'Mint' avait par ailleurs fait état d'un intérêt d'Amazon pour l'Indien Flipkart. 'Mint' confirmait toutefois que Flipkart menait des discussions avancées avec Wal-Mart en vue de la cession d'un bloc majoritaire.

Delta Air Lines, partenaire américain d'Air France KLM, vient de dévoiler des résultats trimestriels en repli mais supérieurs aux attentes de Wall Street. La compagnie a dégagé au premier trimestre un bénéfice net de 547 millions de dollars contre 561 M$ un an plus tôt pour un chiffre d'affaires de 9,97 milliards de dollars contre 9,10 Mds$ au premier trimestre 2017. La hausse des coûts, dont la facture carburant, a pesé sur les résultats de la société. Delta table au deuxième trimestre sur une croissance de 3 à 5% de son revenu unitaire, un indicateur surveillé de près par le marché.

Rite Aid. Le détaillant pharmaceutique américain, qui devrait être racheté par Albertsons, a annoncé ce jour ses comptes du quatrième trimestre. Les revenus ont décliné à 5,4 Mds$, contre 5,9 Mds$ un an avant et 5,6 Mds$ de consensus. La perte des opérations poursuivies s'est établie à 484 M$, 46 cents par titre, sur ce trimestre clos début mars 2018, contre un déficit de 25 M$ un an avant. Le bpa hors éléments est ressorti négatif de 1 cent par titre.

BlackRock. Le géant de l'investissement a dépassé les attentes de marché en termes de revenus et de profits. Pour le 1er trimestre fiscal, le bénéfice net est ressorti à 1,1 Md$ soit 6,68$ par titre, contre 859 M$ un an avant. Hors éléments, le bénéfice ajusté par action s'est établi à 6,70$, contre 6,4$ de consensus. Les revenus ont totalisé quant à eux 3,6 Mds$, contre 3,1 Mds$ un an plus tôt et 3,2 Mds$ de consensus. Les actifs sous gestion se sont appréciés de 17% à 6.320 Mds$.

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